‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 84 sur 200 · F.T LES MASSACRES DE SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

F.T LES MASSACRES DE SEPTEMBRE

ur la journée du 2 septembre, les mêmes principes, savoir : que nous gémissons sur les maux particuliers qu'elle a produits; mais que sans cette journée, la Révolution ne se serait jamais accomplie... Manuel pas assez étranger aux révolutions pour savoir que ce tocsin qu'il a fait sonner, ce canon d'alarme qu'on a tin* el qui disait aux citoyens de voler à C.hâlons, ne leur disail pas aussi d'abandonner leurs femmes, leurs enfants, à la merci des ci inspirateurs '...»

Elle tombe aussi devant l'énergique protestation de L A.vni.N us, lorsque, repoussant une pétition présentée par la section de Marseille, il s'écria, le 8 février J 793, an sein de la Convention :

« Il s'est élevé des nuages sur la nature de ces affreuses exécutions de septembre. On a dit que c'était l'effet d'émeutes populaires. Je vous demanderais aussi l'amnistie, si je le croyais, si je faisais à ce bon peuple de Paris, auquel on ne peut reprocher que trop de faiblesse, l'outrage de croire qu'il a commis ces affreux massacres ; mais il est trop connu que ce fut un complot de cinq à six tyrans exécuté par quelques brigands stipendiés, un complot inutile à la liberté. Il faut que les tyrans proscripteurs, comme les rois tyrans, périssent sur l'échafaud, ou qu'ils fuient loin d'une terre qu'ils ont déshonorée aux yeux de la postérité, aux yeux de toute l'Europe. Il est connu que les listes furent dressées par des hommes en place; on sait par quels

1. Moniteur du 14 novembre 1792; réimpression, t. XTV, p. 4ti3.

194 l v COMMUNE DE PARI?, ETC.

ordres les victimes furent amoncelées dans les prisons:

on sait que les bourreaux salaries recevaient 100 par tête, et des registres de sections, des registres de la Commune portent en ligne de compte le prix de ces forfaits... 11 est donc vrai que ce furent, non pas des émeutes, mais des vengeances particulières; non pas des violences inopinées, mais des complots, mais des proscriptions. »

Elle tombe enfin devant l'aveu de Tallien lui-même, quand, se voyant jeter à la face les mots de massacreur de septembre, il répondit avec indignation :

« Il en est beaucoup qui ne m'accusent d'être un égorgeur du 2 septembre que pour mieux étouffer ma voix, parce qu'ils savent que j'ai tout vu. Ils savent que je me suis servi de l'autorité dont j'étais alors dépositaire pour sauver du glaive des assassins un grand nombre de personnes; ils savent que moi seul, au milieu de la Commune, j'osai me jeter à travers cette foule sanguinaire pour empêcher qu'on violât les dépôts confiés à la Commune. Je défie à qui que ce soit de me reprocher, non pas un crime, mais la moindre faiblesse. J'ai fait mon devoir dans cette occasion;. je le ferai encore en démasquant les provocateurs de cette journée sanglante qui siègent parmi nous. »

Quoi de plus concluant!

Page 1