SCÈNE IIÏ
Les Mêmes, LE COURRIER DES THÉÂTRES.
(Il est en bottes, un fouet à la maiiij il est chargé de deux valises : sur celle du devant on lit succès, sur celle de derrière chutes.
Eh ! bonjour.? papa Paris.
Air : Et- toujours , toujours, etc.
Clic , clic , clic, clic, clac , j'accours.
Toujours preste,
Toujours leste .
Clic, clic, clic, clic, clic, clac, j'accours Vous offrir mon joyeux secours.
Clic, clic, clic, clic, clac, je suis là, I /,.% Me voilà. - \\IS)
De vingt sociétés savantes Je suis le léger postillon ,
Des nouveautés, des débutantes, Au loin je porte le renom ; Mais quand de nobles luttes
J'annonce les effets ,
En arrière les chutes ,
En avant les succès Clic, clic, clic, clic, clac, j'accours, Toujours preste, Toujours leste ; Clic ,Clic, clic, clic, clic, clac, etc. De mon fouet , dans cette carrière, Le bruit magique et désiré Fit souvent sortir de l'ornière Le wiski de maint fat lettré»
Poètes pleins d'emphase,
Qui ne pouvez aussi
Faire marcher Pégase ,
Attendez , me voici !
Clic, clic, clic , etc.
Pour les modes, pour le commerce, Pour les sciences, pour le goût, Grand chemin, chemin de traverse, Je connais tout, je suis partout.
Oui , quelque temps qu'il fasse,
On me voit toujours prêt ;
Et je suis, au Parnasse,
Courrier de cabinet.
Clic, clic, clic, etc.
PARTS
Je suis enchanté de vous voir, mon cîier courrier; quel bon vent vous amène de ce côté ?
Clic, clac , je viens vous chercher.
Moi!
Vous même, mon cher Paris : c'est trop longt-îemps rester chez vous, les théâtres vous réclament, les plaisirs vous appellent 5 je \iens vous arracher de votre coin de feu; vous êtes là transi comme un amoureux de l'Opéra- Comique.
PARIS
Vous êtes certainement un fort bon guide... mais la saison?
Eh! bien la saison, n'est-ce pas toujours celle de la
folie, et vos mes ne sont-elles pas toujours encombrées, sel m l'usage, de Gilles, de Polichinelles ei tl'Ailequins ; ils ; m s nt incognûo, cYsi Mii, ils n'ont pas leur uniforme bigarré.. .mais qui pourrait s'y méprendre clic,
clac^ ce il est pas moi...
Air : Montagre, Montagne.
Beaux masques (Lis), en vain visus nous montrez vos traits, Beaux masques (bis) , je vous connais.
Cet écrivain qui s'achemine, Chez le grand seigneur où l'on dîne, A, certainement, ce matin, Oub'ié de passer soudain Son habit d'Arlequin.
Beaux masques (Lis) , en vain , etc.
Cette " euve , dont la sagesse Eût Tait, dit-on, pâlir I urrèce, Aurait pu prendie les habits, Que prend , aux yetrx de tout Paris, La femme à deux maiis.
Beaux masques , etc. s
J'ai rencontré, prenant leur course, Vers les colonnes de la Bourse , D'elégans un nombreux essaim, Qui n'avait pas le casaquin De Cartouche ou Mandrin.
Beaux masques, etc.
PARIS
Il voit tout, ce cher coursier.
Clic, clac -, je vois tout, j'entends tout, je suis partout j po iï-r ant je ne suis pas le Solitaire.... je m'en vante. Mais... nous perdons un temps précieux... il faut partir... Nos théâtres favoris viennent de faire de nouveaux efforts pour vous attirer j vous leur dçvez une visite...
PARIS
Je ne leur dois rien du touf...
Si ... si.... vous leur devez des encour igem^ns , monsieur Paris, car ils contribuent aussi à voire gloire... à votre prospérité.
PARIS
Je ne dis pas non.-., mais....
LE COUKRIER.
Mais.... maïs Je n'écoute rien. Vous allez monter
en croupe derrière moi 3 et , clic, clac d'un temps de
galop je \ ous c Htduis chez nos héros dramatiques nouvellement arrives, je vous présente à eux, et vous décidez par vous- même quel est celui qui mérite de vous attirer et de vous fixer.
PARIS
Au fait, cela ne peut pas me compromettre, et si je ne craignais le dégel
Eh ! monsieur, soyez tranquille, il ne dégèlera pas de si tô : le veni de note littérature est toujours au nord \ et Fiorela est encore sur 1 horizon.
PARIS
Vous me rassurez entièrement.
Eh ! la bonne.., clic, clac, la perruque de M. Paris, son habit de pasade, sou chapeau.,.. t,a canne....
PARIS
Non, donne-moi mon parapluie 5 on ne sait pas ce qui peut arriver. (Falourde apporte les habits de M. Paris.)
C'est vrai !
Air : Vaudeville de Partie carrée.
Dans ce voyage romantique
On peut trouver l'occasion De se servir de ce meuble classique
Dont vous faites provision.
Ce parapluie , il peut vous être utile; Car, pour finir l'hiver et ses rigueurs, On nous promet, au joyeux Vaudeville, Un déluge de pleurs.
{Tendant ceci , M. Paris s'est habillé, aidé par Falourde : mr son habita la française on voit peints les principaux monumens de Paris,)
Peste! le bel habit que vous avez Ih.
PARIS
Un costume de fantaisie.... tous mes moniimens.
IO
Je vois ça... la Bornée sur les poches , l'Odéon sur le dos y les Bouffes sur les bras, et l'Opéra sur les épaules. paris, habillé.
Monsieur le courrier, me voilà à vos ordres, mais à condition que nous ferons des visites très-courtes.
Quand vous voudrez partir, vous me ledirez. (lie, ..clac...
PARIS
Non , ce serait dire que je m'ennuie et je suis trop poli pour ça. Ecoutez, j' emporte mon bonnet de nuit; quand ça m'enniùVra 7 c:ac, je le mettrai, et vous donnerez le signal de la retraite.
Clic, clac, c'est convenu.
Air : Vaudeville de la Visite»
Allons, partons promptement t Allons faire notre ronde ; Aujourd'hui tout nous seconde Pour ce voyage charmant. J'ai mes pistolets d'arçon :
Car, il est un fait notoire, Les déserts de l'Odéon Sont comme la forêt noire.