‹ Le Coup d'Agadir et la guerre d'orientChapitre 6 sur 75 · CELA SE GATE · texte numérisé non relu

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cation et la déroute de la Triple Entente. Qu^on se remémore lesfaits. Ils sont simples. L'Autriche.ayant, en 1908, avec l'assentiment de l'Allemagne, annexé, au mépris des traités, la Bosnie et l'Herzégovine, la Triple Entente voulut soumettre cette opération à un tribunal européen. Ainsi l'Allemagne avait traîné 'la France à Algésiras. Mais l'Allemagne, qui exige, quand elle croit y avoir intérêt, que les autres rendent des comptes, s'y refuse énergiquement quand il s'agit d'elle ou de ses amis. Elle vint, en cette occasion, se placer « dans son armure éclatante » à côté de son allié autrichien. L'Angleterre n'insista pas. La France moins encore. Et la Russie, demeurée seule, et qui répugnait encore à reconnaître le fait accompli, fut contrainte de céder à son tour par un ultimatum à peine déguisé.

Ce fut un succès considérable pour l'Allemagne, succès dû à sa volonté d'aller jusqu'au bout, à la supériorité de son vouloir sur le vouloir du groupe adverse. Peut-être les forces étaient-elles égales. Ce qui ne l'était pas, c'était l'énergie, la netteté des décisions. Il n'y avait aucune raison pour que la Triple Entente ne sortît pas victorieuse des affaires de 1908- 1909. Cependant elle s'y fit battre. Les choses se passèrent telles que l'Allemagne les avait voulues. Il n'était pas difficile de prévoir qu'après une épreuve aussi décisive l'Allemagne recommencerait à la première occasion.

Et elle vient de recommencer. Et il faut bien jaoter, pour aussi désagréable que cela puisse être.

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qu'elle a depuis quinze jours remporté un premier avantage. Aussitôt après l'envoi du croiseui- allemand à Agadir, on avait parlé, à Paris et à Londres (tout comme après l'annexion de la Bosnie), d'une conférence plus ou moins étendue, au jugement de laquelle serait soumis l'événement. L'Angleterre à coup sûr, la Russie, peut-être, devaient se joindre à nous pour « causer » avec Berlin. Eh bien, voilà bientôt deux semaines que l'on « cause ». Et l'on cause seul à seul, on cause en tête à tête Pas plus de conversation européenne ou de conversation à trois ou quatre que dans le creux de la main. L'Allemagne a refusé la conversation à trois comme elle avait lepoussé la conférence, et il n'en a plus été question. Il est impossible de se le dissimuler : c'est un premier avantage qu'elle remporte.

Cependant, l'Angleterre semble avoir senti le coup. Elle s'anime. Elle en était hier à sa deuxième manifestation. Mais, comme la première, la seconde est une manifestation purement verbale. Les hommes du ministère anglais sont fort comparables à ceux qui nous gouvernent. Ce sont les héritiers de ces radicaux pacifistes gladstoniens qui nous laissèrent, en 1870, écraser par la Prusse. M. Asquith a donc parlé. M. Lloyd George, le quaker, le puritain, c'est-à-dire le germanophile, a parlé à son tour. Et l'on s'est dit que l'Allemagne remarquerait d'autant plus la menace qu'elle serait fornmlée par celui des membres du cabinet britannique qui, dans un récent conseil, s'était prononcé pour les mesures les

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