IIO LA FRANCE ET LA GUERRE DES BALKANS
de Berlin une France aveugle et muelle. Ce n'était pas que la République conservatrice fît grand peur au chancelier. Du moins le duc Decazes, Français de tradition et de pensée, eût-il montré de la clairvoyance, n'eût-il pas accepté sans broncher toutes les cartes qui furent refdées à son remplaçant. Deux sûretés pour Bismarck valaient mieux qu'une. Et voilà comment il rcvissit, au Congrès de Berlin, à fixer pour trente ans et plus l'avenir de l'Europe au plus grand profit de l'hégémonie allemande...
C'est la leçon, la vraie, de la première crise orientale. Et si 1912 n'est pas tout à fait 1877, si nous n'avons ni Seize Mai, ni élections en vue, ni Gambetta, ni Bismarck dans la coulisse, ne voyonsnous pas des radicaux prêts à rentrer en lutte contre Al. Poincaré, une Présidence autour de laquelle se livrera bientôt une chaude bataille, et puis une amitié anglaise et une alliance russe qui se désagrègent dangereusement ? Il ne reste même plus à M. Poincaré la ressource d'être un Decazes un peu plus à gauche. Et il n'y a plus à compter faire un choiv entre les puissances européennes qui seront en présence. Il n'y a plus à se faufiler entre l'Angleterre et la Russie : toutes deux sont nos alliées et forment un attelage, de tout temps difficile à conduire, et qui, depuis le début de la guerre d'Orient, rue dangereusement dans les brancards. La situation est loin d'être meilleure pour notre pays qu'elle ne l'était en 1878. et c'est encore l'Allemagne qui a le plus de