LES BONS SERVITEURS 2Ç
[lour parlotes socialistes ni sujet de conversation entre (( militants ». On raconte qu'un artiste célèbre ayant emmené une jeune camarade en croisière dans l'archipel, lui montrait un matin la Crète : « La crête de quoi, mon ami ?» demanda la jeune femme. xMoins aimable, l'ignorance de M. Aristide Briand était aussi naturelle. Vite déroutés par des sujets si délicats et si complexes, où l'expérience des luttes électorales, leur seule expérience, ne leur sert de rien, nos hommes d'Etat républicains se hâtent d'abdiquer entre les mains des spécialistes. Leur vœu secret serait de confier à un gérant le département des Affaires étrangères, d'affermer le quai d'Orsay pour ne plus s'occuper que de la popote électorale. Du vivant d'Edouard VIL c'était à peu près ce qui se passait. Edouard Vil manque cruellement à la RépubHque. C'est depuis sa mort qu'on a songé à placer un homme expérimenté à demeure derrière le ministre parlementaire dont on se méfie.
M. Georges Louis, qui est désigné pour ce poste, est d'ailleurs le plus distingué entre beaucoup de diplomates de valeui-qui servent de leur mieux notre pays. Car les hommes instruits, les négociateurs habiles, les observateurs vigilants, cndépitda quelques choix scandaleux, restent nombreux dans la Carrière. La diplomatie a la même tradition que l'armée : c'est le pays qu'on y sert et non le régime, autant toutefois que le régime le permet. C'est pourquoi on trouve encore parmi notre personnel plus d'une individualité d'élite. M. Georges Louis est de la race des