ON PI^PNP PNB FEMME
une fii^e neige cptpniieiise ou (}^P pluines arrachées, emplissant Tatmosphèrp de blancheurs minuspule$, qui spmt>laient inonter vers le soleil. Dans Ipo bî'apphpQ, au long des gouttières pépiaient des mqiuPW^ querelleur^ se disputant des paiettes vpléps : p'ét^it p^rtqut l'exubérance de la ^ai§on beureusp, la vie uianife^tpe, joyeuse, débprdaute, daup W lumière éclatante d'un beau matjn d'i^té. L,ps hauteei maisous étaieut pleines de chants, de bruits d'plget^ remups, pt la Seine resplendissait, étincelante. zébrée de rides luiuiueu^es que faisait le soleil dans lep hpulpQ symétriques, semaut de poiuts argeutés le sillage des barques et de? bateaux-rruouches fendant le fleuve.
A gauche, Dayel vqyait la Cathédrale, aux CQutours baignés de bleu argenté, 4Qiit le»
dentelures et les saillies ae détachaient a^r la clarté du ciel uni, pareilles à des arabesques sombres sur le foud plair 4'un tableau. Et |es verrières, dans leurs padres dfi pierres uoires, semblaient s'aniuier anssii radieuses des raypns qui vpnaieut s'aPProch^r PUx enluminures d^s vitraux. J.a ripille églisp seiuhlait, pe piatin-là, geu^uiée d'une parurp u^^ve, à TunissQU dp la jqie qui rpnvirquuait. Notre-Dame lui riait dP tqu8 Ip^ yen* qUP SPUt ses vitr^init : Ips gargouilles aux gueules uififtftÇftPt^a avaient Tair dp
boire le bleu du ciel, For et Targent de la saison neuve, inondant Paris ardent au labeur et au plaisir, fiévreux et palpitant de vie.
La lumière soudaine avait éveillé Marthe, et, comme la jeune femme s'étirait, paresseuse, rendait à Dayel son baiser matinal, il lui redit la nouvelle chance qui lui venait d'échoir. Prenant ses mains, enlaçant sa taille, il la tenait pressée, la berçait comme une fillette menue :
— Tu m'as porté bonheur, Marthe, tu es la bonne fée, l'enchanteresse qui transforme tout ce qu'elle touche.
— Parce que tu m'aimes, Jean..
Furtivement, avant qu'elle fût éveillée, Dayel
avait préparé le lait dont elle était friande, fait le thé, en attendant qu'elle ouvrît les yeux.
Prestement, elle bondit hors du lit, vêtue à peine de batiste diaphane que rosait sa chair; et Jean, les bras étendus vers elle, s'écria :
— Marthe, ma divine petite Marthe, tu es belle comme une statue dont les lèvres et les yeux vivraient pour mes baisers.
Rieuse, elle revêtait lentement sa robe d'intérieur, et de l'étoffe rouge émergeait la rondeur de son cou, tandis que, hors de la chemise, ses seins dressaient leurs fraises pourpres sur la blancheur de la chair. Elle s'était assise devant la table, en'face de Dayel ébloui; et lui, grave soudain, osa dire :
— Si Ton se mariait tous les deux, Marthe chérie; je suis sûr de Favenir, à présent; je t'aime. Et toi ?
Sans répondre, Céline, elle prit la tête de son amant à deux mains et baisa ses lèvres, longuement passionnée. — Puis, sa bouche délivrée du délicieux emprisonnement, il énuméra les avantages de sa situation nouvelle, ses espérances toujours plus hautes qui se réaliseraient une à une.
— Nous serons heureux, mignonne, nous vivrons tranquilles, sans souci du lendemain et, chaque année, chaque jour ajoutera quelque chose à notre bonheur et à notre fortune...
Veux-tu ?
Les yeux immenses, extasiés, elle se leva et vint s'asseoir sur les genoux de Jean. Grisé, l'amant tentait, maladroit, de 'dénouer les cordons de sa légère chemise, égarait ses doigts au long du corps exquis de sa maîtresse, s'interrompant pour des baisers au hasard, ses lèvres s'arrêtant aux creux potelés, aux rondeurs amoureuses.
— Marthe, veux-tu? Nous irons tous les deux, amants d'éternité, dans notre rêve.
Veux-tu ?
Elle murmura, en sourdine, comme si, tout à coup, elle avait peur de demain : « Oui, dans notre rêve. » Puis, dans une association
m LE coucou
d'idées imprécises, elle déclama gentiment, avec un peu le geste et la voix de la célèbre tragédienne Dinah Samuel^ ces vers d'une pièce de Robert Entoc, dont ils avaient vu la reprise, la veille, à l'Odéon :
Chevalier idéal, — à qui j'appartiens toute, — Rêve ! sois toujours le compagnon de route...
Dix jours après, c'était à la chapelle de Saint-Jean, obscure malgré la clarté de ses ors, en la vieille église de Tlle, devant les seuls témoins nécessaire^ à la célébration des noces, le mariage des amants blonds. Ils s'épousèrent comme ils s'étaient aimés, dans le bonheur de leur intimité qu'ils ne voulaient point troubler de la malignité et de l'indifférence du monde. Pour eux tintèrent les vieilles cloches dans la flèche ajourée.
Rien ne changea dans leur vie coutumière, sinon que leur lien, de la solennité intime de cette cérémonie, fut resserré encore. Ainsi qu'auparavant, ils allèrent ensemble, presque chaque soir, là où Dayel devait aller.
Lorsque rien ne les obligeait à assister à
quelque spectacle, ils aimaient s'enfuir, comme aux premiers mois de leur affection, à travers les campagnes voisines de la grande ville, courir des escapades de tous jeunes amoureux, épris de verdure, dans la langueur des soirs d*été, au bord des rives fleuries, à l'heure où le jour se pâme en des agonies de lumière expirante, dans Tazur, la pourpre, Tor et l'argent des somptueux crépuscules où meurent les chaudes journées.
D'autres fois, ils se contentaient d'errer par les rues animées des rires de la vie libérée des travaux du jour, ou le long du fleuve, lorsque le Marché aux Fleurs étalait ses parterres, exhalait ses parfums mêlés à Todeur de Paris.
Marthe et Jean aimaient, à la dernière heure, voir les marchandes s'évertuer à vendre leurs derniers bouquets, dans la grande peur qu'ils ne fussent perdus, si elles devaient les remporter. C'était un de leurs plaisirs, ce déménagement des étalages de roses, de tulipes et de dahlias, de lianes contournées liées aux tuteurs raides, parmi l'entassement, dans les voitures maraîchères, des bourriches de pensées violettes et blanches, rosées ou crème, jaunes ou veloutées de brun.
Les glaïeuls, les iris emportés par brassées, érigeaient leurs corolles, serties de vert pâle, aux bras nus des jardiniers en manche de
chemise. Parfois une fillette, en sarrau de toile bleue ou noire, se tenait au bord du trottoir, les mains chargées de bouquets de fleurs coupées, des plantes l'entourant qu'elle soulevait et passait à d'autres mains, pareille à quelque héroïne des légendes printanières, mêlant l'or de ses cheveux aux nuances vives des pétales, en une symphonie de couleurs, parmi les exhalaisons des corolles.
Ainsi, Marthe et Jean vivaient dans leur calme bonheur chaque jour ravivé, sans lassitude. Oui, chaque jour attachait davantage l'artiste à la petite aimée blonde, si douce et si tendre, qui l'aidait à supporter les passagères déceptions, le réconfortait aux heures tristes des jours mauvais où la destinée semble s'insurger contre les plus heureux, contre ceux qui croient l'avoir vaincue.
Elle savait le décider au travail, faire naître chez lui la fièvre d'inspiration des meilleurs moments de sa vie. Son mari l'avait initiée à la musique, et elle chantait à présent, en s'accompagnant au piano, d'une voix pure et fraîche.
Elle avait pris, entre autres, de Dayel un grand amour des ballades terriennes des provinces de France, dont la mélancolie le charmait, dont la grivoiserie joyeuse la faisait rire aux larmes, avec des rougeurs à des termes trop vifs. Jean avait même, dans ce genre exquis
et suranné, composé, — paroles et musique, — une ronde amoureusement printanière, d'une forme un peu remaniée, modernisée, — chanson d'espoir, que Marthe aimait particulièrement et qu'elle appelait :