‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 121 sur 200 · LE SÉMINAIRE SAINT-SULPICE APRÈS LA TERREUR · texte numérisé non relu

LE SÉMINAIRE SAINT-SULPICE APRÈS LA TERREUR

M. Emery réorganise le séminaire de Saint-Sulpice. — Maison de la Vache noire. — Le séminaire devient diocésain. — Nouveau départ de M. Emery. — Dissolution de la Compagnie des Sulpiciens. — Sa réorganisation en 1816. — Démolition de l'ancien séminaire et reconstruction du nouveau.

Le départ de M. Émery ne changea rien à la situation du séminaire Saint-Sulpice. La section du Luxembourg continua à y résider, et le surplus des bâtiments resta affecté au logement des femmes de militaires de tous grades.

Cet état de choses dura jusqu'en 1803.

Cependant M. Emery, voyant une certaine amélioration dans l'ordre politique, revint à Paris et chercha peu à peuà reconstituer lesdébris de ce séminaire, qu'il avait dirigé si longtemps avec tant d'intelligence et de dévouement. Il commença par installer ses élèves dans une maison de la rue Saint-Jacques, que l'on connaissait sous le nom de Maison de la Vache Noire. Mais toutes ses aspirations tendaient à recouvrer la possession de l'ancien séminaire. Il en fit faire la demande

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en 1803 par l'archevêque de Paris, le cardinal de Belloy, au premier consul. Celui-ci y consentit d'abord; mais averti bientôt que la démolition de ces bâtiments étail indispensable pour dégager le portail deSaint- Sulpice, il revint sur sa détermination, et M. Emery se vit obligé de transférer, au mois d'octobre 1803, son uouveau séminaire dans une maison de la rue Notre- Dame des Champs; [mis, quelques muis après, il lit acheter la propriété des Filles de V Instruction chrétienne, sise à Paris, rue du Pot-de-Fer, et s'y installa.

En 1808, le gouvernement exigea que le séminaire Saint-Sulpice fut considéré, à l'avenir, comme séminaire diocésain, et on agita la question de le transférer ailleurs.

En effet, un décret, en date du 14 février 1810, contint lus dispositions suivantes :

Art 1er. Le séminaire du diocèse de Paris sera établi dans les bâtiments de Saint-Nicolas du Chardonnet.

Art. 3°. A dater de cette époque (1er mai 1810), le Bém inaire Saint-Sulpice sera ferme.

Quelques mois après, le 13 juin 1810, un ordre de l'empereur résumait ainsi la situation :

« Il convient que le séminaire de Saint-Sulpice change tout à fait de main et de nature. A dater d'après-demain, il faut qu'il ne suit autre chose qu'un séminaire du diode Paris; qu'il soit organisé en conséquence; qu'on lui donne un directeur et tous les administrateurs dont

il a besoin; qu'on n'y emploie aucun Sulpicien, et que M. Emery cesse sur-le-champ d'y remplir aucune fonction. On doit s'emparer immédiatement de la maison, qui pourrait bien être une propriété du domaine, et que, du moins, on pourrait être dans le cas de considérer comme une propriété publique, puisqu'elle appartient à une congrégation. S'il est reconnu qu'elle soit une propriété particulière de M. Émery, ou de tout autre, on pourra en payer d'abord les loyers et la requérir ensuite, sauf indemnité, comme utile à un service public. Le ministre des cultes fera connaître, dans la journée de demain, les intentions de l'empereur aux grands vicaires et à M. Émery. Lorsque le séminaire qu'on prépare sera établi, le séminaire de Saint-Sulpice subsistera comme petit séminaire.

Pour copie conforme, le ministre des cultes, Comte Bigot de Préameneu '.

Cet ordre fut notifié à M. Émery le 16 juin 1810 : aussitôtle vénérable supérieur dut quitter le séminaire, et la maison de la rue du Pot-de-Fer fut cédée au gouvernement moyennant 120,000 livres, que M. Émery employa à l'acquisition du surplus de la propriété d'Issy, dont il avait racheté une partie l'année précédente.

Les autres directeurs du séminaire furent maintenus provisoirement dans leurs fonctions; mais le 8 octobre 1811, l'empereur écrivit d'Utrecht au ministre

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