‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 47 sur 200 · DOCUMENT RELATIF A L ARRESTATION DE L ABBE SEGUIN · texte numérisé non relu

DOCUMENT RELATIF A L ARRESTATION DE L ABBE SEGUIN

Copie d'une lettre déposée au comité de la section du Théâtre français et de Marseille.

« Je te souhaite bien le bonjour, mon très-cher ami, la paix et lajoye du Saint-Esprit, soyons bien unis à Dieu de cœur et d'esprit, et parfaitement soumis à sa très et très adorable volonté : Vive, vivimus, sive morimur domini summi; défais-toi incessamment de toutes tes brochures pour ou contre les affaires présentes. Jésus, Marie, Joseph. Je t'embrasse de tout mon cœur. Fait passer ce billet à notre bon ami.

«Tu peux jetter tout cela dans les latrines, ou les brûler si c'est plus sûr. »

Copie conforme à l'original resté au comité de surveillance de la section du ThAtre français et de Marseille, ce jourd'hui, 17 août 1792.

Le comité de surveillance du Théâtre Français et de Marseille l'ail passer au comité du police d'administration à la maison commune, copie d'une lettre cy-dessus, pour qu'elle prenne des mesures pour s'assurer de la personne du sieur Seguin, prêtre réfractaire, demeurant rue Saint-Jacques, maison de M. Blanchon, marchand épicier, porte Saint-Jacques. l'ait au comité de surveillance de la section du Théâtre français et de Marseille, ce jourd'hui, 17 aoùl ITHi.

Signé : Boucheb Saint-Sauveur, président; Defavanne, commissaire faisant fonctions de secrétaire.

Au haut t\\\ verso, on lit de la main de Panis : . Fait le 18 août mutin. C. a. 't.. donné le mandat oVarrét.

« Signé : Panis. »

PROCÈS-VERBAL L)F. L'INTERROGATOIRE SUBI AUX CARMES PAR L ABBÉ VERRIEZ.

L'an 1792, le 4e de la liberté, 1er de l'égalité, le jeudi 23 août, au comité de la section du Luxembourg, est comparu le sieur Jean-Hypolite Dudouit La Vilette, grenadier volontaire du bataillon de Sainte-Opportune, demeurant place du Chevalier-du-Guet, n° 11.

Lequel nous a dit qu'étant, il y a un instant, au couvent des Carmes pour y faire acquisition d'eau de mélisse, un des volontaires de Liarde à ce couvent a présenté au comparant une lettre cachetée qu'il avait arrêtée sur un particulier qui s'était présenté pour la remettre à un des prisonniers qui sont détenus dans cette maison ; que le comparant, après avoir fait l'ouverture et la lecture de cette lettre au sieur abbé Verriez, auquel elle était adressée, lequel dit sieur abbé Verriez a même requis le comparant de la décacheter en présence du sieur son frère et du sieur Toulon, volontaire du bataillon

:incs. 11 a remarque dans cette lettre différentes exins qui l'ont déterminé à l'aire quelques questions au

sieur abbé Verrie/, notamment sur le nom des personnes dé-

signées dans cette Lettre.

Que le comparant a cru devoir inscrire au verso delà première page les réponses qui lui furent faites.

Nous représentant, ledit sieur comparant, ladite lettre, laquelle est écrite sur le recto de la première paire d'une feuille de papier à lettre, commençant par ces mots : « J'ai fait passer au père Floriston, et finissant par ceux-ci : « A l'idée des moustaches prussiennes et autrichiennes, » datée en bas du 17 août 1792 et sans signature.

Ladite lettre timbrée d'Arras, avec le n° 61, à l'adresse du sieur abbé Verriez, hospice de Saint-François de Salle, à lcy (sic), près Paris,

Et a ledit sieur La Villettc signé.

Ainsi signé : Daubanel et La Villette.

Sur quoi le comité a ordonné qu'un de ses membres se transporterait à l'instant audit couvent des Carmes pour y interroger le sieur abbé Verrier sur les faits contenus en ladite lettre, à l'effet de quoi remise d'icelle a été à l'instant faite à M. Daubanel, chargé de cette mission.

Ainsi signé : Daubanel et Dinanceau, commissaires.

Et le même jour nous, Charles Daubanel, commissaire de la section du Luxembourg, en conséquence de la délibération ci-dessus, nous sommes transporté audit couvent des Carmes, où, étant dans un salle ayant vue sur le jardin, nous y avons fait mander ledit sieur abbé Verrier, lequel ayant été conduit par-devant nous, l'avons interrogé de ses nom, surnoms, âge, qualité et demeure,

A quoi il a répondu se nommer Pierre-Louis-Joseph Verriez, Agé de 65 ans, prêtre, demeurant ordinairement à Issy, en la maison de Saint-François de Salles.

Interrogé où il a été arrêté,

A répondu à Issy, dans sa maison, par un détachement du Finistère, et conduit devant les officiers municipaux d'issy.

Interrogé s'il a prêté le serment qui était exigé de tous les citoyens,

A répondu que non.

A lui représenté la lel Ire ci-dessus énoncée, sommé de nous déclarer s'il l'a reconnaît,

A répondu que le sieur Jumelay, portier de la maison d'issy, où demeure le comparant, s'est présenté pour lui remettre une lettre que le comparant n'a pas voulu recevoir sans qu'elle eût élé décachefée par l'officier de garde; qu'il croit fermement que c'est celle que nous lui représentons.

Interrogé s'il en a fait ou entendu faire la lecture et s'il se rappelle le contenu.

A répondu qu'il n'en a point fait la lecture, qu'il l'a seulement entendu faire, mais qu'il ne se rappelle pas le contenu.

Iuterrogé de nous déclarer le nom de la personne qui a adressé cette lettre au comparant,

A répondu qu'il ne peut dire par qui elle est écrite, qu'elle a seulement, quant au premier alinéa, rapport à M. Fauchisson fils, décédé à l'hôpital Saint-Louis, et auquel le répondant était chargé de faire passer de l'argent.

Interrogé de nous déclarer quel est le sieur Floriston dont lui répondant a fait passer des nouvelles le 22 juillet dernier, et il quelle personne il a écrit à cette époque,

A répondu qu'il ne connaît point le sieur Floriston, qu'il n'a point écrit à son sujet à l'époque du 22 juillet dernier, ni à aucune autre époque, qu'il a seulement écrit à un sieur Fauchisson, qu'il croit demeurer dans les environs d'Arras.

A lui représenté que ses réponses entortillées le rendent singulièrement suspect, puisqu'il est hors de toute vraisemblance qu'on lui eût adressé une lettre qui paraît être en réponse d'une autre qu'il aurait écrite, si, comme il voudrait

Le faire croire, il n'eût jamais connu Les individus dont il est parlé dans cette Lettre.

Sommé de répondre clairemenl et catégoriquement, A répondu qu'il persiste dans ses précédentes réponses. Interrogé s'il connaît l'écriture de cette lettre, A répondu que non. Qu'au surplus, comme les scellés sont apposes dans sa maison, il sera facile de vérifier si celle écriture a de la waisemblance avec celle du sieur Fauchisson père.

Lecture à lui faite du présent interrogatoire et de ses réponses à icelui, a dit icelles dites réponses contenir vérité, y a persisté et a refusé de signer.

El avons signé avec le sieur La Villette et les sieurs Toulon et Lecoq, présents audit interrogatoire.

Ainsi signé : Dudouit, La Villette, Lecoq, Toulon et Daiuanel.

Ce lait avons fait réintégrer ledit sieur Verrier dans ladite maison d'arrêt, d'où il avait été extrait, et nous sommes chargés de la lettre, après qu'elle a été de nous et audit sieur La Vilette signé et paraphé ne varietur; à l'égard du sieur Verrier, il a refusé de la signer, de ce interpellé suivant l'ordonnance.

Ainsi signé : Daubanel et La Villette.

Voici la lettre qui a fait l'objet de cet interrogatoire :

Mon cher abbé,

J'ai fait passer au pure de Floriston les nouvelles que vous in 'avez mandées le 22 juillet; j'ai cru, d'après cela, qu'il serait venu me voir, ou qu'il m'aurait écrit pour prendre un parti sur Le petit mobilier que son fils a laissé. Je ne vois rien. Peut-être vous aura-t-il écrit?

Nous ne savons rien des horreurs du 10, si ce n'est que le roi est au Temple et qu'il y a bien six mille morts. Tous les

FT LEUR INCARCÉRATION. Ml

journaux- sont arrêtés. Ayez la boulé de me donner quelques détails de ce massacre et de ses suites. Faites, en tout cas, mettre votre lettre à la poste ailleurs qu'à Paris.

Le club est ici enragé après les prêtres. Le département rient, par complaisance pour ces messieurs, d'arrêter que dès que vingt citoyens d'une section s'accorderaienl à affirmer qu'un tcd, prêtre, est perturbateur du repus publie, ce prêtre sera renfermé.

On débite que la ville de Lille est sommée de se rendre. Celle nouvelle n'est pas sans vraisemblance; mais je la trois prématurée. Tout le monde tremble dans ce département : les honnêtes gens à la vue des fureurs des sans-culot les : ceux-ci à l'idée des moustaches prussiennes et autrichiennes. Ce 17 août 1792.

A Monsieur,

Monsieur l'abbé VERRIEZ, hospice de Saint-François

de Sales, a Issy, prés Paris.

A Paris.

PROCÈS-VERBAL I)' ARRESTATION DE I.'aBBÉ SAINT-SIMON.

L'an 1792, l'an 4e de la liberté et le ter de l'égalité J, nous, commissaires soussignés, en vertu d'un pouvoir à nous donné par l'assemblée générale du Luxembourg, avons interrogé le le sieur Léon Armand de Saint-Simon, demeurant rue Cassette, n' 10, lequel a répondu qu'il ignorait la cause de sa détention.

Interrogé quel était son état,

Nous a répondu être prêtre, avoir été grand vicaire d'évèque pendant trente ans.

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