V. p. 71. La convention anglo-congolaise du
En demandant à la France, au mois de juillet, de lui céder le Congo, et même quelques jours plus tard, en déployant cette demande vers l'est', ce n'était donc pas seulement une acquisition de territoires que visait le gouvernement allemand. Certes, il ne dédaignait pas d'étendre sa colonie du Cameroun de quelques milliers de kilomètres carrés, et si la carte que lui avait entrevoir M. J. Cambon au commencement de septembre* ne lui paraissait encore qu'un minimum, au moins valait-elle, à ses yeux, comme base de discussion, pour lui permettre de demander davantage encore. Fragenkann manii immer, dit un proverbe allemand qui a cours aussi chez de nombreux peuples. On peut toujours demander. Mais à côté de la demande extensible ou compressible, suivant les nécessités delà discussion, il y a le but essentiel à atleindre, coûte que coûte.
La France entendait rester politiquement seule maîtresse au Maroc Eh bien! 11 fallait qu'elle payât la renonciation allemande d'une compensation suffisante. Et celte compensation, ce ne pouvait être, sans parler de l'étendue des territoires à céder, sur
12 mai 1894 comprenait deux stipulations principales: par l'une, prévue à l'iu-ticle 4, la Grande-Breti^ine donnr.il à bail à l'Etat indépendant du Congo certains territoires au nord du lac Albert-Nyanza; par l'autre, prévue à l'article 5, l'Angleterre acquérait les droits nécessaires « pour la construction d'une ligne tcL graphique rel.ant les territoires anglais de l'Afrique du Sud à la splièic d'influence anglaise du Nil ». C'est contre cette dernière stipulation que la France invoquait son droit do préemption sur les territoires qui formaient alors l'Etat indépendant du Congo.