‹ Le Coup d'Agadir et la guerre d'orientChapitre 27 sur 75 · WADDINGTON OU DECAZES IO · texte numérisé non relu

WADDINGTON OU DECAZES IO

l'empereur Alexandre définissait « la République des ardents ». L'Europe conservatrice et monarchique ne s'était pas trompée.

Et puis comment cette Europe eiit-elle ignoré qu'à Berlin on faisait mieux que de croire au succès des radicaux, puisqu'on y aidait ! Dans la campagne électorale qui se poursuivit de mai à octobre, la presse allemande joua sa partie, menaçant la France de la guerre au cas où les conservateurs obtiendraient la majorité. TJn changement de gouvernement et d'orientation, c'est-à-dire du trouble et de la confusion en France, au moment d'une grande crise européenne, c'était une si bonne chose pour l'Allemagne, que Bismarck se fût reproché de ne pas y collaborer. A plus forte raison quand ce changement devait amener au pouvoir un personnel plus préoccupé de guerre civile que de politique nationale et toujours porté à faire passer l'intérêt du parti avant l'intérêt de la France. Nous avons eu, depuis, le témoignage du prince de Hohenlohe, qui ne laisse pas de doute sur la part que Bismarck a prise aux élections républicaines de 1877, élections qu'il se vantait d'avoir « mises en scène à Berlin », pour lesquelles il avait cherché et trouvé « quelque chose de menaçant ».

Waddington, le ministre gambettiste par qui la France fut « absente » au Congrès de Berlin, avait paru à Bismarck beaucoup plus rassurant encore qu'un duc Decazes. Avec Waddington, Bismarck asseyait à sa grande table de jeu du Congrès

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