‹ Le Coup d'Agadir et la guerre d'orientChapitre 51 sur 75 · LA DÉCADENCE DES PARTIS EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LA DÉCADENCE DES PARTIS EN ALLEMAGNE

avait observé que l'espiil d'indépendance des Allemands, après les avoir si longtemps tenus dans la tlivision territoriale, n'attendait qu'une occasion pour instituer le régime des partis qui eût tué l'Allemagne nouvelle. « Je ne connais pas de pays, a écrit Bismarck, où le seulinienl national et le patriotisme opposent moins d'obstacles que cheznous(aux intrigues des partis). Le mol attribué par P]ulai(|iic à César : « Plutôt le premier dans un Aillagc que le second à Rome ». m'a toujours paru l'expression d'iiue pensée purement allemande. 11 n'y a que trop d'bommes parmi nous qui cherchent la bourgade où ils puissent être les premiers, et, s'ils ne la trouvent pas dans l'ordre géographique, la remplacent par la fraction, la sous-fraction, la coterie... »

A cet égard, l'Allemagne de 1848-1849 s'annonçait d'ailleurs bien. Quel contraste entre les promesses et les espérances libérales de ce temps et les réalités de l'Empire actuel ! \[. Henri Lichlenberger, dans un livre curieux, l'Allemagne moderne ^, a observé cet obscurcissement de l'idéal parlementaire. Il note que l'influence de la représentation nationale est en déclin, et que l'Empereur, « héritier de la mission Iribunicienne des Hohenzollern », est « l'arbitre entre les partis et les classes qui luttent pour la puissance ». Et il cite ce texte dou-

I. L'AUisinaijne moderne, son évolution. Un vol. in- 18, de la " Hiljliotlièqne rie l*hilosoj)hie scientifique " (E. Flammarion, éd., 1907).

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loureiix emprunté à un philosophe allemand con- Icmporain, M. Sombart :

(( Il est presque hiconcevable qu'un peuple où, il y a cent ans, légiféraient Stein, Hardenberg, Schoen ou Than, oiî, pendant les années vingt et trente, des hommes comme Nebenius, Humboldt et List donnaient le ton, où, il y a un demi-siècle, une assemblée comme celle qui se réunit à l'église Saint-Paul délibérait sur les destinées de la nation, où, il y a une génération seulement, un Treitschke et un Lassalle jetaient des éclairs à l'horizon politique, où, il y a quelque dix ans à peine, dos hommes tels que Bennigsen, Lasker, Bamberger. Windthorst, Reichenberger croisaient le fer au Parlement avec un Bismarck — il est, dis-je, inconcevable que ce peuple tombe dans l'état de dépression politique où nous nous trouvons... »

Ces regrets d'un vieil amateur de la scène parlementaire sont touchants. Ils ne sont pas moins instructifs.

Ainsi tandis que l'Empire allemand croît en population, en richesse, en influence européenne, les partis déclinent, les luttes politiques s'atténuent, le Reichstag devient un Panthéon de souvenirs historiques. Cependant les choses ne meurent pas si vite, et il reste encore les noms, les cadres des partis anciens. Mais ils sont tous à peu près vidés (d'une manière qui se conçoit parfaitement, si l'on tient compte du jeu des institutions impériales quoique M. Sombart prétende que le phénomène est incon-

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