‹ Le coup d'aile; pièce en trois actesChapitre 27 sur 35 · CLOTILDE, MICHEL, HÉROUARD, BERNARD, JEANNE, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

CLOTILDE, MICHEL, HÉROUARD, BERNARD, JEANNE, HÉLÈNE

HÉLÈNE, interrompant Michel.

Non, monsieur, je n'ai pas eu de peur bleue... Un mouvement nerveux n'est pas de la peur... (Riant cVun rire un peu forcé.) Si vous me prenez pour une poule mouillée, vous tombez mal !... Je suis très résolue et le prouverai tôt ou tard.

HÉROUARD, riant.

Vous le prouvez à l'instant même.

JEANNE, à Hélène.

M. Renaud est très fier, chaque fois qu'il met en fuite une jeune fille... Je ne suis pas fâchée qu'il trouve enfin à qui parler.

MICHEL, avec une gaieté fébrile sous laquelle perce le désespoir. A Hélène.

Vous aussi contre moi!... (A Jeanne.) Et puis vous !... {Regardant vers Clotilde.) Qui encore?... A qui le tour?...

HÉROUARD, à Hélène.

Mademoiselle, vous n'avez le droit d'attaquer personne... Hier votre conduite a été navrante : mieux aimer vous tourner les pouces, que danser avec mes officiers!... C'est à dégoûter du métier militaire !...

JEANNE, à Hérouard.

Et moi, qui ai valsé toute la journée, je ne comptais donc pas!... Pourtant, ils n'avaient pas l'air si dégoûtés que cela, vos lieutenants !...

HÉROUARD, riant.

Ah ! permettez, mademoiselle, vous déplacez

la question... (Pendant qu'Hérousxd s'efforce d'atténuer sa malsidresse, Bernard s'approche de sa femme et cause avec elle à 7ni'Voix.)

BERNARD

Eh bien?...

GLOTILDE

Quelle affaire!... Il s'est presque jeté à mes pieds...

BERNARD

Le grand jeu, alors ?

GLOTILDE

Oui... « Clotilde!... Ma belle-sœur!... Votre vieux Michel !... » Tout le tremblement !...

BERNARD

Tu n'as pas faibli?...

GLOTILDE

Michel mort... Je m'en suis tenue là, non

sans peine, car il faisait pitié... (Montrant le groupe où Von discute gaiement.) Maintenant encore je lis dans ses regards une véritable angoisse... Retourne près d'eux, et prépare le colonel à nous quitter le plus tôt possible... Pour Michel, j'ai hâte qu'on en finisse.

BERNARD

Si tu t'en allais, il se sentirait plus à l'aise.

GLOTILDE

Et moi donc ! [Haut.) Jeanne, m'accompagnes-tu jusqu'à la route ? Nous verrons de loin si les soldats montent la côte ?

JEANNE

Oui, et je reviens au galop les annoncer au colonel. {Elle s'éloigne.)

HÉROUARDj la. suivant des yeux.

Me voilà pourvu d'un gracieux petit aide de

camp!... {Clotîlde et Jeanne sortent dans le jardin.)

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