INHUMATION DES PRÊTRES MASSA* RÉ S
Que devinrent ces valeurs?
Ont-elles été versées dans les caisses de l'Etat?
Ont-elles, au contraire, été restituées plus tard aux familles?
Nous l'ignorons; seulement, si nous en croyons les documents qui ont passé sous nos yeux, Daubanel en serait demeuré nanti, et de connivence avec Joachim Ceyrat il se serait abstenu d'en rendre compte , lorsque les membres de la section le demandèrent *.
On fît en outre apposer les scellés dans les établissements religieux dont les supérieurs venaient d'être massacrés ; mais on ne laissa pas longtemps subsister cet
1. On lit, en effet, sur le registre de la commission d'instruction de la section du Luxembourg, ce qui suit : »
« Le citoyen Antoine Périn, homme de loi, demeurant rue Garancière, n° 1,099, a déclaré que vers la fin du mois de septembre 1792, à une assemblée générale de la section présidée par Ceyrat, sur la motion d'un membre appuyé par plusieurs autres, de faire rendre compte à Daubanel des dépouilles des victimes massacrées aux Carmes, Daubanel balbutia et Ceyrat demanda qu'on passât à l'ordre du jour, ce qui eut lieu. »
(Archives de la Cour impériale.)
Le sieur Daubanel, du reste, parait avoir été coutumier du fait, si on en juge par l'extrait suivant de la séance de la section du Luxembourg, du quintidi 15 messidor an n (3 juillet 1794) :
(t Un membre cite le citoyen Daubanel comme comptable envers la section et dit que lorsqu'ils étaient tous deux commissaires pour saisir l'argenterie de la ci-devant Miséricorde, non-seulement Daubanel n'a point rendu ses comptes, mais a toujours refusé de lui donner un récépissé des objets qu'il lui remit en mains.
« L'assemblée (présidée par Vitra), reconnaissant que Daubanel ne peut être comptable de ces objets qu'envers la Commune, passe à l'ordre du jour, entièrement motivé sur ce que le réclamant doit se pourvoir pour la décharge devant le citoyen Daubanel. »
(Archives de la préfecture de police.)
obstacle à la prise de possession des objets précieux qui y étaient renfermas '.
1. Il en fut ainsi de la Communauté de Laon; la lettre suivante le prouve :
« Du comité de la section du Panthéon français, le 4 septembre 1792, l'an ie de la liberté, le 1er de l'égalité, deux heures du matin.
« Messieurs, « Nous avons l'honneur de vous faire part que les commissaires du comité ont apposé hier les scellés à l'ancien séminaire de Laon, Monlenevièvej les supérieurs de cette maison avaient été précédemment arrêtés à la maison de campagne, à Vaugirard, et déposés au Couvent des ('arme*, vis-à-vis le Luxembourg.
\ lisons devoir vous prévenir qu'il se trouve sous les scellés
quelque? objets d'argenterie en vases sacrés, des ornements assez riches
et des objets servant au culte en cuivre, ce qui pourrait exiger que
scellés soient levés le plus tôt possible. La maison est aussi garnie
en meubles, approvisionnée en bois et en vin.
« Nous avons l'honneur d'être, Messieurs,
« Les membres du comité du Panthéon français, « Signé : Leroy, Devrochv et Joinard. »