‹ Le coup d'Etat de Louis BonaparteChapitre 7 sur 15 · X. — A trois heures déjà, il faisait nuit dans le · texte numérisé non relu

X. — A trois heures déjà, il faisait nuit dans le

DE LOUIS BOXAPAKTE, 121

vaste et bruyant cachot. Les sabords étaient soigneusement vissés ou verrouillés ; on n'y avait laissé, — précaution bien insuffisante contre la suffocation , — que d'étroites ouvertures de quelques pouces de diamètre, qu'on pouvait, au besoin, fermer hermétiquement, de l'extérieur, pour rendre l'étouffement complet. La confusion des premiers moments devint insupportable ; impossible de se placer ni de se reconnaître; on se pressait, on s'entassait comme dans les abominables cages du Canada ; on ne respirait plus. Quelques-uns se plaignirent à un lieutenant de vaisseau, chargé de débrouiller et de discipliner un peu ce chaos de cris et de douleui-s : u Bah! répondit-il, un peu de patience ! Nous allons lever l'ancre pour Cayenne, et, quand nous aurons passé la ligne, on vous ouvrira peut-être les sabords ! •>•> Ce fut tout, et Ton continua de se fouler, de se meurtrir et de s'étouffer.

On réussit pourtant à s'établir et camper, le long des caisses et des coffres, par divisions de quarante, partagées elles-mêmes en groupes ou i^lats de dix. Chaque division désigna un délégué, et chaque groupe un chef de plat, chargé de recevoir les vivres. Paquets et valises furent jetés dans les profondeurs des coffres où ils se mêlaient et s'égaraient, et d'où, jusqu'au bout, on ne les retira jamais, si même on parvenait à les retrouver, qu'avec des peines infinies et un intolérable dérangement.

Le hamac des marins consiste, on le sait, dans une

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