LE POUVOIR AU-DESSUS DES PARTIS
Le haut fonctionnaire prussien qui a remplacé le prince de BûIoav n'a pas l'esprit, la grâce, le sourire de son prédécesseur. Il y a de l'un à l'autre la différence qui sépare un préfet d'un brillant attaché d'ambassade. Les formules enjouées, l'expression d'un certain dilettantisme et même d'un détachement de bon ton n'étaient pas rares chez M. de Bûlow, qui poussa parfois jusqu'à l'imprudence son attitude de conservateur éclairé. Flatté par ses succès de tribune, induit en tentation par l'exemple des premiers ministres de l'étranger, le chancelier mipérial n'était peut-être pas éloigné de se laisser transformer par une douce violence en chancelier parlementaire. Oubliant que depuis qu'il y a un Empire et un Reichslag, le principe du pouvoir, en Allemagne, est de gouverner tour à tour avec n'importe quelle majorité, que toute majorité est bonne pourvu qu'elle soit docile, le prince de Biilow se laissa entraîner à rechercher une majorité ministérielle, à l'image des pays à régime parlementaire complet. Responsable devant son souverain et devant son sou-