‹ Le coup d'aile; pièce en trois actesChapitre 26 sur 35 · SCENE VII CLOTILDE, MICHEL, HÉROUARD, BERNARD, JEANNE · texte numérisé non relu

SCENE VII CLOTILDE, MICHEL, HÉROUARD, BERNARD, JEANNE

CLOTILDE, au colonel, qui vient luise7Ter la main.

Déjà sanglé, éperonnè, botté, colonel!...

HÉROUARD

Eh ! oui, madame, on va me réclamer bientôt.

CLOTILDE

Vous n'avez pas été trop à Tétroit dans votre

chambre? J'ai un remords de vous l'avoir donnée... Elle n'est pas très grande, et, ce matin, en me réveillant, je me suis souvenue de vos explications au sujet du drapeau... Un camarade encombrant, avez-vous dit...

HÉROUARD

Trop aimable de vous inquiéter pour si peu... J'ai occupé toute la place à moi seul. Le portedrapeau, apprenant que la chambre voisine n'était pas habitée, y a déposé le drapeau.

CLOTILDE

C'est vrai !... la chambre bleue, entre celle de mademoiselle Froment et la vôtre... Comment n'y avais-je pas pensé ?

BERNARD, il CloiUde.

Dis donc, ma femme, l'heure avance ; il est temps d'ofl'rir à déjeuner au colonel.

CLOTiLDE, haussant les épaules.

Sois sûr, mon ami, que j'y ai pensé depuis longtemps.

HÉROUARD

Cher député, on m'a gâté ! J'ai déjeuné au saut du lit. Me voilà prêt à recevoir mes hommes.

MICHEL

Je suis étonné que vous alliez si tard à la manœuvre.

HÉROUARD

Pardon, monsieur Renaud, je ne vous voyais pas... Il n'y a pas manœuvre, aujourd'hui... Nous changeons de cantonnement. Comme la chaleur est très supportable, j'ai décidé qu'on ferait grasse matinée... Et mes gaillards en prennent à leur aise... (Tirant sa montre.) Ils doivent être ici dans deux minutes, et rien ne

s'annonce encore... Ça s'appelle heure militaire!... Vous qui sortez de Jossigny, donnez moi des nouvelles... Est-ce que le régiment se dispose à partir ?...

MICHEL

Je n'arrive pas du village... Depuis le point du jour, je me promène.

HÉROUARD

N'est-ce pas vous que j'ai aperçu de ma fenêtre, rôdant sur le haut de la falaise, de l'autre côté du jardin?

MICHEL

Cela se peut ! J'étais en avance, et, depuis un bon moment, je flâne aux environs.

HÉROUARD, s' approchant de Michel.

Je vous avertis que votre pantalon est déchiré... Là... contre le genou.

MICHEL, après a,voir exsLmine.

C'est en passant par-dessus la barrière du jardin... je me suis accroché.

HÉROUARD

Vous n'êtes pas entré par la grille ?

BERNARD

Est-ce que les portes sont faites pour lui?... Hier déjà, il est entré dans le jardin comme un voleur. . .

MICHEL, montrant Hélène qui entre.

Et voici une jeune ûlle à laquelle ma présence inopinée a causé une peur bleue... Elle lisait tranquillement et, tout à coup, me voit devant elle...

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