‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 22 sur 200 · Vie de M. Emery, t. I«, p · texte numérisé non relu

Vie de M. Emery, t. I«, p

2. Cette communauté, transférée en 1664 dans 1rs bâtiments de l'ancien Collège de Laon, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, fut mise à cette époque sur le même pied que les trois annexes du grand séminaire; on s'y livrait aux études ecclésiastiques.

Ces détails étaient indispensables pour bien comprendre les événements que nous allons avoir à retracer plus loin.

An moment où la révolution éclata en France, M. Eiiicn é'tait supérieur du séminaire de Saint-Sulpice. Il avait été nommé le 10 septembre 1782, en remplacement de M. Le Gallic, dont les infirmités entravaient l'accomplissement de fonctions aussi laborieuses. M. Émery, né à Gex le 26 août 1732, était un de ces hommes rares qui à la bonté du cœur savent joindre la fermeté du caractère : l'histoire de sa vie en est une preuve constante.

Dès qu'il apprit la convocation des États généraux, quoique étranger à la politique, il ne se dissimula pas la gravité de la situation, et toute sa sollicitude fut de sauvegarder les intérêts qui lui étaient confiés. Ne redoutant rien pour sa propre personne, mais craignant tout pour celle des ecclésiastiques qui étaient sous sa surveillance, il n'hésita pas, dans maintes occasions, à s'offrir lui-même au danger pour l'éloigner de leurs têtes. C'est ainsi que le 12 juillet 1789, apprenant que certains rassemblements auxquels on avait distribué des armes, manifestaient l'intention de se porter vers • le séminaire de Saint-Sulpice pour le piller, il fit disposer à l'avance du pain, du vin et quelques sacs d'argent, et déclara aux séminaristes qui l'entouraient, que, si les factieux se présentaient, il irait seul au-devant d'eux et leur dirait : « Voulez-vous boire et manger? voilà de quoi. Voulez-vous de l'argent? je vais vous en donner.

38 I. \N< li:\ sêminIire SAINT-SULPICE*

Voulez-vous du sang? versez le mien, mais épargnez celui de ces enfants! ' »

Grâce à Dieu, il n'en lut pas ainsi : la maison de Suiii>-Li/.uv i'i it pillée et incendiée ce jour-là, mais le séminaire fut épargné.

Quoi qu'il en soit, M. Emery crut prudent de renvoyer dès le lendemain les séminaristes dans leurs familles 2 ; quant à lui, il resta à son po'ste avec une quarantaine d'élèves qui n'avaient pu partir en même temps que les autres.

Plus d'une fois alors le séminaire fut l'objet de visites minutieuses de la part des commissaires de la municipalité, qui voulaient s'assurer par eux-mêmes s'ils n'y trouveraient pas la trace de ces accaparements tant reproché- aux prêtres. Inutile de dire que ces visites n'a-

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