‹ Le Coup d'Agadir et la guerre d'orientChapitre 50 sur 75 · LA DECADENCE DES PAUTIS E^ ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LA DECADENCE DES PAUTIS E^ ALLEMAGNE

partialité souveraine peut atteindre la monarchie. Aux prétentions de,*^ conservateurs, aux exigences protectionnistes des agrariens, le pouvoir opposa une ferme résistance dès qu'il fut clair qu'il s'agissait, non plus de protéger l'agriculture, mais de favoriser à l'excès les propriétaires fonciers en élevant les tarifs douaniers aux dépens du consommateur, et de perpétuer sans profit l'influence territoriale d'une caste en renonçant à l'établissement de voies navigables nécessaires à la prospérité publique. On vit alors le roi de Prusse en opposition avec sa fidèle noblesse, avec ses fonctionnaires même. Une entente rapidement nouée avec le centre catholique lui permit de dénouer l'imbroglio parlementaire et de départager les libéraux et les conservateurs. Seulement, six ans plus tard, le centre catholique élevant à son tour des prétentions excessives, le gouvernerhent partait en guerre contre lui, le désignait comme ennemi de l'Empire au même titre que les socialistes et faisait les élections contre les rouges et les noirs. Depuis, d'ailleurs, ont surgi de nouveaux cas et de nouvelles nécessités qui ont amené un rapprochement du pouvoir et du centre. Telle est la recette de « l'omelette nationale » recommandée par Bismarck à ses successeurs.

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C'elle inélhode d ulilisalion el de jieulialisalion des forces parlementaires n'a pas larde àa\oir ponr conséquence une transfornialion profonde des partis. Ce frottement perpétuel les a unis, polis, comme les galets de la mer.

Nous saisissons ici les effets rapides des institutions sur les idées, sur les mœurs, sur la physionomie générale d'un grand pays. Les partis de doctrine, les partis idéologiques et, par suite, les principes de déchirement, étaient puissants dans l'Allemagne d'autrefois. Contrairement à une opinion très répandue, l'esprit de discipHne sociale et nationale n'a pas été plus généreusement dispensé aux Allemands qu'aux autres peuples. Un roi de Wurtemberg, qui avait sans doute des raisons de bien connaître ses sujets, disait qu'en venant au monde leur premier mot était : Neiii ! Les Allemands se sont divisés, querellés, battus bien longtemps. Ils ont bien longtemps formé, selon le mol de Voltaire, une « noble république de princes ». Ils avaient ce qu'il fallait pour constituer une république tout court oi!i la guerre civile n'eût pas chômé : les tribus germaniques n'y claieiil pas moins portées (|iie nos Iribiis gaidoiscs. VA Bismarck

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