‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 49 sur 200 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Agitation dans Paris le 1er septembre 1792. — Proclamation de la Commune de Paris. — Redoublement de surveillance dans l'église des Carmes le 2 septembre. — Motion faite à la section du Luxembourg. — Envahissement du couvent des Carmes par les massacreurs. — Épisodes du massacre. — Liste des victimes.

La veille du 2 septembre, un bruit sinistre avait circulé dans Paris : on annonçait que les Prussiens, sous les ordres de leur roi et de Brunswick, étaient venus investir la ville de Verdun et qu'ils l'avaient sommée de se rendre. Aussitôt le comité de défense générale s'était réuni, et on avait discuté les moyens les plus efficaces pour conjurer les dangers qui menaçaient le pays. Quelqu'un ayant proposé de transporter le siège du gouvernement à Sautnur : « Non, s'écria Danton, la France est dans Paris; si vous abandonnez Paris à l'étranger, vous vous livrez et vous lui livrez la France. C'est dans Paris qu'il faut se maintenir par tous les moyens ; mais il ne faut pas songer à combattre sous les murs de la capitale : le 10 août a divisé la France en deux partis, dont l'un est attaché à la royauté et l'autre veut la république. Celui-ci est le seul sur

lequel vous puissiez compter pour combattre. L'autre se refusera à marcher; il agitera Paris en faveur de l'étranger, tandis que vos défenseurs, placés entre (ki iv feux, se feront tuer pour le repousser. Mon avis esl que, pour déconcerter ses mesures et arrêter l'ennemi, il faut faire peur aux royalistes. Oui, vous dis-je, leur faire peur ! ! ! »

Du comité, Danton courut à la Commune, et le lendemain matin, les habitants de Paris, en se réveillant, virent placardée sur tous les murs la proclamation suivante :

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