‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 20 sur 200 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

M. Olier jette les fondements de la compagnie des Sulpiciens. — Création d'un séminaire à Paris. — Description du séminaire Saint- Snlpice. — Maisons de campagne du séminaire à Issy et à Vaugirard. M. Kinery, supérieur du séminaire en 1789. — Sa résolution en cas de pillage. — Visites domiciliaires. — La section du Luxembourg s'installe dans plusieurs salles du séminaire. — Fête de la Fédération. — Les fédérés au séminaire. — Décret relatif à la prestation de serment des prêtres. — Refus de la plupart d'entre eux. — Les femmes admises aux assemblées de la section. — Divers arrêtés de la section du Luxembourg. — Les cloches de Saint-Sulpice. — Motion relative à la déchéance du roi Louis XVI.

Dans les premiers jours du mois de janvier 1642, Jean-Jacques Olier, abbé de Pébrac, s'associant avec les abbés du Ferrier et de Foix, fonda à Vaugirard une communauté dont la prospérité s'accrut bien vite, et d'où sortit la célèbre compagnie des Sulpiciens. Appelé au mois d'août suivant à la cure de Saint-Sulpice, il emmena avec lui les ecclésiastiques qui partageaient son existence à Vaugirard, les logea au presbytère, et plaça dans une maison de la rue Guisarde ceux qui voulaient entrer dans la communauté. Trois ans après, ayant conçu le projet de créer un séminaire à Paris, il acheta, le 27 mai 1645, conjointement avec Antoine Raguier de Poussé, docteur de Sorbonne, et Antoine

u L'ANCIEN SÉMINAIRE SÀINT-SULPICE.

Damien, prêtre de Saint-Sulpice, une propriété située rue du Vieux-Colombier, vis-à-vis celle des Canettes, i propriété, qui se composait de trois corps de bâtiments, avec un grand jardio entouré de murailles, appartenait à M. Méliand, procureur général du Parlement de Paris, qui consentit à la vendre moyennant. 75,000 livres, qui lui furent payées comptant. Néanmoins, ce ne fut qu'en 1G49 que le séminaire Saint- Sulpice fut édifié sur les plans de Jacques Le Mercier, célèbre architecte du temps.

« La porte de ce séminaire, dit Sauvai, semble une alcôve. L'architecture en est simple, mais très-bien entendue en toutes ses parties, tant dedans que dehors. Ce bâtiment est des mieux percés, et si les fenêtres de la façade de derrière du corps de logis étaient en correspondance à celles du dedans, ce serait un édifice accompli ; les pierres sont si bien assises et cimentées, qu'il semble d'une seule pierre, et enfin n'a pour ornement qu'une corniche qui le couronne dedans et dehors, garnie simplement de ses dentelures *. »

Ce séminaire, qui occupait l'emplacement réservé aujourd'hui à la place Saint-Sulpice et à partie du séminaire actuel, avait sa façade principale sur la rue du Vieux-Colombier2. Les constructions de cette façade,

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