SCÈNE II
PARIS, Mademoiselle FALOURDE.
FALOURDE
Me v'ià, monsieur Paris, me v'ià!
PARIS
Pourquoi me faire attendre ainsi, mademoiselle Falourciep.Si cela continue, je prendrai une autre voie pour me faire servir.
FALOURDE
Ah ! monsieur Paris! moi qui me mettrais au feu pour
vous!
Mettez une bûche dans la cheminée.
faloup.de.
M'y via, monsieur, m'y v'ià... Mais vous avez bien tort de rester toujours ainsi au coin du feu; c« 1 1 vous rend triste comme tout. Vous feriez bien mieux d'aller un peu flâner du côté du canal de l'Ourcq.
PARIS
Je crains Irop l'humidité.
FALOURDE
Vous avez tant de voitures : pourquoi ne vous en servez-vous pas ?
PARIS
C'est par égard pour mes chevaux.
FALOURDE
Pourquoi ne pas mettre vos socques?
PàRIS.
Ah ! ça , c'est par égard pour moi ; quand il gèîe , c'est une invention à vous casser bras et jambes,
FALOURDE
Vous qui aviez autrefois tant de goût pour les spectacles,, pourquoi n'y allez-voos presque plus du tout?
PARIS
Dame! que veux-tu ? les uns me donnent toujours la même chose, et les antres ne donnent rien de bon... Feydeau, par exemple.
FALOURDC.
Ah I il peut se vanter de vous avoir fait courir , celuilà, avec sa jolie Dame blanche.
PARIS
Oui, qu'il m'a fait courir ; mais s'il m'y reprend jamais!... C'est que vraiment il n'y met aucun procédé...
Air : Vaudeville de T Homme vert,
La Vieille est là, chaque dimanche.
Prête à me faire sommeiller:
Marie , avec sa rohe blanche , Vient trop souvent me réveiller, Chaque soir, par un privilège , Le Maçon me chante ses airs ; Et je suis sûr qu'avec la Neig* J'ai déjà vu trois cents hivers.
Tu conviendras que c'est abuser de la patience des gens 3 moi qui suis si bon enfant t
FALOURDE
Il est sûr, monsieur Paris, qu'il faut souvent bien peu de chose pour vous faire aller.
PARIS
N'est-ce pas? j'y mets rie la bonne volonté : voilà pourquoi je voudrais que l'on fît quelques efforts pour m'attirer ou pour me retenir, afin que je n'oie pas touîr-h-fait l'air d'un imbécille... Mais je me suis bien promis d'être plus difficile cette fois, et je ne courrai a<* spectacle qu à bonnes enseignes, va. (On entend retentir un fouet dans la coulisse , et des grelots.) Qu'est-ce donc que cela? un hussard de ma petite-poste, peut-être.
FALOURDE
Eh! non... C'est le couriiei des théâtres, ce malin sournois qui fait claquer son fouet si fort... Clic, clac... le faitil claquer I II nous apporte sûrement des nouvelles toutes fraîches.
PARIS
Je suis bien sur qu'il y auia quelque paquet pour moi.
FALOURUE.
Oh!... avec lui... il y a des paquets pour tout le monde.... ( On entend le fouet > le fond s ouvre ; on voit le courrier des théâtres sur son cheval^ il en descend et vient en scène.)