‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 76 sur 193 · NORMANDIE. — MÉMOIRE A HENRI IV · texte numérisé non relu

NORMANDIE. — MÉMOIRE A HENRI IV

5,000 pièces par an de 30 aunes chacune. Le tableau qui fixe cette situation ne parle ni de la nature des étoffes, ni de la proportion des matières. En 1596, un document plus explicite retrace l'état des choses. C'est un mémoire qui fut soumis à Henri IV dans une assemblée tenue à Rouen. Cette pièce commence par un concert de plaintes sur l'impuissance des règlements en matière * de fabrication; elle dénonce les maîtres et les ouvriers comme prenant toutes sortes de licences dans l'exécution des produits, et ajoute que « vivant de leurs malversations pour un jour, ils finissent par s'y ruiner à tout jamais. » A diverses reprises, le mémoire revient sur ces fraudes et sur le dommage qu'elles causent : « La fidélité doit être gardée en ce qui se façonne en France, y est-il dit sous forme de conclusion, afin que l'étranger ne prenne point cet avantage sur nous de se faire rechercher pour ce que nous pouvons nous-mêmes travailler. » Comme modèles à imiter, le mémoire cite deux articles, la vaisselle de Paris, prisée dans le monde entier pour s être conservée à son titre, et les bons draps du sceau de Rouen, dont la vogue, en raison de leur loyale confection, ne s'est point démentie. Ainsi, à ce moment, dans les dernières années du xvi* siècle, c'est le tissu de laine qui a le premier rang

dans l'industrie normande. Le lin vient ensuite, et, dans le mémoire remis à Henri IV, on rappelle qu'il y a dans la contrée « abondance de lins de toutes sortes et d'hommes pour les filer. » Quant au coton, il figure en dernière ligne, comme une conquête ébauchée plutôt qu'achevée : « Nous ne devons point permettre, dit le document cité, que les étrangers nous fournissent desfutaines et autres articles de coton, puisque nous avons des ouvriers experts autant qu'eux pour les fabriquer et que les arbres cotonniers sont

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