Vie de M. Emery, t. I", p
2. Voici comment un des anciens élèves raconte cette première dispersion :
«Comme la plupart des jeunes gens voulaient partir sur-le-champ, et qu'il y aurait eu de l'imprudence à sortir en habit ecclésiastique, on fit venir au séminaire des fripiers pour se travestir. M- de Stadler, après s'être déguisé de son mieux, monta en diligence; mais quoique les voyageur- - passe-ports, on conduisait toutes les diligen-
ces à l'hôtel de ville, dont la place était couverte par une populace immense. On poussait des cris de menace contre les voyageurs, qu'un traitait de lâche-, qui refusaient de secourir les Parisiens! Enfin, on fit monter les voyageurs à l'hôtel de ville pour savoir les raisons que chacun avait de quitter Paris. M. de Stadler et ses compagnons dirent qu'étant étudiants et les cours étant finis, ils désiraient retourner dans leurs familles. Leur motif fut jugé légitime; mais au lieu de remonter en voilure, où ils auraient pu être massacrés, ils entrèrent dans la foule et se rendirent à la barrière par où la diligence avait coutume de passer. Il» attendirent vainement: toutes les diligences furent - ; de sorte qu'ils furent contraints de commencer leur voyage a pied et arrivèrent ainsi à Meaux. » [Documents inédits particuliers.)
boutirentà aucun résultat, si ce n'est à aigrir davantage les esprits. La maison de campagne du petit séminaire ne fut, elle-même, point épargnée. Le hasard a
placé sous nos yeux, il y a quelque temps, une pièce originale qui ne laisse aucun doute à cet égard, et qui
est (1 autant plus curieuse qu'elle porte la signature de l'abbé Fauchet. Cette pièce est ainsi conçue :
\>s'I-:M15LÉK des représentants de la commune de PARIS.
Comité de police.
Monsieur le président et Messieurs les commissaires du district des Théatins ' sont autorisés à faire faire, en présence d'an commissaire civil dé leur district, visite cl perquisition dans hi matsonde campagne du séminaire 'le Saint-Sulpiceà Vaugirard, pour s'assurer sil n'y a pas un magasin d'armes, et dans le cas où il s'en trouverait, de les faire transporter an district des Théatins, le tout avec leur prudence ordinaire.
Fait au comité le .'. novembre I7S9.
Signé, LebooXj L'abbé Fauchet, Isnard,
DE BONNEUH. et DtJLUC.
Nous avons vu au chapitre précédent que dans sa séance du S mai 1790 { l'Assemblée nationale avait divisé Paris en quarante-huit sections, et que le district des Carmes avait été remplacé par la section du Luxembourg.
Aussitôt que ce décret fut mis en vigueur, les sec-