‹ Le couvent des Filles de Notre-Dame de La Flèche, 1622-1905Chapitre 17 sur 58 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Jacquette de Chesnel, supérieure

(suite) Fondations nouvelles

Fondation d'Alençon, 1628.

ne si sage et si vigilante Supérieure ne pouvait manquer d'attirer, de plus en plus, aux Filles de Notre-Dame, l'estime et la confiance des habitants de La Flèche et des environs. Leur réputation de vertu se répandant plus loin encore, leur gagnait tous les cœurs. On vit alors se réaliser cette parole du Livre des Cantiques : Post te cwremus in odorem unguentorum tuorum. Le parfum de leurs vertus atlirait des novices, jalouses de marcher sur leurs traces, de courir aussi vite qu'elles dans la voie de la perfection ; ce ne fut pas tout. La i'éputation de leur zèle et de leur désintéressement, qui avait paru dans leur établissement de La Flèche, fit espérer à quelques catholiques

d'AIençon, qu'elles leur rendraient graluitement ies mêmes services, sans rien demander pour leur fondation.

La ville d'AIençon, en passant sous la domination de Jeanne de Navarre, avait été livrée aux calvinistes qui, après l'avoir moralement dévastée, comme auparavant Pau et tout le Béarn, en firent presque une autre Genève. Le brave et zélé catholique Matignon,

devenu plus tard maréchal de France, reprit, à la N^érité, cette ville sur le comte de Montgommery, et ce retour du pouvoir catholique ne manqua pas d'améliorer de jour en jour l'esprit des habitants. L'hérésie, cependant, y conservait un grand ascendant, le temple des huguenots s'élevait, audacieux et superbe, au-dessus de tous les monuments, et « il n'y avait point d'autre école pour l'instruction des jeunes filles, que celles que tenaient des maîtresses de la secte de Calvin » (1).

Les hdèles catholiques, en s'adressant, dans ces circonstances, aux Filles de Notre-Dame, avaient bien compris la mission de leur Institut. Ne disait-on pas partout que leur Fondatrice, Jeanne de. Lestonnac, avait été suscitée de Dieu pour combattre l'hérésie? Du reste, la ville de Pau venait de donner l'exemple, en secouant un joug odieux, et en invoquant le concours des Mères de Bordeaux : depuis deux ans (1020), le nouveau monastère florissait en plein pays protestant. Ce succès donnait à espérer, aux Alençonnais, le même résultat. Ils tournèrent leurs regards vers La Flèche.

Il y avait alors à Alençon une Fléchoise très en vue, d'abord par la situation de son mari, ensuite par ses

(!) Annales de lOrdre par le Père Bouzonnier, tome II, page 341.

propres qualités et le grand renom de sa famille : c'était Renée Hamelin, parente de iM. iMichel Hamelin, curé de Saint-Thomas de La Hèche, et femme d'un autre Flécliois, M. Le Noir, conseiller au Présidial d'Alençon. Renée Hamelin appuya le dessein en question et s'offrit même pour en faire la proposition à la Mère de Chesnel.

Après quelques délibérations on y consentit, et M™^ Le Noir en écrivit à la Mère de Chesnel. Celle-ci, ravie de voir la continuation des bénédictions du Ciel sur son Ordre, accueillit favorablement cette demande, mais subordonna son consentement à celui des habitants, et exigea, au préalable, permission des évèques de Séez et d'Angers.

Julien Pasquier, curé d'Alençon, s'étant alors adressé à Mgr Jacques Camus de Pont-Carré, alors évèque de Séez, celui-ci voulut, tout d'abord, qu'on assurât aux religieuses une maison qui fût leur propriété, et un fonds suffisant pour subsister : c'était prudent et sage.

La Mère de Chesnel avait triomphé de trop de difficultés pour ne pas encore vaincre celle-ci. Elle y réussit, du reste, assez promptement. Elle fit acheter une maison qui appartenait à Tabbé et aux moines de Saint-Martin de Séez, « maison située sur le bord de la rivière de Briante et en face le couvent de Sainte- Claire ».

L'évêque de Séez n'avait plus qu'à accorder l'autorisation; c'est ce qu'il fit. L'évêque d'Angers suivit son exemple.

Les habitants d'Alençon, pour donner plus d'éclat à la réception des Filles de Notre-Dame dans leur

ville, « prièrent la Présidente de la Dernière et la Conseillère Le Noir, dont Dieu s'était servi pour les faire connaître, d'aller prendre les religieuses à La Flèche. Un des échevins les accompagna. A leur arrivée, la Mère de Chesnel les reçut o avec toutes sortes d'honnêtetéz, les fit saluer de toute la communauté », et leur laissa même le choix des religieuses qu'ils jugeraient les plus propres pour le nouvel établissement. Les députés s'en remirent à la sagesse de la Supérieure. Mère de Chesnel leur donna quatre professes, Marie Pelard comme Supérieure, Catherine Bidault de Rochefort, Jeanne Belot et Françoise Touchard. Jeanne Rover se joignit à elles pour les servir et pour être reçue en qualité de compagne. Marie Pelard, Catherine Bidault et Françoise Touchard revinrent plus tard à La Flèche, où les deux premières furent élues supérieures.

Elles quittèrent La Flèche le 28 juillet 1628, passèrent le lendemain à Beaumont-Ie-Vicomte, où leur présence acheva de déterminer une vocation qui sera précieuse pour la maison nouvelle : celle de Marie Guyard. Les tristesses de l'heure présente ont reculé l'introduction de la cause de cette sainte religieuse.

Le 29 au soir, les voyageuses entraient à Alençon. « Les ecclésiastiques, les officiers de justice, les notables, le peuple les attendaient ; la foule fut si grande qu'il fallut la faire ranger en haye pour laisser passer les carrosses. Les calvinistes se mêlèrent parmi les catholiques et semblèrent prendre part à la joye publique, on sonna le carillon des cloches... »

Fondée sous de si merveilleux auspices, la nouvelle communauté alençonnaise était en droit de

compter sur de grands succès : l'attente ne fut pas trompée.

La Mère Marie Pelard ainsi que la Mère de Chesnel, n'avaient pas manqué d'écrire à leur Bienheureuse Fondatrice au sujet de cette fondation nouvelle. L'interdit de la Mère de Lestonnac avait pris fin avec le triennat de Blanche Hervé, que la Mère de Badifïe avait remplacée comme supérieure de la maison de Bordeaux.

La Mère de Lestonnac envoya à ses pieuses filles de La Flèche et d'Alençon a une réponse remplie de sentimens de joye et d'alïection ».

Ainsi encouragées et bénies par leur Mère Première, et guidées toujours par celle qui les avait formées, à La Flèche, dans l'esprit de l'Institut, Marie Pelard et ses compagnes ne tardèrent pas à prouver la bonne réputation de Notre-Dame, et par leur zèle, et par leurs propres vertus.

§ Il Fondation de La Ferté-Bernard (1633).

Quelque temps après la fondation d'Alençon, la Mère de Chesnel fut sollicitée de faire un nouvel établissement à La Ferté-Bernard.

Une veuve de La Ferté, Marie Heulin, ayant perdu son mari et tous ses enfants, résolut de se consacrer entièrement à Dieu. Un Récollet (de Gherré) qu'elle consulta lui conseilla de fonder à La Ferté une maison de Notre-Dame. C'était en 1630.

Marie Heulin, accompagnée du curé de La Ferté,

s'en alla aussitôt demander le consentement de l'évêque du Mans; elle obtint ce consentement, mais pour une maison d'Ursulines. Ne voulant pas abandonner son projet, elle se retira au couvent de Notre- Dame, à La Flèche; elle y fut si édifiée, qu'elle sentit s'affermir encore ses desseins, et, au bout de quelques mois, sur le conseil de Mère de Ghesnel, elle sortit pour aller faire de nouvelles instances auprès du prélat, le 23 janvier 1632. Cette deuxième démarche fut aussi inutile que la première, et Marie Heulin rentra à ['Are, amenant avec elle une autre Fertoise, Françoise Gallois, toutes deux bien résolues à suivre leur vocation dans cet Ordre de leur choix.

Le temps de la probation écoulé, elles reçurent Ihabit des mains de la Mère de Ghesnel, le 25 mars 1632, et Marie Heulin, faisant généreusement le sacrifice de ses projets, ne voulut plus s'occuper que du soin de sa perfection. Quelque temps après cette vêture, l'intervention divine qui s'était produite auprès du cardinal de Sourdis, à Bordeaux, auprès de Monseigneur de Ghasteigner La Roche-Pozay à Poitiers, se renouvela auprès de l'évêque du Mans, M^' Gharles de Beaumanoir.

Un jour, en célébrant la sainte messe, M^^ de Beaumanoir se sentit fort piessé intérieurement de l'esprit de Dieu pour la fondation projetée. Sans plus tarder, il envoya à La Flèche le chanoine Gorberon porter le consentement qu'on lui avait, par deux fois, demandé en vain.

Ce retour du prélat ne laissa pas de surprendre agréablement la novice et sa supérieure. On remercia Dieu, et, immédiatement, le 13 novembre 1632, l'au-

mônier de Notre-Dame, M. Bonsergent, se rendit au Mans, puis à La Ferté, pour y « faire faire l'assemblée des habitans » et pour « fréter du prix de la maison du Chappeau Rouge ». A la vérité, les Fertois changèrent plusieurs fois d'avis, mais enfin leur résolution sembla ferme et définitive.

Mère de Cliesnel, désireuse de répondre à leur requête, désigna quatre religieuses de chœur pour s'en aller fonder la nouvelle maison : c'étaient Ambroise Bardet, Jacquine Le Cornu, Perrine Xadreau et Hélène des Bois; la Mère de Chesnel avait eu soin de « choisir et nommer pour sup'"*' Mère Bardet ». Les deux novices fertoises, sœur Marie Heulin et sœur Françoise Gallois, furent tout naturellement du voyage, qui se fit au commencement de février 1633. Les six religieuses étaient accompagnées de l'aumônier de Notre-Dame, du chanoine Corberon et de deux conseillers de La Flèche.

Pendant la route, elles apprennent, par deux messages qui leur sont envoyés, qu'on ne veut plus les recevoir, qu'on ira jusqu'à leur fermer la porte de la ville si elles se présentent. Les religieuses, loin de s'émouvoir, s'abandonnent entièrement à la Providence et continuent paisiblement leur chemin.

Toutefois, le chanoine et les conseillers prennent les devants pour connaître les véritables dispositions des Fertois et calmer, si possible, l'irritation des esprits. Reçus assez froidement, les députés obtiennent cependant, de la municipalité, la promesse qu'elle veillera à la sûreté des religieuses.

Ce fut le premier dimanche de Carême que l'essaim du couvent fléchois fit sop eptrée à La Ferté, sans

bruit, sans cérémonie. Un tel accueil aurait assurément refroidi des cœurs moins enflammés de l'amour de Dieu et moins pénétrés de l'importance de leur mission. En dignes fdles de la Mère de Lestonnac et de sa fidèle imitatrice, Jacquette de Chesnel, elles ne se préoccupèrent ni des difficultés ni des critiques.

Installées à la maison du Chapeau-Rouge, elles y demeurèrent six mois dans l'exacte observance de leur règle et dans l'accomplissement des fonctions de l'Institut. Le nombre des élèves qu'on leur confiait s'augmentait chaque jour, elles virent bientôt, en leurs classes, la majorité des familles fertoises représentées par leurs enfants. Comme à La Flèche, comme à Alençon, à Poitiers, les enfants chantaient les louanges de leurs maîtresses, et ne l'eussent-elles pas fait, que le changement, opéré en leurs personnes, aurait dit sufïisamment l'excellence des méthodes d'enseignement et d'éducation suivies par les maîtresses. La maison de Notre-Dame avait gagné sa cause auprès des Fertois.

Les religieuses ne pouvant agrandir leur couvent, pour y recevoir les novices qui se présentaient et les élèves qui remplissaient les classes, achetèrent une maison, à l'extrémité du faubourg Saint-Barthélémy, où elles furent conduites avec une cérémonie toute nouvelle. On y porta le Saint-Sacrement en procession, et les rues furent tendues de blanc, en l'honneur des religieuses aussi bien que de la Sainte-Eucharistie.

Le couvent fertois traversera de nombreuses vicissitudes, mais la Providence, dont l'intervention parut à sa fondation, se fera visiblement protectrice encore, dans la suite , pour maintenir la ferveur première,

pour aider ces fidèles servantes à remplir dignement leur mission.

L'œuvre de la Mère de Chesnel ne fut donc point vaine, pas plus à La Ferté qu'à Alençon. Dans les deux villes, au contraire, elle se développa graduellement et normalement, et il ne faudra rien moins que le torrent révolutionnaire de 1793, pour détruire à jamais, sur son passage, ces souvenirs si vivants d'un âge de foi sincère.

Derniers actes de Jacquette de Chesnel comme Supérieure. — Agrandissements du couvent. — Achat de la maison Bineteau-

es deux fondations donnèrent à la maison de La Flèche un grand motif d'entretenir son zèle pour la gloire de Dieu. La Mère de Chesnel ne pouvait du reste souffrir le moindre relâchement en ce point. Son zèle pour la perfection de ses filles n'était pas moins admirable, et il s'étendait jusqu'aux maisons d'Alençon et de La Ferté. Elle voulait qu'on lui rendît un compte exact de ce qui s'y passait, et elle apprenait avec joie que Dieu y était servi et honoré dignement.

Mais, à côté de ces consolations, Dieu lui préparait de dures épreuves et de pénibles tribulations. La piété et la foi qui animaient les cœurs n'empêchèrent point

que la paix et l'union ne fussent un instant troublées.

« Nonobstant que ceste chère Mère s'acquitast si dignement de sa charge, les Supérieurs qui avoient été commis de l'Evèque entrèrent en defliance d'elle, et escomptant un peu trop les plaintes et les mauvais rapports des imparfaictes et des imniortitiées, conçeurent des opinions d'elle fort désavantageuses, et se mirent, en toutes occasions, contre elle. »

Ils empêchèrent son élection pour un nouveau triennat. Les voix se portèrent alors sur celle qui avait été longtemps la Seconde de la Fondatrice, sur Louise Massonneau. Dieu, qui permettait l'épreuve pour celle qu'il entourait d'une prédilection spéciale, gardait cependant la communauté de Notre-Dame, et inspirait le choix d'une digne fille de Mère de Ghesnel. A quelle époque de l'année se fit l'élection? Je ne sais. En tout cas, ce fut en 1634, et non en 1G33, comme l'ont annoncé les Antiales de la Maison de La Flèche (1), et certainement après le 29 mars, puisque, à cette date, Jacquette de Chesnel est encore dite supérieure dans un acte de M'^ Nicolas Le Rover, notaire; ce fut, enfin, avant le 25 septembre, car un acte de ce jour, porte comme supérieure, Louise Massonneau (2).

La Mère de Chesnel ne souhaitait rien tant que sa déposition. Contente d'avoir contribué, pendant près de douze années, à la fondation et à raffermissement de cette maison, elle s'abandonna entièrement à la volonté des autres, comme si elle n'eût jamais fait

(i) La Flèche, imprimerie Jourdain, i863.

(2) Les Annales portent Marie Massonneau; jç n'ai trouvi partout que le norn de Louisç.

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autre chose qu'obéir. Comme sa Bienheureuse Fondatrice, Jacquette de Chesnel eut alors ses humiliations, et, à l'exemple de sa Mère Première, elle sut les supporter avec la plus grande soumission.

Mais, avant de parler de cette seconde partie de la vie de Mère de Chesnel à La Flèche, voyons quels furent ses derniers actes en sa charge de supérieure.

Les premiers bâtiments achetés aux sieurs de la Hermelière et Nadreau ne tardèrent pas à être trop étroits. Bordé au midi par la rue Saint-Germain, à l'est et au nord par les remparts et la terrasse, à l'ouest par des immeubles qui n'étaient point à vendre, le couvent ne pouvait s'étendre. Mère de Chesnel en avait tiré le meilleur parti possible. Nous lisons dans un procès-verbal de 1635 (14 juillet), (( qu'un bastiment a esté faict depuis environ trois ans dans une place qui estoit vuide, joignant la chappelle où on dit la s'^ messe, lequel bastiment est composé de trois estages outre les galletas, le bas desquels sert d'ofTices pour les buanderies et fours, dans le second et troisiesme estages sont dix-huict cellules où se logent des religieuses... » La principale entrée de ce couvent était « proche le portail de Sainct Germain ».

Le grand bâtiment ([ui longe la rue de l'Hôtel-de- Ville — à droite sur la gravure (page 39) — a donc été édifié en deux fois. Il est, du reste, visible que la partie comprenant les numéros 59, 61, 63, 65, 67, est plus ancienne. Il semble même que ces constructions,

commencées, d'après l'acte ci-dessus, vers IG31 ou 1632, ont été établies sur de plus anciens bâtiments dont on voit encore les traces, aux numéros 63 et 65.

En tout cas, la description donnée plus haut est bien celle du bâtiment actuel où les cellules sont encore conservées.

Mais les classes, aux numéros 60 et 71 actuels, étaient de jour en jour trop petites ; on manquait de jardins pour l'entretien de la communauté. Le peu d'espace dont on pouvait disposer, entre la maison et le rempart, était très restreint. — On en peut juger par le plan ci-joint — et, au reste, cet espace était converti en cours pour les pensionnaires et pour les élèves des classes gratuites.

On vint alors proposer à la Mère de Chesnel de faire l'acquisition de la maison Bineteau, située en face, de l'autre côté de la rue; la Supérieure accepta.

Le 17 mars 1634, devant M® Nicolas Le Rover, notaire, Mathurin Bineteau, l'aîné, et sa deuxième femme, Julienne Lasnier, Mathurin et Nicolas Bineteau, fils du précédent et de sa première femme Perrine Boisricher, vendent leur maison à Jacquette de Chesnel, supérieure, à Jeanne Contentin et Louise Massonneau, seconde et conseillère (1).

La maison Bineteau touchait la porte Saint-Germain et longeait les remparts.

Peut-être aurait-il été utile d'établir auparavant le véritable emplacement de la porte Saint-Germain? Or, les plans de la ville ne nous donnent aucun ren-

(i) Registre parchemin, p«44. Cf. Pièces justificatives.

seignement, et les archives locales sont muettes sur ce sujet. A en croire les traditions, la porte Saint- Germain s'élevait entre les numéros 71 et 3G, c'est-àdire entre les magasins du coitïeur et riiùtel d'.Usace (1).

Je crois qu'une partie de l'hôtel d'Ahacc et les numéros 32 et 34 constituaient la maison Bineteau et ses dépendances.

Le 22 mars 1034, M" Anthoine Bonsergent, procureur et confesseur des religieuses, prend possession en leur nom de la maison Bineteau. Il enjoint aux anciens propriétaires « de tuer le feu qu'ils y avoient », puis il se transporte dans les jardins où « il a rompu les branches de premiers rosiers et autres arbres et déclaré à iceux Bineteau et sa femme que ce qu'il faisoit estoit pour prendre comme il faisoit possession réelle et actuelle de lad. maison pour les dites religieuses et par leur mandement spécial ». De là, M« Anthoine Bonsergent va au parloir « déclarer icelle prinse de possession » à Jacqiiette de Chesnel supérieure , à Jeanne Gontentin et Louise Massonneau (2).

Le 29 mars, les fils Bineteau, Mathurin et Nicolas, reçoivent de Jacquetle de Ghesnel, supérieure, de Jeanne Gontentin et Louise Massonneau, religieuses, la somme de « mil livres tournois en pistolles quarts descu testons et autres monnoyes » (3).

(i) L'hôtel d'Alsa:e, sur la gravure, est indiqué par l'enseigne. (2) Registre parchemin, page 46. L'acte fut passé devant M" Jacques Lesourd, notaire, M" Michel Ouvrard et F"rançois Micault, praticien. (3j Registre parchemin, page 46, verso.

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Ce fut le dernier acte de la Fondatrice en sa Maison de La Flèclie. Nous verrons, au chapitre suivant, comment on utilisera cette acquisition de la Mère de Chesnel, et comment on traversera la rue sans violer la clôture. Ce sera l'histoire de la fameuse arcade.

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