‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 95 sur 193 · Î98 SUISSE. — HISTOIRE DE LA BRODERIE · texte numérisé non relu

Î98 SUISSE. — HISTOIRE DE LA BRODERIE

connut aussi ce luxe ; on y brpdait jusqu'aux chaussures ; l'excès parfois s'en mêla, et Zaleucus, le législateur des Locriens, dut restreindre aux seules courtisanes l'usage des broderies. L'exécution variait suivant le degré de civilisation, l'habileté de la main, la nature des mélanges; au fond et partout on y retrouvait cet instinct qui pousse l'homme vers les raffinements de la parure. Le nouveau monde, dans ses solitudes inaccessibles, n'y était pas plus étranger que l'ancien. Au Canada, quand on en fit la découverte, des essais informes prouvèrent qu'un certain art existe là où l'imitation n'a jamais pénétré. Les femmes brodaient avec leurs cheveux, avec des poils d'animaux; elles mêlaient à leurs étoffes des fourrures patiemment assorties ou des peaux de serpents découpées en lanières. Les effets bizarres, les contrastes de couleurs sont préférés dans cette enfance du goût; on assortit tant bien que mal tout ce qu'on a sous la main, des joncs, des cuirasses d'insectes, des noyaux de fruits, des pièces de monnaie. Quelquefois le choix de l'ornement n'est plus un caprice ; il prend une signification , marque le rang et devient un attribut; les chefs, les pontifes ont des insignes qui les distinguent de la foule et que seuls ils ont le droit de porter. Le dessin, dans ce cas, n'a rien d'arbitraire ; il relève des règles consacrées par la coutume et constitue ou une langue figurative ou des emblèmes appropriés à la fonction.

Ces broderies surchargées et disparates sont les types les plus achevés du monde ancien; ce qui se fait de mieux alors sort des sanctuaires ou des gynécées ; Hélène brode avec ses femmes les combats des Grecs et des Trayons : les lévites hébreux dirigent et surveillent ce qui doit servir à la décoration de l'arche. Il n'y a rien dans tout cela qui

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