Sur la nécessité de réduire | nelles
les dépenses du gouvernement civil et de la législation, au lieu de recourir à des impots nouveaux en vue d'éviter des embarras financiers.
Le lieutenant-gouverneur exprima aussi, quoiqu’à regret, à M. le Premier, que les ordres passés en conseil pour l’augmentation des sa laires des employés du service civil lui semblaient inopportuns dans un temps ou le gouvernement rontractait à la Banque de Montréal un
emprunt d’un demi-million, avec la |
condition de porter ret emprunt à
$1,000,000, à un intérêt de 7 p. 070 ;
et, de fait, aujourd'hui même (ter mars) le lieutenant-gouverneur est obligé de permettre qu’un ordre en conseil soit passé pour procurer au gouvernement le dernier demimillion ; sans quoi le gouvernement serait dans l'impossibilité de rencontrer ses obligations, ainsi me la fait observer aujourd’hui, l’honorable trésorier provincial, par ordre du premier-ministre.
Monsieur le Premier ne fit point
connaître alors, ni depuis, au lieute- ‘ nant-gouverneur, que ie gouvernement élait dans un état de pénurie qui nécessiterait une législation spé-
ciale pour augmenter les impôts pu- |
blics.
C’est pourquoi le lieutenant-gou verneur à dit et répété ces choses au
Premier Ministre, et qu’il croit devoir les consigner ici, afin qu’elles
servent de mémoire pour lui-même et pour M. le Premier.
D’où il résulte :
10 Que, quoique le lieutenart gouverneur ait fait maintes recommandations, en sa qualité de représentant de la couronne, à M. le Premier, sar ces divers sujels d’intérêt public. ses aviseurs se sont engagés dans une voie d'actes administratifs et législatifs, contraires à ces recommandations et sans l'avoir préalablement avisé.
20 Que Fon a mis le heutenantgouverneur, sans intention malveillante, mais de fait, dans une position fausse en l’exposant à un conilit avec les volontés de la Législature, qu’il reconnaît toujours être souveraine, lorsque ces volontés sont exprimées
que |
Le lieutenant gouverneur a lu et examiné attentivement le mémoire etles documents que le Premier a eu l’obligeance de lui apoorter hier.
Il v a dans ce dossier des requêtes de plusieurs corporations municipa-
| les et de citoyens de divers endroits | adressées au lieutenant-gouverneur, à l'encontre des résolutions et du projet du bill du gouvernement au sujet. du chemin de fer Québec, Montréai, Ottawa et Occidental.
Le lieutenant-gouverneur n’a pu | prendre connaissance qu’hier de quelqués-unes de ces requêtes, parce qu’elles ne lui avaient pas été communiquées avant le dossier,
Le Lieutenant Gouverneur après | avoir murement délibéré, ne peut accepter l'avis de M.le Premier | Ministre au sujet de la sanction à | donner au bill du chemin de fer in- | titulé « Acte concernant Je chemin | de fer de Québec, Montréal, Ottawa | et Occidental. »
| Pour toutes ces causes, le Lieutenant-Gouverneur ne saurait clore ce | mémoire sans exprimer à M. le Pre- | mier le regret qu’il éprouve à l’idée | de ne pouvoir continuer à le mainte- | nir dans sa position à l’encontre des droits et des priviléges de la Couronne.
(Signé)