Moniteur du 4 février
journées des '2 el :f septembre! Poursuivez donc aussi les auteurs des massacres du Champ de Mars, de la Chapelle el d|
Nancy : poursuivez donc aussi les infâmes auteurs des pétitions contre-révolutionnaires
Représentants, ceux qui l'ont un crime au peuple des premières journées de septembre sont les mêmes qui applaudissaient à celles du 17 juillet. Us seraient déplorables, ces événements, dans un temps calme; mais au sein d'une insurrection sanglante, ne peut-on donc les excuser ?
Si la morale les réprouve, la politique les justifie, et il en sera ainsi toutes les fois qu'au lieu de faire pour on fera contre le peuple qui, dans sa juste vengeance, peut se tromper ; et comme l'a dit un de vos membres, Isnard, les vengeances populaires sont un supplément au silence des lois
Cette procédure ridicule qu'on veut intenter contre les auteurs des journées de septembre n'est qu'un échafaudage contre-révolutionnaire bâti par les ennemis de la république; c'est pour leur arracher le masque que nous venons à votre barre vous demander le rapport du décret qu'ils vous ont surpris; vous le devez au peuple encore plus qu'à votre global et si ce que nous vous disons ne suffisait pas, nous citerions un rapport que vous a fait le ministre de la justice qui a pensé comme nous.
Ce décret a déjà donné lieu à une procédure dans la ville de Meaux; plusieurs de nos frères sont dans les fers et prêts à perdre la vie. Cinquante pères de famille ont abandonné leurs femmes et leurs enfants pour se soustraire aux perséeutions des traîtres qui, au nom de la loi, veulent assassiner le peuple. Nous devons obéir à la loi, sans doute, mais si elle est mauvaise, nous avons le droit de réclamer contre elle et d'invoquer la loi suprême, qui est le salut du peuple.
Nous demandons donc que vous ordonniez que nos lïères de Meaux soient mis en liberté, en vous observant qu'il existe
mu' [oî qui annule toutes les procédures faites et à faire pour cause de ré\ululion l.
Après une vive discussion à laquelle prirent part Saint-André, Lanjuinais, Chabot, Baillrul et autres, la Convention, sur la motion de Lamarque, décréta la suspension de la procédure commencée contre les septembriseurs. Elle donnait ainsi, tout à la fois, une demi-satisfaction à ceux qui voulaient annuler le décret ordonnant les poursuites, et à ceux qui en demandaient le maintien.
Les choses en restèrent là pendant deux années. La terreur remplissait alors, chaque jour, les prisons que le 2 septembre avait si fatalement vidées, et le moment eût été mal choisi pour tenter de raviver le décret du 20 janvier 1793. Mais après la chute de Robespierre les esprits se rassurèrent, et on fit un retour vers le passé.
Aussi, le 3 mars 1795, la section des Invalides se rendit-elle à la Convention pour réclamer de nouveau la punition des massacreurs de septembre.
Accélérez le retour de l'ordre, s'écria l'orateur, par le jugement de tous les grands coupables ; épurez, en les frappant, le glaive de la loi trop longtemps confié à leurs mains sacrilèges; que leur supplice, celui des exécrables assassins du 2 septembre et celui des scélérats qui conduisirent froidement une foule de prévenus d'Orléans à Versailles pour s'y abreuver de leur sang jusqu'à satiété que ces actes d'une indispensable justice consolent les mânes des innocentes victimes de tant de fureurs