‹ Le "coup" d'Agadir; origines et dévelopement de la crise de 1911Chapitre 42 sur 66 · Le télégramme de l'empereur était ainsi conçu · texte numérisé non relu

Le télégramme de l'empereur était ainsi conçu

Les paroles me manquent pour trouver une expression de ma profonde sympathie en rapport avec le deuil national de toute la France.

Les familles si terriblement éprouvées pourront se consoler de savoir que Vinforluné équipage de la Liberté mourut en remplissant son devoir envers sa patrie.

Guillaume I. R.

2. L'ultimatum italien au gouvernement turc fut remis à la Porte par l'ambassadeur d'Italie à Constantinople le jeudi 28 septembre, à deux heures de l'après-midi.

A propos de ces interventions officielles destinées à éviter des paniques financières à Berlin et à Paris, on a souvent raconté que les principaux établissements de crédit français et, à leur tête, la Banque de France, auraient prêté aux banques allemandes une somme considérable, 900000000 de francs, précisent certains. .C'est

aSo LE COUP D AGADIR

çaise fut moins pénible quelle aurait pu rétre si la nature des nouvelles demandes du cabinet de Berlin avait été comme avec précision. Sans doute, ici et là, les cours avaient fléchi, mais ce qu'on appelle le < ton général du marché » était meilleur le 30 que la veille. « Heureusement, dit un grand organe financier, toutes les •précautions ont été prises cette fois, et Ion na pas laissé les choses aller comme à la dernière liquidation de quinzaine i. =

Ce cap dangereux de la fin septembre une fois franchi, les négociations semblèrent entrer dans ime phase sans doute encore très laborieuse, mais plus féconde en résultats. Par petites étapes on avançait.

Le 30, le conseil de cabinet français avait ou repoussé les nouvelles modifications allemandes ou adopté les rédactions maintenant le fond et les lignes essentielles de l'ancien projet du 30 août. Le même jour, la conversation avait repris entre >L J. Cambon et ^L de Kiderlen-^\'aechter. et une note communiquée à Lissue d'un nouveau conseil de cabinet constatait deux jours après que les négociations t progressaient dans des conditions satisfaisantes i. Le secrétaire d'Etat allemand, plus conciliant, écoutait, discutait et peu à peu. cédait sur les points essentiels.

Le 4 et le 6 octobre, nouveaux entretiens à Berlin, même impression optimiste: t Le ministre des Affaires étrangères, dit une seconde note, a mis le

ce gn'on a appelé à Paris « le sixième milliard 5>. Naturellement en pareille matière, on en est réduit aux hypothèses. Mais le fait en lui-même n'a rien d'invraisemblahle. Il est déjà survenu au moins ime fois antérieurement (V. plus haut chap. Il, p. 92.) 1. L'Information du l^r octobre.

r.E ROCHER DE SISYPHE U><1

conseil au courant des négociations, qui se poursuivent dans des conditions favorables. > C'est le 6, en effet, que M. de Kiderlen-Waechter accepta les formules françaises relatives aux lignes de chemins de fer privées, au délégué chérifien au Comité des Travaux publics...

Les 8 et 9 octobre, les négociations firent xin pas décisif. Quelques divergences subsistaient encore, notamment sur la grave question des protégés; elles furent réglées le 9. et le 11; les textes coincidant, les deux négociateurs y apposèrent leur paraphe ï.

Etait-ce la fin?

Pas encore.

Deux points tenaient à cœur à M. de Selves et au gouvernement français, en dehors de quelques autres de moindre importance. La faculté pour la France d'établir son protectorat au Maroc n était pas explicitement stipulée dans le texte même de l'accord. Sans doute la chose y était. Mais il y a des cas où les mots ont une valeur propre. Enfin. 1 occasion n'était-elle pas favorable d'obliger les deux nations à recourir à 1 arbitrage pour tous les différends qui naîtraient de la question marocaine? L'Allemagne et ses dirigeants attestaient souvent leurs intentions pacifiques, ils avaient une occasion inespérée de prouver leur sincérité ^.

Plusieurs entretiens du 10 au 14 octobre furent encore consacrés à préciser et à clarifier, en des

1. Nous croyons inutile de donner une analyse détaillée de l'accord, dont on trouvera le texte aux Appendices.

2. « Certains peuvent n'attacher aucune importance à cette précision. En ce qui nous concerne, nous avons considéré comme un point important, comme un point

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lettres explicatives, les dispositions incomplètes ou obscures de l'accord. Le 14, enfin, la question marocaine était « liquidée ». La Friuice obtenait le droit d'établir son protectorat sur le Maroc, de l'occuper militairement, de le représenter auprès des puissances étrangères. L'Allemagne y conservait simplement le bénéfice de l'égalité économique, au même titre que les autres pays, « sans privilège d'aucune sorte 1 f.

Il restait maintenant à doser la compensation que la France accorderait à l'Allemagne pour prix de son désintéressement politique au Maroc. Œuvre singulièrement délicate, épineuse, à laquelle le réveil du sentiment national, le souvenir soudainement surgi d'une glorieuse expansion coloniale, allaient susciter de redoutables difficultés!

de premier ordre, cette affirmation que, si des difficultés survenaient, il fût précisé qu'elles seraient résolues par ce moyen pacifique et d'avenir, je me plais à le penser malgré tout, qu'est la cour de La Haye. » (Discours de M. de Selves, à la Chambre des députés, le 14 décembre 1911).

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