‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 98 sur 193 · SUISSE. - BRODERIE ÉCOSSAISE · texte numérisé non relu

SUISSE. - BRODERIE ÉCOSSAISE

s'accommodaient d'une main-d'œuvre n'importe à quelles conditions. Voici plus d'un siècle que cette fortune dure et s'accroît sans que ses laborieux agents en aient suffisamment ressenti l'influence. De quelques centaines le nombre des ouvrières s'est élevé à deux cent mille; de quelques milliers de francs la production est arrivée à vingt millions; le salaire de la femme reste encore à 40, à 50 centimes par jour les articles communs. On a, il est vrai, annexé aux écoles des ateliers d'apprentissage; c'est la garantie d'un travail plus soigné, et il était naturel que les entrepreneurs en fissent les frais. Qu'ils en aient profité, rien de plus juste, mais il eût été juste aussi qu'une plus grande part du profit aboutît à une rétribution meilleure de la main-d'œuvre. Il ne semble pas qu'il en soit ainsi. Faut-il y voir une revanche de l'esprit de spéculation contre le sentiment d'humanité qui dominait à l'origine? Ou bien est-ce une des nécessités de cette industrie de ne pouvoir vivre qu'au prix de salaires réduits? C'est une al-

ternative embarrassante; il suffit de la poser; la réponse ne peut être fournie que par la conscience des fabricants.

En Écosse, où la broderie blanche s'est établie presque en môme temps que dans les montagnes delà Saxe, le traitement des ouvrières est sensiblement plus avantageux. Une fois formées, elles gagnent de 4 à 8 sbillings (5 à 40 francs) par semaine; et jusqu'à 12 shillings (15 francs) pour les travaux délicats. Là également des institutions spéciales ont pour objet de faciliter les apprentissages: dans les villes, des écoles de dessin ; dans les bourgs, des ateliers où les jeunes filles s'exercent sous l'œil de maîtresses expérimentées. Malgré ces encouragements, le progrès a été lent; en 1825, il n'y avait à Glasgow qu'une vingtaine de maisons engagées dans le commerce de la

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