‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 32 sur 200 · Proc.-verb. de l'Ass. //«r., t. XII, p · texte numérisé non relu

Proc.-verb. de l'Ass. //«r., t. XII, p

56 V H RESTATION DE? PRETRES

justice endormie reprendra aujourd'hui ses droits; tous les coupables vont périr sur l'échafaud '. »

En même temps, elle transmettait à toutes les sections des instructions nécessaires pour procéder à l'arrestation des nobles et des prêtres et conduire ces derniers soit au séminaire de Saint-Firmin 2, soit à l'Abbaye, soit à l'église des Carmes, qui devait être ainsi transformée en prison.

La section du Luxembourg, dont l'esprit révolutionnaire s'était déjà manifesté d'une façon si violente dans maintes occasions, applaudit à de pareilles mesures, et le zèle qu'elle mit à les exécuter fut d'autant plus grand que dans sa circonscription les maisons religieuses étaient plus nombreuses que partout ailleurs.

Les rigueurs dont les prêtres allaient devenir l'objet étaient connues de tout le monde, et les menaces dirigées contre eux étaient telles que Mahieu, prêtre constitutionnel désigné comme curé de la paroisse de Saint-Sulpice, écrivit à Pétion la lettre suivante :

Monsieur, Je crois qu'il est essentiel de vous prévenir que l'on se propose de fondre, demain dimanche, sur tous les polies réfractaires qui ont coutume de dire la messe dans les diffé-

1 . Proc.-verb. de la Comm. de Paris, séance du 11 août 1792.

2. Ce séminaire appartenait aux Pères de la mission de la maison de Saint-Lazare; il était situé rue Saint-Victor, au coin de la rue des Fossés Saint-Rernard.

En 1818, on instilla les jeunes aveugles dans une partie des bâtiments, où ils restèrent jusqu'en 1843. Dix ans plus tard, l'ouverture de la rue du Cardinal-Lemoine fit abattre une portion de cet ancien séminaire. Le surplus servit de caserne à la garde de Paris.

renies communautés religieuses qui se trouvent dans l étendue de la paroisse que l'assemblée électorale vient, à votre recommandation, de confier à mes soins; pour é\iter tout malheur, tout scandale, toute effusion du sang humain, ne serait-il pas à propos que vous donnassiez des ordres pour fermer les portes de ces sortes d'églises? quoique rien n'échappe à la vigilance de celui que nous pouvons regarder comme le libérateur de la France, je me hasarde à lui faire part de mes vues charitables.

Recevez les nom elles assurances de ma reconnaissance et de mon respectueux dévouement.

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Mahiec, Curé désigné de la paroisse Saint-Sulpice *. Ce 11 août, l'an iv de la liberté.

Cette lettre fut transmise aux administrateurs de police, et l'un d'eux mit le 18 août, sur l'original, la note suivante : Cet avis na plus d'objet.

En effet, dès le 11, c'est-à-dire le jour même où Mahieu écrivait, une cinquantaine de prêtres furent arrêtés et conduits d'abord au comité de la section du Luxembourg, au milieu des huées d'un peuple nombreux qui demandait leurs tètes à grands cris. « Arrivés à ce comité (le séminaire), dit l'un de ces prêtres, on nous fît subir un interrogatoire, et sur la déclaration que nous finies que nous étions prêtres insermentés, on jugea qu'il fallait s'assurer de nos personnes, et après avoir arraché les cannes de ceux d'entre nous qui en avaient, on nous conduisit à dix heures du soir

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