Rapport de M. Pierre Baudin. p
2. M. Trouillot avait remplacé M. ^lilliès-Lacroix à la constitution du premier cabinet Briand au mois de juillet 1909.
à cette société. M. Milliès-Lacroix avait seulement exigé que cette indemnité fût fixée par une commission, qui s'étant réunie peu de temps après, sous la présidence de M. Hérault, premier président de la Cour des comptes, avait, statuant sur un compromis approuvé par le gouvernement, fixé à 2 335 000 francs l'indemnité due à la WGoTto- Sanglia.
Il n'y avait donc plus, après la conclusion du consortium franco-allemand, qu'à assurer le payement de cette somme à la Société française par l'inscription au budget d'une somme correspondante, et le consortium allait pouvoir fonctionner. La collaboration des Français et des Allemands sur le terrain économique, au Maroc, en Algérie, au Congo, en France même peut-être — ne parlait-on pas aussi des mines de Meurthe-et-Moselle? — devait assurer une longue période de paix, à la faveur de laquelle, lentement, sans rien brusquer, la France pourrait réaliser ses desseins, tous ses desseins sur l'Afrique du Nord. Tous les intérêts se conciliaient. M. de Bûlow lui-même n'avait-il pas dit, à peu près à cette époque, à M. J. Cambon : « Le Maroc, mais il est à vous. Vous le prendrez un jour et nous n'y ferons pas d'objection. Mais avancez avec prudence, car nous avons, ici, à compter avec notre opinion. »
Or, voici qu'au moment oix toutes les difficultés paraissaient réglées dcfinilivement, tout allait être remis en question.
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Les nuages vinrent de tous les points de l'horizon.
D'abord du Parlement.
Une année s'était écoulée depuis la formation du ministère Briand. C'était beaucoup pour xui gouvernement qui entendait gouverner. Son chef disait aux membres de la Chambre : « Ce qu'exigent les idées de justice et de liberté, c'est que dès qu'il est investi de votre confiance, le gouvernement, tout en gouvernant avec vous, ne gouverne pas seulement pour vous i. » Il n'essayait pas de diviser pour régner; il recommandait l'union : « Nous voulons gouverner pour la France. Nous voulons faire aimer la République, la rendre agréable à habiter 2. » Cette formule de l'apaisement soulevait des tempêtes à l'extrême-gauche. Les radicaux se cabraient. Les uns installèrent le régime de l'obstruction et de la violence dans les séances publiques. Les autres organisèrent le sabotage méthodique du mécanisme parlementaire. La grève des employés de chemins de fer fut l'occasion de scènes dont on ne se souvenait pas, depuis le boulangisme, avoir vu les semblables. Le rema-