‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 114 sur 200 · I. Vie de madame de Soyecourt, p · texte numérisé non relu

I. Vie de madame de Soyecourt, p

i. C'était le jeune d'Hinnisdal, âgé alor; de quatorze au*.

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n'est pas moins embarrassant. Enfin, faites comme \nu> pourrez; VOUS voyez que je ne puis VOUS aider en rien. Vous devez avoir de l'argent, ne l'épargnez pas et, si vous pouvez, donnez-en à votre sœur aînée, elle doil en a\oir besoin. Quant aux gardiens, je les paierai lorsque mes scellés seront le\és ; ils n'ont qu'à le solliciter eux-mêmes. Si vous pouviez avoir des chevaux, nous prendriez nia diligence, et si votre sieni Éléonore était en liberté, vous L'emmèneriez avec

\ous. Je VOUS conseille de prendre votre ancienne femme de chambre Imbert. Enfin, ma chère enfant, je voudrais pouvoir vous procurer toutes les douceurs de la vie; chargezvous-en vous-même. In prisonnier ne peut que faire des vneux, j'en ferai autant pour votre bonheur; le mien es! fini pour jamais. Je crois qu'il faudra nous munir de passeports. »

Le plus grand chagrin de mademoiselle Camille de Soyeeourt était de quitter Paris sans avoir pu embrasser son père. Elle recommença donc ses tentatives pour entrer dans l'intérieur des Carmes, et à force de démarches et de .sollicitations, elle parvint, non pas à être introduite auprès de M. de Soyeeourt, mais à le contempler pendant quelques instants. « Ce fut par l'entremise du valet de chambre de M. de Soyec< urt, ami du cuisinier de la prison des Carmes, qu'elle obtint cette faveur. Elle monta dans les bâtiments attenant aux chambres des détenus et vit, par une fenêtre, son infortuné père qui se promenait danslejardin. Il la reconnut aussitôt, et voulant cacheràsa fille sa vive émotion et les larmes qui inondaient son xisage, il enfonça avec violence son chapeau jusque sur ses yeux; puis, lui envoyant un affectueux baiser, il lui fit

signe de la main de se retirer au plus vite, car ceux qui approchaient de cette fenêtre étaient arrêtés et condamnés à mort. Elle s'arracha donc l'âme bouleversée de ce lieu qui renfermait l'objet de ses plus tendres affections. Cette entrevue fut la dernière l. »

Quelque temps après, M. de Soyecourt était conduit au supplice, et le surlendemain même de sa mort, sa fille aînée, madame d'Hinnisdal, condamnée aussi par le tribunal révolutionnaire, portait, comme lui, sa noble tête surl'échafaud. Enfin, comme si cette famille n'avait pas été encore assez persécutée, la troisième fille du comte , madame Eléonore de Soyecourt, épouse de M. Latour, fut mise en arrestation comme femme d'émigré et conduite au Luxembourg le 23 fructidor an n (11 septembre 1794), c'est-à-dire six semaines environ après la mort de son père ; mais sa détention ne dura pas longtemps, car elle fut mise en liberté le 8 vendémiaire an m (29 septembre 1794).

L'affaire du 5 thermidor eut pour conséquence de rendre la situation des prisonniers qui restaient plus pénible encore. Le concierge Roblâtre fut arrêté 2 le 8 du même mois, sous la prévention d'avoir facilité des correspondances avec les détenus, et il eut pour successeur un nommé Joseph Aubert, auquel les consignes les plus sévères furent transmises. C'est ce nouveau concierge que Coittant trouvait dur et rébarbatif3.

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