‹ Le Couvent des Dominicains de Sens [microform]Chapitre 5 sur 30 · III. — RÉFECTOIRE ET NOUVELLE CHAPELLE · texte numérisé non relu

III. — RÉFECTOIRE ET NOUVELLE CHAPELLE

Le réfectoire est la seule construction de l'ancien couvent qui subsiste encore, c'est un grand bâtiment de 9 '" 40 environ de hauteur jusqu'à l'entablement, de 35 mètres de longueur et de 9 '" 80 de largeur, éclairé au couchant par six belles fenêtres ogivales du xv^ siècle. Ces fenêtres, hautes de 3 mètres et larges de 1'" 75, à l'exception delà dernière, extrémité sud, qui est de dimensions un peu plus restreintes, se composent de deux meneaux droits surmontés de compartiments à combinaisons variées dont la disposition formant deux types distincts se reproduit exactement, mais en alternant d'une ouverture à l'autre. Le peu d'élévation de ces fenêtres et les pierres d'appui ou corbeaux, encore apparents sur les murs intérieurs de l'édifice, indiquent qu'un étage existait au-dessus du réfectoire. Au xvii*^ siècle, cet étage était occupé par la bibliothèque et des cellules (1) dont les ouvertures, bien que murées, sont encore visibles, mais nous pensons qu'à l'origine une grande salle, nommée le predicatoriiim et que l'on retrouve généralement dans les maisons de dominicains, régnait sur toute la longueur du bâtiment. La belle voûte en bois, que l'on peut voir encore dans le grenier, constituait la charpente de cette grande salle, le berceau était

(1) « L'ancien réfectoire sert à présent d'église, il y avoit au-dessus un étage où étoient des chambres et la bibliothèque, cet étage a été ôté. » Notes du chanoine Garsement de Fontaine au xviii" siècle. Archives de l'Yonne, F 10. Basile-Octave-Anne Garsement de Fontaine, reçu chanoine de Sens le 8 mars 1748, mourut le 4 novembre 176G,

formé de courbes régulièrement assemblées, aujourd'hui dégarnies, mais qui ont dû recevoir des bardeaux avec couvre-joints. Les moulures, les sculptures des entraits, les chapiteaux des poinçons sont une preuve que ces pièces de charpente devaient être apparentes et convenaient à l'affectation primitive de l'étage.

Ce bâtiment fut transformé de fond en comble au milieu du xvnic siècle, on en fit une chapelle pour remplacer l'ancienne église, et cette nouvelle destination entraîna la suppression de l'étage et l'étabhssement du plafond à pans coupés qui existe sous les entraits de la charpente. On obtint ainsi un vaisseau de 33 mètres de longueur et de 9 mètres d'élévation. Cette transformation, ainsi que quelques petites réparations faites en même temps aux autres bâtiments, coûtèrent, de l'aveu même des religieux, environ 13 à 14 mille livres (1). La porte d'entrée de la nouvelle chapelle se trouvait rue Mauconseil; au fond et à gauche de l'autel avait été aménagée une sacristie ; de belles verrières ornaient les six fenêtres donnant sur le jardin, mais il n'en subsistait plus que deux au milieu du xvni« siècle; le vitrail de la fenêtre la plus rapprochée de l'autel était remarquable, il représentait la sainte Trinité, les Vertus théologales, le tout surmonté d'une Gloire formée par des chœurs d'anges; dans le bas, on voyait Abraham, Moïse et un jacobin; dans le haut, saint Michel et saint Guillaume, archevêque de

(1) Mémoire pour les religieux de l'Ordre des Frères Prêcheurs de Sens, Archives Nat. G 9-19.

Bourges, un écusson portant un sablier et une faux; de l'autre côté un religieux, et au-dessus ces vers :

HIC UBI l'RIMUM HÂBIÏUM SUMPSIÏ YIGUITQUE PROBÂTUS

RELLIGIOSA ACIE SIGNA. QUIEÏA DEDIT

GUILELMUS VITREI SPECULUM FAUCILLO NITORIS

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