‹ Le Coup d'Agadir et la guerre d'orientChapitre 14 sur 75 · TEMP.1 DIFFICILES · texte numérisé non relu

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de la haute école diplomatique, négocier à droite et à gauche, jouer au plus fin avec les puissances. C'est ainsi qu'elle est allée au-devant du péril qui, pour les démocraties, s'appelle toujours l'intervention des monarchies étrangères. C'est ainsi qu'elle a accéléré l'évolution de sa lésion essentielle.

Appartenir à un grand système d'alliances européennes, être les amis du tsar de toutes les Russies et de Sa Gracieuse Majesté britannique, c'est très joli, c'est hès flatteur. Mais rien n'est plus propre à compliquer l'existence d'une démocratie. D'abord cette position prise entraîne nécessairement l'hostilité du groupe adverse, et le groupe adverse a été naturellement amené à penser, par la théorie autant que par l'expérience, que le point faible de la Triple Entente était à Paris. Il n'y a pas un chef de bureau de Berlin qui ne pense que les défauts de la cuirasse anglaise se trouvent à l'Elysée, à la place Beaiivau et au quai d'Orsav. Le régime a été le George Dandin de son mariage avec haute et puissante dame diplomatie. Il a attiré les malheurs et les orages sur son front.

Et puis les alliances entraînent, avec des responsabilités, de grands devoirs. La Russie, d'ailleurs assez souvent occupée chez elle et qui, à ce point de vue, ne se sent peut-être pas la conscience très tranquille, s'est, d'une façon générale, montrée assez peu exigeante. L'Angleterre l'a été davantage. L' « entente cordiale » est une « affaire » qu'elle traite sévèrement. Tous les ans. le général French entreprend à tra-

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vers nos corps d'armée, une tournée d'inspection attentive et minutieuse. Les Anglais veulent s'assurer que nous sommes en mesure de faire hon neur à nos engagements et à notre signature. Mais la valeur de notre instrument politique leur importe presque autant que la valeur de notre instrument militaire, et l'on est visiblement mécontent à Londres de toute notre anarchie parlementaire et ministérielle. Récemment, le Times publiait un article d'un ton fort désagréable sur le projet prêté au gouvernement français d'autoriser im emprunt autrichien. Aujourd'hui, les journaux anglais sont pleins d'avertissements sentencieux à l'adresse des hommes qui viennent de quitter le pouvoir et de ceux qui s'apprêtent à le prendre. Ah ! ce n'est plus seulement, comme au bon temps où la République vivait chez elle et sur elle-même, les présidents des Chambres et les chefs de groupes qu'il convient de consulter avant de former un cabinet. Il faut songer à Londres, et il faut songer à Berlin. Comme on doit, à l'Elysée, regretter la sainte simplicité du bon vieux temps, celui où l'on ne faisait pas de grande" politique en Europe !

Mais la complication de nos affaires au dehors n'est pas la seule raison qui rende les crises ministérielles plus graves qu'autrefois. Il y a aussi quelque: chose de changé à l'intérieur. '

Il y a que le véritable esprit républicain est en voie de disparition jusque dans u le sein des assemblées », comme dit l'image consacrée. Oui, à la

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