résulte d'un état M» archives de l'hôtel de ville que
vf-ntf ?* montait à plus de 3,000 livres par mois.
APPARITION DBS CARMES KN FRANCE. 11
des brevets par le roi les 15 février 177:! el '.) janvier 177G; mais quand ils en sollicitèrent un troisième, ils trouvèrent une certaine résistance de la part <los pharmaciens, et la difficulté ne fui aplanie qu'au mo\ en d'une transaction par laquelle les Carmes-Déchaus s'engageaient à payer au collège de pharmacie une somme annuelle de mille livres '.
Outre l'eau de mélisse, les Carmes avaient encore inventé une sorte d'enduit appelé blanc des Carmes, qui recevait un poli semblable au marbre et se conservait très-longtemps.
Sous le rapport religieux, leur couvent ne laissait rien à désirer. C'était l'un des plus austères et des plus réguliers de Paris 2, et suivant Jaillot 3, ces révérends pères « se rendirent utiles à l'Eglise par leurs vertus, leurs prédications et par les ouvrages qu'ils ont publiés. »
1. Voici le texte de cette transaction, passée le 4 octobre 1780 en l'étude de Me Lefebvre, notaire, rue de Coudé :
1» Messieurs les prévosts des maistresen pharmacie et leurs successeurs
n'apporteront aucua trouble, empêchement à l'exécution des brevets et
permissions que les religieux Carmes obtiendront deSa Majesté pour la
position, vente et distribution de leur eau de mélisse, dite des
Carmes ;
2° Les religieux Carmes se renfermeront dans la composition, vente et distribution de ladite eau, et payeront chacun an au collège de ' pharmacie, entre les mains des prévosts dudit collège, la somme de 1,000 livres en deux payements égaux, dont le premier se fera six mois après le jour où le brevet de Sa Majesté, contirmatif des précédents, a été accordé aux Carmes, et les autres payements continueront d'être faits de six mois en six mois, tant que les Carmes jouiront de ladite permission.
(Archives de l'hôtel de ville de Paris.)
-2. Felibien. Histoire de la ville de Paris. T. II, p. 1284.
3. Recherches sur Paris (1774). Quartier du Luxembourg, p. S,
\i APPARITION DBS CARMES EN FRANCE.
I môme témoignage leur est rendu par l'auteur 'uriosités de Paris. « On ne saurait trop, dit-il,
estimer ces Pères, tant pour leur piété singulière que pour l'observance de l'austérité de leurs règles (. »
Indépendamment du couvent delà rue de Vaugirard, les Carmes-Déchaussés possédaient encore une maison de noviciat à l'extrémité du village des Carrières, près de Charenton. Cette maison leur avait été donnée en 1615 par Charles Bailly, président à la chambre des comptes, et par Christine Leclerc, son épouse. Le noviciat y fut transféré le 2 août 1017.
II existait, à ce qu'il paraît, au même endroit un écho surprenant qui répétait jusqu'à trente fois les sons qui lui étaient transmis. Cet écho se trouvait surtout ménagé par un vieil édifice que les religieux furent obligés d'abattre. Cet incident', qui mit en émoi tout le voisinage, inspira à un poëte les vers suivants :
« Voce meâ audits 1er sena vocabula reddens,
Echo perstiterat dicta Charentonia :
Nunc, postquam ascetis sedes œdesque parata est
(Ballivi sumptu prœsidis eximii), [neuleans voces recitantium cantica fratrum
Personat innumeris nocte dioque tonis. »
Non loin de ce noviciat, les Carmes firent bâtir, comme à Paris, plusieurs maisons qu'ils louèrent à des particuliers. L'une d'elles était occupée, dit-on,
1 . Curiosités de Paris, par L. R. (Leroux), 1733. T. III, p. 78.
APPARITION DES CARMES EN FRANI I 11
par M. d'Argouges, un des plus grands magistrats qui
aient siégé au Châtelet'.
Quelques années après sa création, le couvenl de la rue de Vaugirard fut, contre son habitude, l'objet d'une animation extraordinaire; voici dans quelles circonstances :
Le pape Grégoire XV venait de procéder le \2 mars 1G22 à la canonisation de sainte Thérèse de Jésus, fondatrice des Carmélites. Aussitôt que cette heureuse nouvelle se fut répandue en France, les religieux et religieuses du Mont-Carme] célébrèrent pendant huit jours entiers des fêtes solennelles. « Leurs églises étoient richement ornées de tapis exquis, de tableaux, de lampes et de cierges pour exciter le peuple à la dévotion. Sa Saincteté y ayant octroyé planière indulgence, il s'y voyoit un grand nombre de personnes de toutes qualitez communier et recevoir le sainct sacrement -. »
Ce qui contribua surtout à grossir la foule, certain soir, ce fut un feu d'artifices qu'on tira du haut de l'église des Carmes-Déchaussés sur les onze heures, et dont la reine voulut faire les frais. La poudre ne fut pas épargnée, et si on en croit certain rimailleur du temps,
« Il ne s'est vu tant de fusées Qu'il n'en fut jeté la soirée De la sainte mère Thérèze. »