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Le donateur de cette verrière, Guillaume Faucillon, maître en théologie, qui prenait dans ses armoiries pour attributs un sablier, symbole de la vie qui s'écoule, et une faux ou faucille, emblème de la mort et jeu de mots sur son nom, est mentionné dès 1503 (2) comme religieux du couvent de Sens.
Un inventaire, dressé à la veille de la fermeture du couvent, le 22 mai 1790 (3), nous donne quelques détails sur le mobilier, fort modeste d'ailleurs, qui garnissait la chapelle : le maître-autel était en bois peint surmonté de deux tableaux servant de rétable; de chaque côté du chœur un rang de stalles, deux petits autels sur gradins et une porte en fer entre ceux-ci séparaient le chœur de la nef. Un grand crucifix en bois au fond de l'église, 2 consoles, 2 tableaux et cinq épitaphes en cuivre complétaient ce mobilier.
D'après le même inventaire, la superficie totale
(1) Notes (lu chanoine Garsement de Fontaine. F 10.
(2) Guillaume Faucillon, maître en théologie, et Etienne Miron, vicaire de Montargis, religieux de Sens, 28 août 1503. Reg, I du Maître général Vincent Bandelli. Archives de l'Ordre à Rome.
(3) Archives de l'Yonne, série Q.
du couvent est évaluée à environ un arpent. La maison claustrale consistait, au rez-de-chaussée, en une salle de compagnie, où se trouvaient sept tableaux et portraits estimés de peu de valeur, une salle à manger, cuisine, dépense et une chambre. Au premier étage, il y avait un dortoir contenant quatre cellules ; au second, six chambres et une tribune.
A l'ouest du réfectoire et devant l'ancienne église s'étendait un vaste jardin; à l'angle des rues Mauconseil et des Vieilles-Etuves une porte charretière donnait entrée dans une basse-cour (1) entourée de murs, où se trouvaient un cellier, une écurie et une grange construite le long de la rue des Vieilles- Etuves.
Nous venons de constater qu'il n'existait plus en 1790 que cinq épitaphes en cuivre dans la nouvelle chapelle; mais antérieurement le couvent était peuplé d'une multitude de tombeaux élevés à des fidèles de conditions les plus diverses, il y en avait partout, non seulement dans l'église, mais aussi dans le cloître, le réfectoire et jusque dans la cour près du puits, etc. Le texte d'un certain nombre d'inscriptions gravées sur ces pierres tombales nous a été conservé par Pierre Clairembault, généalogiste des ordres du roi, qui en fit le relevé avant la démolition de l'ancienne église, vers la fin du xvii*^ siècle sans doute, car l'inscription la plus moderne porte la date de 1680, par Théodore Tarbé et par
(1) Affiches de Sens, u° du 21 déccml)re 1802. Annonce de la vente de la ]5asse-C.our des ci-devanl Jacobins.
quelques notes du chanoine Garsement de Fontaine. Nous avons pu en réunir ainsi soixante-trois, nombre déjà assez considérable mais qui ne représente certainement qu'une partie des anciennes sépultures du couvent. MM. Quesvers et Stein, dans leur grand ouvrage sur les inscriptions de Tancien diocèse de Sens (1) ont déjà indiqué soixante et une de ces épitaphes, mais leur publication consistant en une liste sommaire de noms et de dates, nous avons pensé qu'il serait intéressant pour l'histoire locale de donner in extenso toutes ces curieuses inscriptions. On trouvera aussi, à la fin de cette étude, avec diverses autres pièces justificatives, un extrait du Livre des Obits composé^ en 1710, par le prieur Jean Larnois.
Le Chesnoy, 15 septembre 1902.