‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 80 sur 200 · ET LES MASSACRES DE SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

ET LES MASSACRES DE SEPTEMBRE

En vain le sieur Bourgeois, montant clans la chaire, fit-il remarquer que de tels secours étaient insuffisants ; ses observations tombèrent devanl la déclaration d'un

autre membre, qui affirma que tout était rentré dans le calme au couvent; et cependant le massacre durait toujours 1

Le commandant Tanche se décida enlin à se rendre aux Carmes, où bientôt le commissaire Violette le suint. Nous avons vu le rôle que ce dernier joua dans cette circonstance. Quant au commandant, le procès-verbal de la séance de l'assemblée nous fait connaître, en ces termes, le résultat de son intervention :

M. le commandant du bataillon a fait rapport qu'il s'est transporté au couvent des Carmes pour prendre toutes les mesures convenables à l'effet de prévenir tes accidents qu'on avait lieu de craindre, relativemenl aux prisonniers détenus dans le couvent, mais que sa prudence n'a pu empêcher ces mêmes accidents. 11 observe que la force serait devenue inutile dans celte occasion ; que la multitude innombrable1 qui s'est portée a sacrifié à sa juste vengeance les prêtres perturbateurs qui riaient détenus dans cette maison.

Divers citoyens qui étaient présents à cette expédition ont assuré l'assemblée de tente la prudence que mon dit sieur le commandant avait apportée dans cette circonstance délicate.

L'assemblée, convaincue du patriotisme qui a toujours animé M. le commandant, applaudissant à la prudence qu'il a employée, a arrêté de l'aire part sur-le-champ au conseil gé-

se porte à la maison des Carmes, a autorisé M. le commandant à prendre toutes les voies suffisantes pour prévenir les accidents.»

1. Aux Carmes il y eut, tout au plus, une trentaine de massacreurs

L8fl LA COMMUNE DE PARIS

néral de la commune dos événements qui viennenl d'arriver et des circonstances qui les ont accompagnés '.

Et maintenant, comment la Commune de Paris accueillit-elle une pareille communication?

En répandant dans toute la France une circulaire ainsi conçue :

Frères et amis ,

La Commune de Paris, fière de toute la plénitude de la confiance nationale, qu'elle s'efforcera toujours de mériter de plus en plus, placée au foyer de toutes les conspirations et déterminée à s'immoler pour le salut public, ne se glorifiera d'avoir pleinement rempli ses devoirs que lorsqu'elle aura obtenu votre approbation, objet de tous ses vœux, ce dont elle ne sera certaine que lorsque tous les départements auront sanctionné ses mesures pour sauver la ebose publique.

La Commune de Paris se hâte d'informer ses frères do. tous les départements qu'une partie des conspirateurs féroces détenus dans ses prisons a été mise à mort par le peuple : actes de justice qui lui ont paru indispensables pour retenir par la terreur les légions de traîtres cachés dans ses murs, au moment où il allait marcher à l'ennemi, et sans doute la nation entière, après la longue suite de trahisons qui l'ont conduite sur les bords de l'abîme, s'empressera d'adopter ce moyen si nécessaire de salut public, et tous les Français s'écrie-, ront comme les Parisiens : « Nous marchons à l'ennemi, mais nous ne laisserons pas derrière nous ces brigands pour égorger nos enfants et nos femmes. »

Frères et amis, nous attendons qu'une partie d'entre vous va voler à notre secours et nous aider à repousser les légions innombrables de satellites dos despotes conjurés à la perte des

1. Archives du i alais de justice; grpff<> de In cnur impériale.

ET LES MASSACRES DE SEPTEMBRE. «y

Français. Nous allons ensemble sauver la patrie et nous vous devrons la gloire de l'avoir retirée de L'abîme.

Les administrateurs du comité de salut public et les administrateurs adjoints ;

Signé, P. J. Diplain, Panis, Sergent, Lenfant, Jourdeuil, Marat, l'ami du peuple; Deforgues, Leclerc, Duffort, Cally, constitués pur la commune et séant à la mairie.

A Paris, le 3 septembre 1792.

N. B. Nos frères sont invités à remettre cette lettre sous presse et à la faire passer à toutes les municipalités de leur arrondissement '.

En présence d'un tel document, qui pourrait nier encore que non-seulement la Commune de Paris a applaudi aux massacres de septembre, mais qu'elle les a organisés? Autrement, comment expliquer cette approbation qu'elle sollicite, et cette invitation qu'elle adresse aux départements de sanctionner les mesures qu'elle a prises pour sauver la chose publique! autrement, comment admettre que, alors que tout était fini pour Paris, elle excite la nation entière à adopter ce moyen si nécessaire de salut public, excitation qui, malheureusement, ne resta pas sans effet, à en juger par ce qui se passa dans plusieurs villes, notamment à Versailles, à Lyon, à Reims et à Meaux 2?

Et cependant, plus d'une fois, on a cherché et on

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