‹ Le "coup" d'Agadir; origines et dévelopement de la crise de 1911Chapitre 24 sur 66 · Ibid · texte numérisé non relu

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sables. Le gouvernement français refusa. Les pourparlers se ralentirent, traînèrent en longueur, se diluèrent dans des discussions sans fin.

Entre temps, le projet de consortium franco-allemand au Congo suivait son tragique destin, A peine pensait-il avoir échappé à l'enlizement parlementaire, qu'il tombait sous la guillotine gouvernementale. MM. Caillaux, Berteaux, Messimy, qui l'avaient si violemment combattu à la commission du budget, n'avaient pas modifié leur attitude première. Opposants même au pouvoir, ils persistaient à manifester leur hostilité aux idées du défunt ministère Briand. Ils exprimaient leur opinion sous une forme familière, et l'on colportait leurs propos dans les couloirs de la Chambre. « Nous ne pouvons pas, auraient-ils dit, monter en épingle l'œuvre de nos prédécesseurs. » M. Cruppi, cependant, les avertissait du mauvais effet que produirait sur l'opinion publique allemande l'échec du projet de consortium i. M. }»Iessimy restait sourd à ces avertissements et, le 30 mars, informait la commission du budget et les administrateurs de la À'Goko-Sangha que « le gouvernement avait été amené à renoncer à la constitution dun consorlium franco-allemand ».

On se trouvait donc au commencement du mois d'avril, en l'état de deux échecs subis par la poli-

1. « A la date du 13 mars 1911, à la suite de renseignements divers, les services des Affaires étrangères émettaient l'opinion que l'élément allemand du consortium serait assez puissant pour agiter l'opinion publique, et qu'il poiirrait résulter de l'échec des négociations un mécontentement si vil à l'égard de la France, que le gouvernement de Berlin ne puisse y demeurer indifférent » {Ibid., p. 44.)

d'algésiras a kissingen i5i

lique de collaboration économique franco-allemande: l'un au Maroc, où le gouvernement allemand désirait un programme de chemins de fer difficilement acceptable par la France; l'autre au Congo, où le ministère Monis abandonnait un projet élaboré et poursuivi par le ministère Briand i, d'accord avec le gouvernement allemand.

Y a-t-il, entre ces échecs et la réserve de M. de Kiderlen-Waechler au cours de ses entretiens du mois de mars et des premiers jours d'avril avec M. J. Cambon, une relation de cause à effet? La publication dune correspondance diplomatique complète peut seule permettre de répondre à cette question. A tout le moins il y a coïncidence, et celte coïncidence est à retenir.

En fait, cependant, les événements qui se précipitaient au Maroc justement à cette époque, ramenèrent ces deux questions au second plan des préoccupations gouvernementales.

Au 2 avril, toutes les tribus des environs de Fez

étaient en état d'insurrection. En réalité, la capitale se trouvait complètement bloquée et les courriers ne parvenaient plus à la côte qu'au prix des

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