D ALGESIRAS A KI3SINGEN I
pices. L'anarchie gagnait de proche en proche, de l'intérieur, tous les ports de la côte. A Casablanca, à Mogador, des tribus semi-indépendantes bafouaient lautorité du sultan. La « Compagnie marocaine », qui avait obtenu la concession des ports de Casablanca et de Safi i, ne pai'venait qu'au prix des plus grandes difficultés à exécuter les travaux préliminaires. Sur les confins de la Chaouïa, aux portes de Rabat, les Zaër et les Oudaïa vidaient leurs querelles à coups de fusils, razziaient des troupeaux appartenant à des Européens, cependant que la police hybride et composite prévue par l'Acte dAlgésiras s'organisait avec lenteur. Le 8 mars, à Fez, un ingénieur-agronome français, M. de Gironcourt, était assailli par la populace et à moitié assommé. Enfin, le 19 du même mois, à Marrakech, le docleur Mauchamp, qui dirigeait un dispensaire où il soignait les indigènes, était attaqué dans sa maison même et lâchement assassiné, i victime de son devoir professionnel ».
Aucune réparation ne pouvait être obtenue de la mauvaise volonté du sultan. Il fallait agir. Le gouvernement français décida donc de faire porter son action précisément sur cette région où tous les traités, y compris l'Acte d'Algésiras, reconnaissaient à la France des droits spéciaux, sur la région frontière algéro-marocaine. Des ordres furent transmis aux autorités militaires algériennes pour occuper Oudjda. Et pour échapper par avance à tout reproche d'outrepasser ces droits, ces ordres prescrivaient de n'effectuer € aucune opération offensive au delà