‹ Le "coup" d'Agadir; origines et dévelopement de la crise de 1911Chapitre 54 sur 66 · Voici les noms des membres de cette Commission · texte numérisé non relu

Voici les noms des membres de cette Commission

geois et commença ses travaux le 23 décembre. Ses investigations portèrent sur les causes lointaines et récentes delà dernière crise franco-allemande. L'origine des traités de 1904, de l'accord de 1909, les conversations qui, à Berlin et à Kissingen, avaient précédé l'envoi du navire de guerre allemand à Agadir, les négociations qui suivirent le !"■ juillet furent par elle évoquées, scrutées, pesées. Les accusations portées contre M. Caillaux d'avoir poursuivi, à côté et à l'insu du ministre des Afiaires étrangères, des négociations personnelles et secrètes avec le gouvernement allemand, et d'avoir voulu, par un rapprochement général avec l'Allemagne, déplacer l'axe de la politique extérieure de la France, se précisaient et s'accentuaient parallèlement dans la presse et au sein de la commission.

Le 9 janvier, la commission entendait M. Caillaux. Comme celui-ci terminait son exposé en affirmant sur l'honneur qu'au cours de la crise il n'y avait « jamais eu de tractations politiques ou financières d'aucune sort3 en dehors des négociations diplomatiques et officielles », M. Clemenceau se leva et s'adressant à M. de Selves :

— Monsieur le ministre des Affairesétrangètes peutil nous confirmer cette déclaration ? Peut-il nous dire s'il n'existe pas des pièces établissant que notre représen-

nommés par le Sénat le 22 décembre : MM. Stephen Pichon, Clemenceau, Peytral, Develle, Raticr, Poincaré, Sarrien. Milliés-Lacroix, Charles Dupuy, Ribot, Lozé, Méline, Jean Dupuy, Decrais, Baudin, de Courcel, de Lamarzelle, Bourgeois, de Las-Cases, Chautemps, d'Estournelles de Constant, Monis, Chapuis, Trouillot, Paul Strauss, d'Aunay. A la suite de la formation du Cabinet Poincaré, M. Ribot remplaça M. Bourgeois à la Présidence, et M. Pierre Baudin fut nommé rapporteur à la place de M. Poincaré.

tant à Berlin s'est plaint de l'intrusion de certaines personnes dans les relations diplomatiques franco-allemandes ?

— Messieurs, répondit M. de Selves, j'ai toujours eu un double souci : la vérité d'une part, et de l'autre le devoir que m'impose ma fonction. Je demande la permission de ne pas répondre à la question que vient de m'adresser M. Clemenceau.

Le soir même, dans une lettre où se trouvaient reproduits les termes mêmes de cette réponse, M. de Selves adressait sa démission au président delà République'. Deux jours après, M. Caillaux était démissionnaire, et le 13 janvier, en une seule journée, M. Poincaré constituait un nouveau cabinet.

Le 5 février, sur le rapport de M. Pierre Baudin, le Sénat entama la discussion du traité. Le débat prit six

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