INHUMATION DES PRÊTRES MASSACRÉS
blessures dont chacun révélait l'existence. En conséquence, la section du Luxembourg pril de suite les mesures nécessaires pour les faire inhumer le plus tôt possible, et elle confia ce soin à Daubanel, son secrétaire. Celui-ci se rendit le 3 septembre dès le matin au couvent des Carmes, fit rassembler tous les corps sous un if situé auprès des bâtiments, et chargea plusieurs individus de procéder à l'enlèvement des vêtements dont ils étaient encore couverts. Mais bientôt ces mêmes individus élevèrent la prétention de bénéficier seuls de cette noble défroque. On en référa àla section, qui prit un arrêté par lequel elle enjoignit de ne donner qu'un habit à chacun d'eux et de distribuer le surplus aux pauvres i.
Quelque temps après, deux grands chariots furent amenés dans le jardin du couvent, et après les avoir remplis de cadavres, on les dirigea vers le cimetière de Vaugirard 2. Là, en face delà petite porte du milieu,
1. Cet arrêté est constaté par le procès-verbal des délibérations, ainsi qu'il suit :
« Du 3 septembre.
« L'assemblée a arrêté, d'après la dénonciation d'un membre, que les personnes employées à la dépouille des morts, aux Carmes, voulaient s'emparer de leur dépouille, elle a nommé M. Hurtin pour s'y transporter et prévenir M. Daubanel qu'il leur soit seulement délivré à chacune un habit, et que le reste ou le produit sera distribué aui pauvres. » (Archives du palais de justice, greffe de la Cour impériale.)
2. Le cimetière de Vaupirard était situé à l'extrémité de la rue de Vaugirard, en dehors de l'ancienne barrière, à droite. 11 touchait au chemin de ronde. L'emplacement enclos de murs existe encore, et ce n'est que depuis quelques mois seulement qu'on a enlevé les débris funéraires qui y étaient restés.