SCÈNE X BERNARD, MICHEL, CLOTILDE
BERNARD, à SE femme, avec un geste de vague présentation.
Monsieur Renaud. {Clotilde salue gauchement, très embarrassée.)
MICHEL, du ton le plus aimable.
Je suis fixé à l'étranger depuis de longues annéesj et ce spectacle des manœuyres qui, pour tout le monde, est intéressant, l'est particulièrement pour moi... La vue des uniformes français me donne une sensation de nouveauté.
GLOTILDE
Vous allez pouvoir contempler un uniforme de très près ; nous attendons d'un instant à l'autre le colonel Hérouard.
MICHEL
Hérouard!... Bigre!... Ce n'est pas le premier venu !
GLOTILDE
Vous le connaissez?
MICHEL
Personnellement, non. Où aurais-je eu l'oc-
casion de le rencontrer?... De réputation, qui ne le connaît ?... Sa campagne au Soudan a été merveilleuse. . . C'est un brave ! . . . (Le son d'une musique lointaine a.rvive par bouffées.)
BERNARD
Écoutez!... Un régiment qui marche, musique en tête... Toutes les troupes n'ont pas encore pris leurs cantonnements. {On entend le pas d'un cheval qui s'arrête et piétine devant la grille, puis un bruit de voix.) Eh ! qu'est-ce que voici? [Bernard etClotilde vont tous deux k la porte vitrée,)
CLOTiLDE, arrivée la première.
Le colonel !...
BERNARD, 86 précipitant derrière elle.
A-t-il quelqu'un pour tenir son cheval?
CLOTILDE
Oui, son ordonnance est là!... Sonne vite pour
qu'on lui fasse voir l'écurie. {Bernard court à un bouton électrique, à gauche, au premier plan.) Le colonel ne sait où aller, montre-toi ! {Bernard, après avoir pressé sur la sonnerie, revient a pas précipités et sort sur le perron. Pendant le commencement de la scène suivante, la musique militaire, dont le bruit n'était d'abord perceptible que d'une manière intermittente, augmente peu a peu de sonorité. Au bout de quelques répliques, on distingue Vair c^ui est joué.)