‹ Le Coup d'Agadir et la guerre d'orientChapitre 23 sur 75 · NOS DOCTRINES CONFIRMEES ICI · texte numérisé non relu

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qu'un peuple doive jouer son avenir sur un coup de dés. Le roi Georges et le roi Ferdinand remplissent de leur mieux leurs fonctions de chefs héréditaires : ils voient loin et rien ne les presse. Ils se méfient de l'impatience, même la plus généreuse, qui peut tout gâter. La victoire n'est pas assez sûre et ses fruits sont trop peu certains pour qu'un esprit aussi politique que celui de Ferdinand ne répugne pas profondément à courir l'aventure. Longtemps il a résisté au vœu de son peuple. Longtemps il a temporisé, attendu que son armée fût mieux préparée et plus forte : ainsi, nous le rappelions ces jours derniers, son grandpère Louis-Philippe s'était, en i84o, en risquant sa popularité, son trône et même sa vie, jeté en travers du courant belliqueux imprudemment déchaîné en France par de froids ambitieux comme Thiers, et par là nous avait, trente ans à l'avance, fait l'économie d'un Sedan. Ferdinand de Bulgarie aura reculé l'échéance jusqu'au moment où il aura mis un instrument mihtaire de premier ordre et une bonne coalition diplomatique au service des passions de son peuple.

Donc la guerre qui est sur le point d'éclater dans les Balkans sera avant tout une guerre populaire, une guerre voulue par les peuples, et les gouveruemenls auront fait tout leur possible pour l'empêcher. Voilà le grand point. Et il ne faut pas le perdre de vue.

Que les peuples soient plus imprudents, plus belliqueux, plus boute-feu que les rois, ce n'est pas une nouveauté pour nos lecteurs. Ils savent depuis longtemps que la ruée des nationalités, qui a suivi le cou-

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