DE 1671 A
M^' Arnaud était encore à Notre-Dame en mars 1671, car c'est lui qui préside les élections, nous disent les Annales de Notre-Dame de La Flèche (1).
(( Jacquine de Briolay estant esleue supérieure en l'année 1671, elle apporta une si grande résistance à son élection et jetta tant de larmes qu'il fut besoin que M^' nostre évesque présidant à l'élection usast de son authorité pour luy faire accepter, et qu'on luy dit qu'elle péchoit griesvement de tant résister. Encore ne se fut-elle pas rendue, comme elle a dit depuis, sinon qu'elle espéroit que Monsieur l'abbé de Saint-Serge, son frère, luy fcroit venir une dispense de Rome pour l'exempter de cette charge et des autres qu'on lui eust peu doner, mais la mort dudit sieur abbé arrivée peu après trompa son attente et la fit résoudre à porter sa croix ne pensant donc plus qu'à bien s'acquitter des obligations d'une bonne supérieure. ))
Elle le fit en effet, et son souvenir est demeuré vivant dans la Maison de La Flèche. Il serait trop long d'énumérer toutes les qualités, toutes les vertus de cette bonne Mère.
Après Mère Filloleau, ce fut assurément Mère de Briolay qui contribua le plus à perfectionner les études au couvent : « Toutes les religieuses de Notre-
(i) Cf. page 90.
Dame luy doivent leur science ». Elle était douée d'une si belle voix « qu'on ne s'ennuyoit point de l'entendre chanter. M"i® la marquise de la Yarenne (1) venoit exprès en notre chappelle les jours des ténèbres pour l'entendre chanter des lamentations ».
Elle ne négligea point le temporel et continua les travaux d'agrandissement. C'est elle qui lit mettre (( une image en relief de Nostre-Dame dans le chœur de la chapelle, la plus belle qu'elle peut la faire travailler au sculpteur; elle fit faire une niche peinte et dorée pour poser cette image (2). Elle fit aussi donner par iMessieurs ses frères la seconde cloche de l'église qui sert pour les classes... »
La Mère de Briolay mourut « le mardy de la sepmaine saincte )), 13 avril 1677. Elle n'était plus supérieure depuis trois ans.
Pendant le triennat de Jacquine de Briolay, il n'y eut que deux professions.
1672, 3i juillet, profession de Marie Cheureiix, à vingt-un ans. Reçue par François Chastelain, prêtre, en présence de Marie Claude, sa mère, et de Françoise Cheureux, sa sœur (3).
(i) 11 s'agit ici de Jeanne de Poix-Girard, veuve, depuis i65ô, de René 1 Fouquet, mirquis delà Yarenne. Jeanne mourut en 1^74. Cf. Annales Fléchoises, tome V, janvier igo5. Généalogie de Guillaume Fouquet, par M. le baron de la Bouillerie.
(2) Cf. plus haut, page 204.
(3) Je trouve, au 5 octobre i6g8, le contrat de mariage passé devant Jacques Gouallier, notaire à La Flèche, entre Jacques Gaulier, fils de défunt Jacques Gaulier et de Anne Desbordes, demeurant à La Flèche, et Anne Cheureux, fille de défunt Julien Cheureux
1673, 13 septembre, Anne Tandon, trente-deux ans, est reçue par Pierre Filloleau, prêtre. Assistent : M"i« Maudoux, sa mère, et M. Tandon, prêtre curé.
§ ni
Marie-thérèsk dacygné, supérieure