‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 25 sur 200 · Réimpression du Moniteur, t. VU, p · texte numérisé non relu

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sa position devint plus inquiétante lorsqu'il s'unit d'installer le nouvel évoque métropolitain delà Seine, Jean- Baptiste Gobel. Élu le 13 mars 1791, il fut installé le 27 du même mois. Quelques jours après, un commissaire civil se présenta chez M. Émery et le prévint que s'il ne reconnaissait point l'évêque de Paris, la chapelle du séminaire allait être fermée. M. Émery répondit qu'il ne reconnaissait et ne pouvait reconnaître d'autre archevêque à Paris que M. de Juigné. En présence d'une telle résolution, les scellés furent apposés sur la porte de la chapelle, et force fut aux eccli tiques de célébrer la messe dans les chambres du séminaire.

Cependant la section du Luxembourg continuait à tenir ses séances dans les salles qui lui avaient été abandonnées, et non contente de recevoir dans son sein les citoyens actifs, ainsi que le voulait la loi, elle adoptait le programme que s'était tracé celle du Théâtre-Français, et décidait, Je 18 avril 1792, qu'à l'avenir les femmes seraient admises aux séances, ce dont elle faisait prévenir M. le supérieur du séminaire ' .

Ce dernier, du reste, sans s'immiscer en quoi que ce

1. Extrait du registre des délibérations du 18 avril 1792: « Lecture faite de l'arrêté de la section du Théâtre-Français concernant la publicité des assemblées générales de sections, plusieurs ciloyens ayant été entendus, l'assemblée a adhéré à l'arrêté de la section du Théàtre- Fiançais, à laquelle il sera fait paît de cette adhésion.

« 11 a été nommé des commissaires pour se rendre auprès de M. le supérieur du séminaire, afin de lui faire part de cette publicité des séances et de l'introduction des femmes ilans le séminaire; savoir: MM. Meusnier, Tanche, Ceyrat et Fâche. » (Archives fie In Préfecture de police.)

soit aux opérations du comité, cherchait assez volontiers à connaître les résolutions des assemblées générales, et en voyant l'agitation toujours croissante qui y régnait, il pouvail facilement se convaincre que l'horizon politique s assombrissait de plus en plus.

L'effervescence ne connut surtout pins de bornes après la journée du 20 juin. Les motions les plus violentes furent mises à l'ordre du jour et eurent toujours les honneurs d'une délibération.

Ainsi, le 4 juillet, la section adhérait à l'unanimité à un arrêté de celle des Gravilliers portant qu'il serait procédé par une adjudication au rabais, « et dans le plus court délai possible, à la fabrication d'un nombre de piques suffisant, et que les citoyens qui en seraient armés feraient en toute occasion le service public avec les citoyens armés de fusils l. »

Trois semaines après, elle se déclarait en permanence, puis imputant au bruit des cloches la difficulté que sans doute les citoyens avaient de s'entendre euxmêmes, elle prenait le singulier arrêté qui suit :

L'an iv de la liberté, le 2 août, l'assemblée générale de la section s'étant réunie dans son local ordinaire, la séance ayant été ouverte par M. l'ex-président en l'absence de M. le président,

Sur l'horrible carillon des cloches de Saint-Sulpice, qu'il semble qu'on prenne à tâche de mettre en branle dans le temps des assemblées de la section, bien qu'elle ait été plu- Bieurs fois prévenir qu'on eût égard à ne pas troubler ses dé-

1. Registre des délibérations. [Archives un la Préfecture de police.)

libérations; enfin l'assemblée n'y puu\ant tenir. Domme trois commissaire?, MM. Tanche, Lejetme et Vigneuil, à L'effet de signifier aui sonneurs qu'ils aient à ne pas troubler Les .-■■ de rassemblée et qu'ils cessent de sonner après cinq heures

du soir '.

Le même jour elle adhérait énergiquement à la motion que venait de voter la section Mauconseil, et dans laquelle « elle déclarait de la manière la plus authentique et la plus solennelle à tous ses frères qu'elle ne reconnaissait plus Louis XVI pour roi des Français. »

Voici comment cette adhésion est consignée sur le registre des délibérations :

On annonce une députation de nos frères de la section Mauconseil, qu'on reçoit avec une cordialité unanime. L'orateur étant invité par M. le président à la tribune, l'ait lecture de l'arrêté de la section à l'effet de prendre les mesures de vigueur requises par le moment critique annoncé par le cri d'alarme de l'Assemblée nationale : de suite il a fait pari d'une adresse à tous les citoyens du département de Paris, par laquelle la section Mauconseil, exprimant avec la plus grande énergie le souverain mépris qu'elle a -pour un roi parjure et couvert de forfaits qu'il ne eessede commettre, déclare qu'elle abjure le serment de Lui être tidèle comme surpris à sa foi.

D'ailleurs elle invile tous les citoyens du département de Paris à suivre son exemple, fondé sur ce principe de toute ancienneté que :

Le devoir le plus saint, la loi la plus chérie, Est d'oublier la loi pour sauver la pairie.

M. le président répond au nom de l'assemblée que, pénétrée

1. Registre des délibérations de la section du Luxembourg. (Archives de la Préfecture de police.)

des mêmes sentiments patriotiques exprimés avec tant d'énergie, elle s'empressera de prendre L'adresse et l'arrêté dans la plus haute considération, el qu'elle fera passer incessamment son arrêtée nos frères de La section Mauconseil à ce sujet, dont elle s'occupait lorsque la députation est entrée.

I îsemblée étant alors très-nombreuse, on a demandé une seconde lecture de l'adresse de l'Assemblée nationale, qui n'a pas moins reçu d'applaudissements que la première. Cette adresse est adoptée unanimement. Immédiatement après, on met en délibération l'arrêté de la section Mauconseil, et sur L'observation qu'il faut d'abord chercher à sauver la patrie par l<> moyens qui sont dans la Constitution, adhère à l'arpour le moment, en tout ce qui y est conforme.

On ne pouvait mieux préluder à la journée du 10 août.

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