‹ Le "coup" d'Agadir; origines et dévelopement de la crise de 1911Chapitre 49 sur 66 · Le Figaro du 3 octobre · texte numérisé non relu

Le Figaro du 3 octobre

d'une seule voix, répondit : w Nous ne voulons rien donner à TAllemagne ! »

Un congrès du parti radical et radical-socialiste se tint à Nîmes du 4 au 6 octobre. Les dirigeants et les adhérents de ce parti ne pouvaient, certes, être accusés d'un nationalisme exagéré. Sans être antimilitaristes, ils veillent jalousement sur la « prééminence du pouvoir civil » . Au moment de la grande « Affaire » qui divisa la France en deux camps, ils avaient fourni à l'armée « dreyfusiste » son plus fort contingent. Ils répudiaient hautement toute politique belliqueuse et agressive. Mais, représentants surtout des masses rurales, l'idée de céder de la terre, de mutiler le domaine colonial de la France, leur était aussi intolérable qu'à leurs mandants. Avant de se séparer, le 6 octobre, sur le rapport d'une u commission des affaires extérieures », les congressistes adoptèrent un vœu qui mérite d'être rappelé :

Le congrès, faisant état des négociations actuellement engagées entre les gouvernements français et allemand au sujet du Maroc ;

Considérant qu'il semble aujourd'hui admis cjue les compensations territoriales ne seront accordées à l'Allemagne au Congo qu'en échange du protectorat politique et économique qu'elle s'engage à reconnaître et à s'employer à faire reconnaître par les puissances signataires de l'Acte d'Algésiras.

Considérant qu'il importe que notre colonie de l'Afrique-Équaloriale française conserve son unité territoriale et que la zone cédée n'interrompe point les communications par terre entre la côte gabonnaise et l'Afrique centrale.

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Considérant enfin qu'une cession faite sur les bases indiquées par la grande presse et qui comportent l'abandon de la plus grande partie du Moyen-Congo, y compris- les terres en bordure du fleuve Congo, nous créerait dans la suite, et en raison de l'obligation qui nous serait faite de ravitailler l'Oubangui et le Tchad par un fleuve, dont aucune des rives ne serait française, des difflcultés graves qu'il est d'ores et déjà facile de prévoir :

Émet le vœu que le gouvernement, dans les nouvelles négociations qui vont être engagées sur la question des compensations, tienne compte de la nécessité absolue qu'il y a de maintenir à la France la libre possession de la rive droite du Congo et des terres avoisinantes , et cela à seule fin d'assurer la continuité de nos colonies du Gabon et des régions de l'Afrique centrale Oubangui- Tchad qui en dépendent.

Ces manifestations répétées et unanimes de l'opinion publique avaient fini par émouvoir le président du Conseil. M. Caillaux, dont le rôle, dans l'élaboration du programme du 30 août, avait été prépondérant, essaya de résister. Sans doute, on n'avait pas pris un engagement formel et précis envers l'Allemagne. Mais les conversations des mois de juillet et d'août avaient montré que le gouvernement allemand ne se contenterait pas d'une simple rectification de la ^lOntière du Cameroun. Ce qu'il voulait, il l'avait dit nettement, c'était le double accès au fleuve et à la mer. En reprenant la conversation au commencement de septembre, on avait, par cela même, implicitement accepté son point de vue, c'est-à-dire le principe de la coupure. Tout ce que l'on pouvait faire, c'était de discuter sur

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l'étendue du sacrifice, sur la longueur de la rive droite du fleuve que l'on pourrait céder.

M. Jules Cambon, en des télégrammes alarmés, disait la situation délicate où le placerait une modification du programme du 30 août. 11 avait laissé entrevoir à M. de Kiderlen-Waechter la carte du Congo où les territoires que la France acceptait de céder aboutissaient au fleuve. Les pourparlers au sujet du Maroc n'avaient avancé que sur cette espérance donnée au gouvernement allemand. Comment, maintenant, revenir en arrière? On risquait d'autant plus de courir à un échec de toute la négociation que l'opinion, en Allemagne, s'était accoutumée à l'idée que le Cameroun s'accroîtrait jusqu'au Congo et à l'Oubangui. En un mot, il ne répondait de rien si on ne lui laissait pas toute la latitude qu'on lui avait accordée au moment de son retour à Berlin.

Mais M. de Selves et M. Lebrun, ministre des Colonies, qui était revenu sur son attitude de la lin d'août, avaient une tout autre conception. On devait, à leur avis, tenir compte de l'opinion publique et de ses manifestations. 11 n'y avait pas d'illusion à se faire : on ne ferait accepter le futur accord franco-allemand que si cet accord ménageait les intérêts essentiels de la France dans l'Afrique équatoriale.

Enfin, on avait le droit de modifier les offres faites ou les espérances autorisées, puisque le gouvernement allemand, de son coté, était revenu sur ses promesses. Le 12 août, M. de Kiderlen-Waechter avait dit à M. Cambon : t( Pour ce qui est du Maroc, vous pouvez être tranquille; vous rédigerez vous-même l'accord! » Les négociations de septembre avaient montré la vanité de cette parole. Au lieu d'un Maroc libre, où la

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France serait maîtresse de tous ses mouvements, l'accord, auquel on mettait la dernière main, ne prévoyait plus qu'un Maroc partiellement internationalisé, où, en matière économique au moins, les étrangers jouiraient de droits égaux à ceux des Français. La valeur de l'objet vendu était diminuée. On avait le droit de diminuer également la valeur du prix à payer.

MM. de Selves et Lebrun finirent par l'emporter.

Tandis que M. J. Cambon discutait à Berlin les dernières clauses de Taccord marocain et les lettres explicatives qui devaient l'accompagner, les membres du gouvernement français se mettaient d'accord pour refuser, définitivement, la coupure.

M. Cambon reçut donc pour instruction d'offrir à l'Allemagne le territoire dont se contentait un colonial allemand, M. de Puttkamer, c'est-à-dire un large renflement du Cameroun à prendre sur le territoire de rOubangui-Chari *.

Il était peu probable cependant que l'opinion allemande se contentât d'une simple rectification de frontière. En dépit de la discrétion ou des réticences des milieux officiels, une presse parfaitement renseignée, au moins dans les grandes lignes, sur les desseins du gouvernement, l'avait peu à peu habituée à l'idée que l'Allemagne avait le droit d'exiger une compensation digne d'elle. La nature et l'étendue de la compensa-

tion ne devaient pas se mesurer seulement à la qualité et à rétendue des droits que l'Allemagne abandonnait au Maroc. Pratiquement, l'Allemagne seule gênait la France au Maroc, car elle était la seule puissance omise en 1904, capable de faire valoir ses droits. Il y avait là une question de puissance, eine Machtfrage, qu'on ne pouvait pas oublier au moment où se débattrait la seconde partie du marché.

On se trouvait aussi en présence d'une occasion inespérée d'accroître le domaine colonial allemand. L'opinion, dans tout Tempire, exigeait que le gouvernement impérial ne la laissât pas échapper. Les milieux coloniaux revenaient même, sur un ton menaçant, à l'idée d'un avantage territorial au Maroc. Le Congo tout entier, ou la plus grande partie du Congo ne les satisfaisait plus. Un rapport de M. Yiollette, député français, qui contenait quelques appréciations peu flatteuses pour cette colonie, était exploité avec habileté par toute la presse :

u Les Français, disait le Berimer Tageblatt du 27 septembre, paraissent, depuis quelque temps, désespérés à l'idée de nous céder une partie de leur belle colonie du Congo. Ils croient faire une mauvaise affaire. La lecture du rapport de M. Yiollette diminuera certainement les regrets des Français. Il est vrai que cette lecture diminuera aussi notre joie. »

La Société coloniale allemande exprimait une opinion semblable :

« Il est certain, disait une résolution votée par elle au commencement d'octobre, que les compensations à la frontière du Cameroun ne seraient pas un avantage appréciable. Cette région est marécageuse et peu féconde. Elle est livrée déjà à de nombreuses sociétés.

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Elle est maigrement peuplée et infectée par la maladie du sommeil. Une telle concussion ne ferait qu'accroître nos "charges financières. On ne saurait, d'autre part, penser à céder à la France la pointe nord du Cameroun, qui nous permet d'avoir un accès sur le lac Tchad. Les tribus nègres qui habitent cette région sont de tout cœur allemandes et veulent rester allemandes. Une telle cession de territoires serait interprétée par les populations du Cameroun moyen comme une faiblesse.

« Le point de vue de la Société coloniale est donc, comme au 5 août, que l'Allemagne doit obtenir des compensations au Maroc en cas de revision de l'Acte d'Algésiras. »

Sans doute le gouvernement allemand était moins disposé encore qu'au mois de juillet ou d'août à courir une aventure. Il avait pris l'engagement formel de ne réclamer aucune compensation territoriale au Maroc. Il avait même renoncé, dans le courant de septembre, à un partage économique de l'empire chérifien ' . L'accord marocain, peu à peu, s'achevait II était impossible de revenir en arrière Mais c'était là une raison de plus pour lui de ne pas céder sur les deux points essentiels de la compensation indiqués par lui : l'accès à la mer et au fleuve. Quelle que fût même l'opinion d'un spécialiste comme M. de Puttkamer, qui continuait ses articles contre la coupure -, il devait s'en tenir là. Si

2. Voici, d'après la traduction, du journal le Temps, comment s'exprimait M. de Puttkamer dans la Taeglische Rundschau du 7 octobre 1911.

« A mon avis, une rectification de la frontière du Cameroun est la seule compensation qui nous procurera d'indéniables avantages, mais bien entendu, il ne saurait èà,T* qu»Btion d'une cession de tout le nord du Ca-

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l'on avait pu en douter, la lecture des notes officieuses qui paraissaient tous les jours aurait suffi à dissiper le doute :

« Les déclarations de la presse concernant l'affaire du Maroc, disait, le 12 octobre, la Gazette de Cologne, montrent que toute la nation allemande réclame une compensation qui offre un avantage réel à l'Allemagne,

meroun. Ce que la France veut nous offrir au Congo ne vaudra jamais ce que nous possédons dans l'Adamaoua et dans les montagnes de Mandara, probablement riches en or. Je vais plus loin : le Congo tout entier ne nous payerait pas d'une renonciation à l'Adamaoua. »

« Arrivons à la question des chemins de fer. Si on veut s'arrêter aux montagnes de l'Adamaoua, si on veut passer le Benoué, il faudra toujours faire halte à Mora, la capitale du Mandara. Ce doit être le terminus nord de la ligne. Il n'y a rien à aller chercher au delà de ce I)oint. Le commerce du Tchad ne vaut pas le papier que l'on a noirci poux le faire comiaître au public. J'ai peine à croire que le gouvernement français puisse attacher un grand prix à ces territoires du Tchad. Je comprendrais tout aussi peu que nous réclamions une partie du bassin du Congo. Nous n'avons pas besoin d'être riverains du Congo. Nous n'avons pas besoin de rejoindre nos possessions de l'Est africain ou d'avoir tme plus longue région sur l'Atlantique. Nous avons seulement besoin d'avoir au Cameroun ime frontière qui soit plus intelligemment dessinée et qui suive autant que possible les cours d'eau.

« J'ai tenu à examiner de sang-froid cette question de la cession du nord du Cameroim. Je ne puis conseiller que de maintenir le statu quo et de prendre aussi peu que possible du Congo. »

Le 12 octobre, M. de Puttkamer revenait à la charge dans le même journal : « Ne prenons pas le Congo, concluait-il, car l'acquisition d'une partie de ce pays représente pour le Cameroun ime charge de quelques millions de marks chaque année. Réclamons Binder, Lamy, Léré et qu'on <. tende notre frontière jusqu'au bras droit de rOgooué. »

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et non pas un dédommagement purement apparent et dénué de valeur. Il y a lieu de penser que le gouvernemeiit partage cette opinion et ne négociera que dans ce sens. »

Le jour où fut signée la dernière lettre explicative relative au Maroc, la pensée du gouvernement allemand était donc, comme au mois d'août, de réclamer à la France des deux côtés de la Sangha une u tranche » de son empire équatorial africain au moins aussi large qne celle prévue par le programme du 'M août. Le 15 octobre, le chancelier faisait, à Hubertusstock, son rapport à l'empereur Guillaume II, et, quelques heures après, s'engageait à Berlin la première conversation des négociateurs sur la question de la compensation.

On devine aisément que M. J. Cambon, lorsqu'il :?prit le chemin de la Wilhelmstrasse, muni des nouvelles instructions du gouvernement français, devait se demander avec une certaine anxiété quel accueil M. de Kiderlen-Waechter allait faire à ses offres réduites. Le secrétaire d'État allemand, qui ne passe pas pour un modèle de patience, ne chercha pas, en effet, à masquer son désappointement sous des fleurs de rhétorique. 11 refusa tout net d'examiner les propositions sur lesquelles M. Cambon voulait s'expliquer. Son point de vue n'avait pas varié depuis le mois d'août, L'Allemagne recevrait des doux côtés de la Sangha et, au sud, jusqu'à l'Ogooué et l'Alima, un ler-

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ritoire qui atteindrait la mer d'un côté, l'Oubangui et le Congo de l'autre, ou les pourparlers seraient rompus.

M. J. Cambon, effrayé, transmit cette réponse à Paris, avec son impression. Pour lui, il lui paraissait impossible de rien conclure si l'on ne revenait pas au programme du 30 août.

Mais M. de Selves et M. Lebrun tinrent ferme. Pas de coupure. Toutes les concessions possibles seraient envisagées et examinées, pourvu qu'elles préservassent la continuité de lempire africain de la France*.

Le 18, M. Cambon revoit M. de Kiderlen-Waechter. La négociation reste stationnaire. Aucun des négociateurs ne cède. On est, ou Ton croit être, dans une impasse. La presse allemande redevient pessimiste. Les journaux pangermanistes attaquent le gouvernement. Au Reichstag, qui rentre ce jour-là, le mécontentement grandit et se fait bruyant. Tous les partis déposent des demandes d'interpellation. Le chancelier refuse d'y répondre sur-le-champ. Il ne se dérobe pas à la discussion. 11 tient pour « pleinement justifié le désir du Reichs';ag », mais il ne croit pas le moment venu de lui donner satisfaction. « A mon avis, conclut-il, le

1. « Le principe de la compensation admis, il (le gouvernement) a veillé d'abord à ce que les cessions portent le moins possible sur cette partie de la colonie qu'il considère comme la plus intéressante par sa proximité de la côte et par ses possibilités d'avenir, j'entends dire le Gabon et le Moyen-Congo jusqu'à 1% Sangha. Il s'est efforcé, en second lieu, de sauvegarder au mieux la grande voie de pénétration vers le centre africain, constituée par les fleuves Congo, Oubangui, Gribingui, Chari, qui forme en quelque sorte comme l'épine dorsale de notre possession. » (Discours de M. Lebrun à la Chambre des députés, le 14 décembre 1911.)

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Reichstag lié se séparera pas sàiis avoir discuté là politique extérieure. » Cette déclaration apaise l'erfervescence. Le Reichstag, qui devait être renouvelé en janvier, craignait de rie pas entendre avant les élections, les explications du gouvernement. Cette crainte bannie, il peut aborder en toute sécurité son ordre du jour.

Le 19 octobre, nouvel et décisif entretien à la Wilhelmstrasse. Une double surprise attend M. Cambon. L'accueil de M. de Kiderlen-Waschter, le ton de ses premières phrases diffèrent de l'accueil et du ton des précédentes conversations, jusqu'alors si « pénibles ». Le secrétaire d'État est devenu conciliant. Il assure l'ambassadeur de son désir d'aboutir le plus rapidement possible. Le gouvernement allemand ne recherche nullement une solution inacceptable pour l'opinion publique française. Il doit tenir compte cependant de l'opinion allemande, des nécessités de sa politique intérieure et coloniale. N'y aurait-il pas moyen de concilier les deux points de vue ? Que demande, essentiellement, l'Allemagne ? Le double accès à la mer, au sud de la Guinée espagnole, et au Congo et à l'Oubangui. Qu'est-ce qui révolte l'opinion publique en France? La coupure, c'est-à-dire l'abandon sur une grande longueur de la rive droite des deux fleuves.

M. de Ridcrlon-^Vaochter, le doigt sur la carte, précise sa pensée. Il y aurait peut-être une solutioii intermédiaire qui donnerait satisfaction aux deux parties. Elle consisterait à restreindre tellement l'étendue de la coupure, que la coupure, pourrait-on dire, n'existerait plus. Il s'agissait jusque-là de plusieurs centaines de kilomètres de la rive droite du Congo et de l'Oubanghi. Eh bien ! l'Allemagne ne demande plus, en

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dehors de l'accès à la mer, sur lequel on est d'accord, que deux bandes de territoire se dirigeant, en se rétrécissant, de l'ouest à l'est vers les deux fleuves, de manière à atteindre ceux-ci, mais sans prendre sur leur rive droite, l'une un peu au-dessous de Bangui, l'autre un peu au-dessous de leur confluent, plus de quelques kilomètres. Deux antennes partiraient de la frontière rectifiée du Cameroun, et ce serait l'extrémité orientale de ces deux antennes qui assurerait à la colonie allemande l'accès au fleuve demandé.

Ainsi on éviterait la coupure repoussée par la France ; on ne se trouverait plus en présence que de deux piqûres, qui ne briseraient pas lunité de l'Afrique équatoriale française. L'Allemagne accorderait tous les droits de passage désirés à travers ces deux antennes, et les communications étant assurées surtout par la voie fluNiale. rien ne serait changé, en réalité, à la situation actuelle respective des possessions françaises de la côte et des territoires de l'Oubangui-Chari et du Tchad .

M. J. Cambon, ra^i, entrevoyant la fin de ces interminables négociations, transmit immédiatement à Paris les nouvelles offres de l'Allemagne. M. Caillaux réunit ses collègues le :10 au matin, et le principe des deux piqûres fut accepté.

On pouvait donc légitimement penser que l'accord serait bientôt signé. « Il est de fait, constate la Gazette de Francfort du 22 octobre, qu'on s'est entendu sur tous les principaux points relatifs aux compensations et que la conclusion du traité est imminente. Désormais on ne peut plus douter du résultat. » Cette opinion dans un journal qui s'était fait remarquer jusquelà par sa prudence, valait d'être retenue.

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Cette question des cessions territoriales et de leur étendue, la position des deux piqûres exigèrent néanmoins encore deux entretiens à Berlin. Le 2:2 octobre quelques difficultés surgirent encore.

D'abord M. de Kiderlen-Waechter n'était pas content de certaines « indiscrétions » de la presse française. Les précisions publiées à Paris lui avaient valu de vives attaques. Les conservateurs se plaignaient de l'exiguïté des compensations. Dans la Post, le député Liebert écrivait : « L'Allemagne n'a gagné pendant ce temps ' que les deux îles Samoa, l'archipel des Carolines, moyennant un payement de 22 millions de marks, et le port de Kiao-Tchéou pris à bail pour quatre-vingtdix-neuf ans. » L'hostilité contre le gouvernement renaissait au Reichsfag. Ces « indiscrétions » rendaient les pourparlers difficiles, en compromettaient le succès final. Bref, il fallait que cela cessât.

M. de Kiderlen-Waechter se plaignait encore de la demande formulée par le gouvernement français en vue de déplacer une des piqûres, et de la solution proposée pour la question des sociétés concessionnaires.

Toutes ces difficultés s'aplanirent pourtant.

Le 25 octobre, les deux négociateurs sont d'accord sur tous les points de la compensation. On n'a plus semble-t-il, qu'à parapher le texte arrêté en commun, puis à échanger les signatures.

Mais alors M. de Kiderlen-Waechter soulève une nouvelle question, qui risque, en vue du port, d'amener le naufrage de toute la négociation.

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