Histoire des Girondins, t. VII, p. 13 et suiv
LA CHAMBRE DE DESTOl'RNELLES. 305
effet, qui dit poème, dit rêve, caprice, fantaisie; au contraire, qui dit histoire, dit témoignage sincère, fidèle, exact, de ce qui est ou a été : l'histoire est et doit toujours être la fille aînée de la vérité.
Ainsi, pour réfuter en quelques mots les assertions de M. de Lamartine, il nous suffira de dire que l'inscription qu'il attribue à Vergniaud est écrite avec de l'encre vieillie et non avec du sang; 'que celle qui parle de Caton est signée par Destour nelles, et nous verrons plus loin que ce nom est exclusif de celui des girondins; qu'enfin la citation qu'il croit être faite par l'abbé Fauchet est tout simplement une inscription peinte sur une petite planchette en bois qui était clouée sur l'entablement de la porte '. Les religieux avaient, en effet, l'habitude de placer à l'entrée de leurs cellules quelques sentences, susceptibles d'être, pour eux, l'objet de sérieuses méditations.
Huant à nous, qui n'avons d'autre ambition que de reproduire fidèlement ce qui existe, nous avons relevé chacune de ces inscriptions, nous les a\ons examinées avec le plus grand soin, comparées les unes avec les autres, et nous sommes arrivé à cette conviction qu'elles ont été tracées non pas avec du sang, mais bien avec de l'encre, qui a pris une couleur jaunâtre par suite de l'oxydation; aussi partageons-nous entièrement, sur ce point, l'opinion de M. l'abbé Lalanne 2.
1. Cette inscription a été depuis transportée dans la bibliothèque de l'Ecole des hautes études ecclésiastiques.