CATHERINE BIDAULT DE ROCHEFORT
Professions : Jacquine Mandroux, Marie de la Porte, Marie Bodin, Philippe Cessault, Catherine Guillo, Anne-Jacques de la Borde. — Acquisition de la terre du Parc et du logis de Mordoit.
De IGaG à 1G6ÎJ, c'est-à-dire en l'espace de neuf ans, il y eut à Notre-Dame vingt-neuf professions, et, disons-le en passant, tous les couvents flécliois se remplissaient dans les mêmes proportions.
Catherine Bidault eut sous son triennat six professions. La première, en date du 10 septembre 1656, est celle de Jacquine Mandroux, sœur de Claude, nommée plus haut. Jacquine avait vingt-deux ans. Délégué : M"" G. Racinoux. Présents : M''« de Saint-Germain, sa cousine, M^ Anthoine Du Feu, prêtre.
La deuxième, au 2 août 1657, fut la profession de Marie de la Porte (dix-sept ans), entre les mains de M'' Racinoux (1). Marie était fille de Guillaume de la Porte, sieur de la Guespillière, et de Anne Cerise. Elle avait un frère et une sœur nés avant elle. Son frère, François, fut baptisé le 4 juillet 1635 (2).
La profession de Marie de la Porte fut suivie de
(i) Présents : Guillaume de la Porte, son père, M. de la Pommeraie, M. de la Retenuère, messieurs de la ville.
(2) François a comme parrain Jacques Jouye, sieur de la Retenuère et comme marraine Catherine Foussard, femme de Jacques de la Porte, sieur de la Viellère. (Etat civil de La Flèche). M. de Montzey, i/iitoire des Seigneurs de La Flèche, tome II, page 2o3, dit que J. de la Porte, sieur de Villiers, (?) était avocat procureur en 1643.
près par deux autres : celle de Marie Bodin, le 5 août, à dix-neuf ans (l), et celle de Philippe Cessault, le G, à vingt ans (2).
Marie Bodin, baptisée le 15 mai 1638, à Saint- Thomas, par W Sébastien Gador, était fille de Jean Bodin et de Françoise Landrouin.
Philippe Cessault était originaire de Baugé où son père était conseiller du roi. C'est sa sœur, Marie, femme de René Lemercier, sieur de Beauregard, qui paie le reste de sa dot (3).
Catherine- Angélique de Guillot fit profession à dixsept ans, le 13 février 1G59, en présence de M'' G. Racinoux, délégué, de sa mère, M""' du Doussay, et de MM. Martin et Foussard, prêtres. Elle était entrée au noviciat deux ans auparavant, le 7 février 1657 (4), avec le consentement de son père, René de Guillot, écuyer, sieur du Doussay (5), et de sa mère, Marguerite Moreau qui demeuraient « en leur maison de Baizonnais, paroisse d'Ecommoy ». Elle reçut la somme de « trois mil cinq cens livres pour tout dot », laquelle somme provient de « defïunct Jacques de
(i) Délégué : Georges Loppé, prêtre, curé de Briolay 'c'est lui qui, les i*'' et 2 mai iG53, eut à enterrer 42 de ses paroissiens qui s étaient noyés dans les marais. Dictionnaire de Maine-et-Loire). — Témoins : MM. du Feu, Racinoux, prêtres. — Présents : M. de la Richardière, M»e Riche.
(2,1 Délégué : Urbain Genetay, prieur curé de Roy (?) — Témoins : MM. du Feu, Racinoux. — Présents : M. Cessault, son père, M"» de Beauregard, sa sœur, M"e Courtain, sa tante.
(3) Acte du i^' août 1667. — Etude Vollet, minutes P. de la Foussc.
(4) Etude Vollet, minutes de la Fousse (549).
(5) Dans un acte, passé au Mans, on trouve René de Guillot, chevalier, sieur du Plessis-Doussay (Inventaire des minutes anciennes, Tome m, page 78).
Guillot, vivant escuier, sieur de Saint-Louis, par un testament ».
Catherine n'avait plus son père lorsqu'elle fit profession (acte du 3 février 1G59) (1).
Enfin, le 16 février, c'est An ne- Jacques de la Borde, âgée de vingt-deux ans, qui prononce ses vœux devant le Père Hierosme Lallemand, recteur du Collège Royal (2). Ses deux sœurs la snivront de près au couvent. La famille Jacques de la Borde possédait, à cette époque, le château de la Griflerie, à Luché (3).
Le fait le plus important du triennat de la ÙMère de Rochefort, fut l'acquisition de la pièce du Parc, qui, jusqu'au commencement du XIX'' siècle, conserva le nom de Parc-aux-Dames.
Le 20 avril 1G57, « voulant accroistre leur clôture », les Filles de Notre-Dame « es personnes de Révérendes Mères sœurs Catherine Piidault de Rochefort, supérieure, Jeanne Contentin, Marie Pelard, Marguerite Filloleau , Françoise Le Rover et Barbe Pignard, conseillères et discrètes », achètent de René (II) de la Varenne, marquis dudit lieu, petit-fils de Guillaume
(i) Etait-elle parente de Renée du Doussay dont nous trouvons la signature dans un acte du 9 avril iû5? ? (Etude Volleti.
(2) Témoins : MM. Racinoux, Le Loyer, prêtres. — Présents : M. de Croisy, conservateur au Parlement, M. de Larteloire, M^e de la Giraudière.
(3) En 1678, déclaration de la Gasnerie, rendue à Me Henri-Jacques de la Harlière, chevalier, seigneur de la Grifferie... [Aixhives de la Sarthe, H. 269). En 1684, aveu aux jésuites de La Flèche par Henri- Jacques de la Heurlière, chevalier, seigneur de la Borde, demeurant à la Grifferie, id. H. 275.
Fouquet, « une pièce de terre labourable appelée la pièce du Parc, située le long des fosséz de la porte de Sainct-Germain de ceste ville, contenant vingt-huict ou vingt-neut journaux, joignant d'un costé le parc des Pères Jésuites, d'autre costé les jardins des maisons du fauxbourg du Pastiz, d'un bout le chemin qui tend dud. fauxbourg aux vignes des Rottes, d'autre bout lesd. fosséz, comme lad. pièce de terre... appartient audict seigneur marquis par succession de delîunct Messire René M'* de la Varanne, son père, héritier de defïunct M''"' Guillaume Mi* de la Varanne.... qui l'avait acquise de defïunct Henry le Grand, d'heureuse mémoire, par l'adjudication à luy faicte par noble Jean Penchèvre, le 14 octobre 159i) ».
L'acte d'acquisition de 1G37 contient cette clause importante : « Et attendu que lesd. choses seroyent inutiles auxd. dames religieuses sy elles n'avoyent communication de leur couvent en lad. pièce de terre, led. seigneur M'^ consent pareillement et leur permet de faire une voûte à leurs frais et dépens au travers des remparts et fossés de lad. ville de la longueur et hauteur qui sera nécessaire et que led. seigneur marquis verra estre à faire. A ceste lin, il sera faict des arcades en nombre compétent pour donner le cours à l'eau qui couUe dans lesd. fosséz... » (1).
S'il faut en croire la tradition, le souterrain, qui devait établir la communication entre le couvent et le parc, fut construit et servit jusqu'à la Révolution. L'entrée exista encore jusqu'à ces derniers temps. Aujourd'hui, il ne reste plus trace de rien. Des fouilles, m'a-t-on dit, ont été faites pour découvrir ce
(i) Registre parchemin, page 91. Cf. Pièces justificatives.
souterrain, mais n'ont jamais abouti. L'entrée de ce souterrain ne pouvait se trouver que dans le jardin de l'infirmerie des Sœurs.
Mais nous touchons le domaine de l'hypothèse, et je croirais plus volontiers que le fameux souterrain n'a jamais existé. Si les religieuses l'avaient construit, c'eût été pour pouvoir se servir ellesmêmes du parc comme d'un lieu de promenade et de récréation. Or, avant d'en faire cet usage, elles devaient tout d'abord l'entourer de murailles, pour que la clôture fût observée. Et ces murailles, où sontelles? Le plan de la ville, dressé en 1825, avant le morcellement de la pièce du Parc, n'en mentionne aucune. C'est donc qu'il n'y en eut pas, et que les religieuses ne se promenèrent jamais en ce lieu. Les élèves seules, sous la surveillance des tourières, y purent prendre leurs ébats (1). Elles s'y rendaient du reste par un pont que l'on voit encore sur le plan cijoint et appelé le Pont-aux-Filles. Il se trouvait un peu à droite du prolongement de la rue du Boulevard.
Le 27 septembre lGo7, Mère Catherine Bidault de Rochefort trouve encore l'occasion d'agrandir un peu le couvent, qui, il faut l'avouer, malgré tous les achats successifs, était toujours trop resserré entre la rue et les remparts.
Marie Fontaine de Mordait, fille de noble Christophe Fontaine, sieur de Mordoit, conseiller au présidial, et de Renée Giroust, voulant entrer au couvent, apporta en dot (2) « un logis, jardin et appartenances d'ice-
(i) Les Filles de Notre-Dame louaient les terres du Parc, et j'ai entre les mains une quantité de ces baux. (a) Registre parchemin, page 68, verso.
luy situé sur la rue Saint-Germain. . . à présent exploité par lesd. sieur et d^'^^ de Mordoit... joignant dun costé les maisons et murailles de cloison dud. couvent, d'autre costé la maison, jardin et appartenances de
BOULEVARD D ALGER Ancienne. intirmt.ric du couvent de VAvc.
M-^ Jacques Aumont, s'^ du Coudray, avocat au présidial, abutte d'un bout la dicte rue Saint-Germain, d'autre bout les remparts des fossez de ceste ville... » La maison a été estimée valoir 1,500 livres en plus de
la dot de la novice; les religieuses s'engagent à payer cette somme a dedans cinq ans ».
Aussitôt en possession du « logis Mordoit », les Religieuses font a faire une muraille de closture entre lesd. logis et jardin et le logis et jaixlin dnd. sieur du Coudra y Aumont ».
Peut-être cette maison Mordoit est-elle devenue l'intirmerie de Notre-Dame, que l'on voit encore aujourd'hui, avec son immense toit pointu, sur le boulevard d'Alger. Bien ombragée par des rameaux séculaires, cette infirmerie, qui n'avait pas encore tout cet entourage de maisons, où la vie, sans être bruyante, y coule cependant avec moins de calme qu'autrefois, devait êti'e un délicieux lieu de repos pour les pauvres malades.
Pour que leur propriété soit complète, les Religieuses achètent, le 19 octobre 1059, de M^' Jacques Aumont l'aîné, avocat, le fond et la propriété de la muraille qui sépare la maison Mordoit de la maison Aumont.
Les Religieuses vont être définitivement chez elles : il ne restera plus à terminer que l'intérieur de quelques bâtiments ; toutes les Supérieures y travailleront, et c'est la Mère Belocier de Maulny qui achèvera complètement le couvent de ÏAve : c'est le nom qui va lui demeurer désormais.
BARBE PIONARD, SUPÉRIEURE (1659-1662)
Professions : Charlotte-Jacques de la Borde, Anne Comesrie, Marie Belin, Marie Fontaine de Mordoit, Marguerite Ribourd, Marie Barbot, Marie -Jacques de la Borde, Marie-Madeleine de la Porte, Marguerite du Bois de Courceriers, Jeanne Lami, Renée Le Royer de Boistaillé.
Barbe Pignard était la septième postulante qui prit l'habit à Notre-Dame, le 25 mai 1G23.
Il y eut sous son triennat neuf professions, que je donne dans l'ordre chronologique :
IGaO, 4 novembre, Charloile- A gnh- Jacques de la Borde, dix-sept ans. Délégué : G. Racinoux. Témoins : Jacques Nourisson, François Aumont, prêtres. Présent : M"^« de la Borde, sa mère.
1659, 4 novembre, Anne Comesrie, vingt-cinq ans. Délégué : G. Racinoux. Témoins : MM. Nourrisson et Aumont. Présents : M. Guespin, beau-frère d'Anne, et M"^^ Comesrie, sa sœur.
1660, 4 avril, Marie Belin, vingt-deux ans. Délégué: G. Racinoux. Témoins : MM. Nourrisson, Jorand, prêtres. Présents : MM. Belin, Le Thuillier, de la Barre, oncles de Marie; MM. Belin frères, représentant M. de la Rivière Belin, père de Marie, qui a consenti à sa profession par contrat du 20 mars dernier (1).
(i) Marie Belin fut baptisée à Saint-Thomas, le 22 janvier i638, par M» Jehan Leroux, vicaire. Elle était fille de Pierre Belin, contrôleur au grenier à sel de La Flèche, et de Françoise Mignot. Parrain . Pierre Belin, sieur de la Touscheterie. Marraine : Marie Mignot.
1661, 6 février, Marie Fontaine de Mordoit, dix-sept ans. Délégué : G. Racinoux. Témoins : MM. Aumont, Olivier Lucas du Tyron, prêtres. Présents : M. Fontaine, s*" de Dezé, conseiller et procureur du roi en l'élection de La Flèche; M. de Biré (1), conseiller et élu en ladite élection; M. Giroust, marchand au Lude; M. Giroust, conseiller, procureur du roi et président au grenier à sel du Lude. Marie Fontaine (2) est fdle de Christophe Fontaine, sieur de Mordoit, et de Renée Giroust; c'est elle qui apporta en dot la maison dont nous avons parlé plus haut (3).
1661, 20 avril, Marguerite Ribourd, vingt-deux ans. Délégué : Georges de Beau vais, prieur du couvent du Verger (4). Témoins : MM. Racinoux, confesseur des religieuses de Notre-Dame, Filoleau, prêtre; la famille est présente.
1661, 21 juin, Marie Barbot, vingt-deux ans. Délégué : M. J. Nourrisson. Témoins : Messire Pierre Guillet, qui signe « prêtre indigne », Mathurin Guerchais, sous-diacre.
(0 Les Fontaine de Biré habitaient le château de Biré entre La Flèche et Bazouges. Cf. Revue historique et archéologique du Maine, tome 54, page 2g5, article de l'abbé Denis.
(2) Marie fut baptisée à Saint Thomas, le 2 février 1644, par Sébastien Cador. Parrain : Charles Fontaine, conseiller du roi et élu en l'élection de La Flèche. Marraine : Marthe Bidault.
(3) Son frère, Joseph, épousa Anne de Belin, nlle de Jean de Belin, conseiller en l'élection de La Flèche et de Marguerite Mieuzet. (Cf. Inventaire des minutes anciennes par Em. Chambois.)
(4; Le prieuré du Verger avait été fondé, au XV« siècle, par le maréchal de Gyé, en son château du Verger, commune de Seiches, pour des religieuses de Sainte-Croix de la Bretonnerie.
Georges de Beauvais n'est pas indiqué dans la liste des prieurs donnée par Célestin Port. Un Urbain de Beauvoys était gouverneur du château du Verger en 1Ô44. (Cf. Dictionnaire de Maine-et-Loire.)