‹ Le Coup d'Agadir et la guerre d'orientChapitre 26 sur 75 · I08 LA FRANCE ET LA GUERRE DES BALKANS · texte numérisé non relu

I08 LA FRANCE ET LA GUERRE DES BALKANS

duc Decazes essaya d'amorcer des alliances, il vit avec étonnement et douleur que tout le monde lui tournait le dos. Il ne comprit pas que c'était son gouvernement qui inspirait de la défiance.

C'est vers ce temps-là que notre ambassadeur à Berlin, le vicomte de Gontaut-Biron, plaidant pour une entente franco-russe auprès de l'empereur Alexandre et croyant bien disposer l'autocrate en lui faisant Téloge de la République conservatrice, re(:ut cette réponse d'un admirable bon sens : « Il n'y a qu'une République, celle des ardents. » L'empereur Alexandre ne croyait pas viable une combinaison républicaine défendue par des conservateurs et assiégée parles républicains « ardents », les seuls authentiques. Il refusait pour cette raison de s'engager avec les Broglie et les Decazes, quelle que fût l'estime qu'il pût avoir pour leurs personnes. A Londres et à Vienne, l'Ordre Moral rencontrait pour les mêmes raisons la même froideur et la même méfiance. Le duc Decazes se désolait de cette hostilité et y perdait son latin. Il écrivait à l'un de ses ambassadeurs : (I L'Europe monarchique et conservatrice nous préfère qui, grands dieux ! les radicaux ! » Parbleu ! Elle eût été folle, cette Europe, de s'engager avec des moribonds et des condamnés à mort.

La guerre d'Orient s'était ouverte le 23 avril 1877. Le 16 mai commençait pour la France la crise intérieure qui devait, aux élections du i4 octobre, se terminer parla défaite de l'Ordre Moral et l'avènement de la vraie, de la seule République, celle que

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