‹ Le couvent des Filles de Notre-Dame de La Flèche, 1622-1905Chapitre 28 sur 58 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

IVotre-Dame pendant la première moitié du X Ville siècle (1T0 2-IT^7)

La Flèche au XVIII" siècle.

Mœurs des Fléchois. — Les Ecoles. — Les Associations.

Quelle fut, en résumé, l'influence du couvent de VÂie en notre cité, aux XVII'' et XVIIP siècles? Elle fut immense, et on peut le constater en considérant toutes les descriptions des mœurs. Il est vrai qu'un poète, dont l'histoire tait le nom, nous a laissé des Fléchois du XVII'' siècle ce portrait peu flatteur :

Ventre de son et bas de soie, L'air d'un dindon, l'esprit d'une oie, Grossier de mœurs et de patois, Tel est le portrait du Fléchois.

— 2iO —

Mais, auXV'IIP siècle, « Gresset, qui aurait eu mille motifs pour être de très mauvaise iiumeur, quand il fut exilé à La Flèche, s'est montré plus aimable et plus juste envers elle et ses habitants ))(!):

La Flèche pourrait être aimable S'il était de belles prisons, Un climat assez agréable, Des petits bois assez mignons, Un petit vin assez potable, Des petits concerts assez bons, Un petit monde assez passal:)le.

La Flèche pourrait être aimable S'il était de belles prisons.

Au reste, quoi qu'il en soit de l'opinion des poètes, nous sommes rassurés par le docteur Boucher, dont les mémoires manuscrits font autorité en la matière (2).

Il nous donne un long chapitre sur les Mœurs des Fléchois au XVIIP siècle (3) ou pendant la première moitié du XVIIF siècle.

On me pardonnera d'en faire de longues citations; je ne les crois pas inutiles pour montrer ce

(i) De Montzey, Histoire de La Flèche, II-223.

(2) Les mémoires du docteur Boucher sont conservés à la bibliothèque municipale de La Flèche. Ils comprennent deux volumes, dont le premier, que nous citons ici, a pour titre : Mémorial de Cliarlcs-Pierre-Augustin Boucher, maître es arts et en chirurgie de La Flèche, membre coi-i-cspondaiit de la ci-devant académie royale de chirurgie, exposant avec vérité, simplicité, les événements de la Révolution relatifs à La Flèche et ses environs, etc. Cf. les Mémoires, page 2o'5.

(j!) M. de Montzey (Histoire de La Flèche, n-224}, cite le docteur Boucher, mais en le démarquant si bien qu'on n'y reconnaît plus rien.

que l'on peut obtenir des particuliers et même de toute une cité, lorsque la religion y est sincèrement pratiquée.

« La Flèche, nous dit M. Boucher, avait mérité le nom de sainte par la pureté des mœurs et la piété des habitans : Elle dut ce titre glorieux au bon naturel de ses citoyens, aux lumières et au zèle de son clergé, qui était secondé par un grand nombre de maisons religieuses dont l'édification était touchante.

(( La Providence depuis longtemps donnait à l'Anjou des évèques dignes des premiers siècles du christianisme : La Flèche eut toujours le bonheur d'être gouvernée par des curés dignes de ces pasteurs. Les derniers titulaires de Saint-Thomas, Gaignard, la Barre, et Donjon (1), furent des hommes d'un mérite rare, leur clergé était nombreux, on comptait dans les derniers temps jusqu'à vingt-quatre eclesiastiques dans les olTices de la paroisse.

« Les Jésuites avaient une grande part dans la direction des consciences, ils rassemblaient tous les samedis soir et tous les dimanches matin trois congrégations sous les auspices de la Sainte-Vierge. L'une était composée par les bourgeois, la seconde par les artisans, et la troisième, qui était divisée en deux, comprenait les écoliers externes et les pensionnaires du collège.

(i) La paroisse Saint-Thomas a toujours eu la providentielle fortune de garder longtemps les mêmes pasteurs. Pendant tout le XVIIIe^ siècle, il n'y en eut que quatre : M. Gaignard (1700-1741), M. de la Barre, (i 741 -1770), M. Donjon (1770-1778J, M. Milscent, qui prêta serment. Au XIXe siècle, le même privilège se continua : M. de la Roche (1802i83i), M. Goiimenaiilt-Desplantes {ï83i-\8b6) M. Co»/o?i (i856-i883) et M. Rousseau qui , par conséquent, n'est que le huitième curé de Saint-Thomas depuis deux cent cinq ans.

« Les Carmes et les Récolets avaient des associations pour les filles et les veuves.

« Les religieuses de Notre-Dame, dites de Y Ave Maria, enseignaient à lire et à écrire aux filles des artisans. Elles tenaient, en outre, un pensionnat pour celles qui étaient d'un certain rang.

« Les Visitandines tenaient aussi un pensionnat plus ou moins nombreux : il était particulièrement composé de filles nobles et riches.

« Les Dames de la Magdelaine (1) étaient à la tète d'une maison de force dans laquelle le ministre faisait renfermer par lettres de cachet des femmes et demoiselles qui avaient eu une mauvaise conduite; j'en ai vu de la cour. La religion commençait par consoler ces malheureuses, et souvent les faisait rentrer dans le devoir. Grâce à nos mœurs, cet établissement n'était pas nécessaire alors pour La Flèche.

(( Les Hospitalières ne bornaient pas leurs soins à ceux que demandent les maladies du corps ; leur charité s'étendait à celles de l'àme. Chaque jour, avant le souper, elles instruisaient les malades, qui, pour la plupart, étaient des gens grossiers et ignorants. Elles leur apprenaient à soulïrir patiemment pendant la maladie, et à bien se conduire pendant la santé.

« L'homme chrétien était fréquemment rappelé à Dieu par le son des cloches : à minuit, celles des Récolets et des Capucins se faisaient entendre en apelant les religieux au chœur, soit en hiver, soit en été; à quatre heures, celles des Jésuites et des Dames de

(i) Elles habitaient précisément le couvent d'où sont chassées aujourd'hui les Sœurs de VAve.

VAre annonçaient leur lever; puis celles des autres conimunaulés se faisaient successivement entendre aux dilïérenles heures de la journée pour les offices.

« Les fêtes particulières de chaque communauté étaient des occasions propres à entretenir ou à réchauffer les sentimens religieux des citoyens, par les prédications et les cérémonies qui les accompagnaient. Pendant le carême, les Jésuites, les Capucins, les Récolets ocupaient la chaire de Saint-Thomas et prêchaient tous les jours d'ahsolution. De plus, chaque dimanche de l'année, un jésuite prêchait au collège.

« Tant de secours parmi un peuple docile par nature, en avaient fait une société de frères que la charité conduisait, c[ue l'amour du travail animait... »

M. Boucher s'étend ensuite très longuement sur la vie des Fléchois du XVHI" siècle, sur leurs vertus, leur prohité, leur simplicité, leur frugalité, etc. Mais, avant la Révolution, toutes ces belles qualités disparaissaient déjà chez quelques-uns :

« Deux causes réunies, à peu près dans le même temps, opérèrent une révolution malheureuse dans les mœurs : la première fut la destruction des Jésuites, en 17G2; la seconde, l'établissement des carabiniers, en 17(3.3. Les Jésuites formaient à La Flèche une digue à l'esprit de philosophie qui commençait à se répandre dans toute la France; les œuvres de Voltaire s'introduisirent dans toutes les classes; cette digue détruite, l'inondation gagna nos foyers; d'un autre côté, les officiers des carabiniers logèrent dans les chambres garnies chez le petit bourgeois et chez l'artisan; ils devinrent bientôt familiers, et, bientôt, ils furent corup-

teiirs par Targent que leur fortune leur perniellait de prodiguer. Les Fléchois, ce peuple si religieux, oublia son Dieu, sacrifia au vau d'or. »

« Le dévouement éclairé, le zèle ardent du clergé paroissial s'ajoutaient au bon naturel des babitants. »

C'est ainsi qu'au XVIP siècle, se préoccupant toujours de l'instruction de la jeunesse, quoiqu'en disent nos intellectuels modernes, iVP Michel Hamelin, curé de Saint-Thomas, fonda le Petit Collège, avec l'aide de Jean Gallard : « On y devait instruire les enfants jusqu'à ce qu'ils soient capables d'entrer chez les Jésuites, en sixième ».

Jean Gallard (1619-1688), dont ce n'est pas le lieu de raconter l'histoire, voulut étendre son rayon d'action, et il fonda d'autres écoles au Lude, à Chàteau- Gontier, à Beaufort-en-Vallée. En 1671, Antoine Arnauld, de passage à La Flèche, le visita et l'engagea à fonder à Angers une communauté de tous ses disciples. Le docteur janséniste faisant partager son sentiment à son frère lévèque, lui conseilla d'appeler Jean Gallard à Angers. Ce qui se fit : ce fut la perte du maître d'école fléchois.

{( Le gouvernement avait les yeux ouverts sur tout ce qui regardait la question religieuse à Angers, oîi se maintenait si vive la lutte entre les tenants de l'ancienne philosophie et les disciples de Descartes, entre les orthodoxes et les jansénistes... Il exigea de Gallard et de tous ses collaborateurs qu'ils signassent le formulaire de 1661 et de 1665. Seize d'entre eux, dont

Jean Gallard, refusèrent de signer. Un décret royal vint dissoudre la communauté angevine et dispersa les maîtres des autres écoles. — En 1679, Jean Gallard fut relégué à Brive-Ia-Gaillarde » (1).

« La postérité, dit dom Piolin en parlant de ces maîtres, n'aurait pu que bénir leur nom, si l'esprit d'erreur ne s'était introduit chez eux et n'y avait jeté de profondes racines. »

C'était la fin du maître mais non des écoles ellesmêmes ; le Petit Collège subsista à La Flèche jusqu'à la Révolution.

Jean Gallard l'avait donné en toute propriété à la fabrique de Saint-Thomas, à condition que ladite fabrique (2) « ferait servir cette même maison au logement de plusieurs prêtres ou clercs pour y vivre ensemble, sous l'autorité de l'évêque, sous la dépendance du curé de Saint-Thomas et y instruire les enfants jusqu'à la sixième exclusivement ».

Jean Gallard disparu, son école demeura et les curés de Saint-Thomas eurent à cœur d'y continuer l'enseignement commencé.

Pendant la Révolution, la maison resta vide, et, en ISOl, au rétablissement du culte, elle servit de presbytère. Mais M. Delaroche, curé de Saint-Thomas, étant rentré en possession de l'ancien presbytère, rue Henri IV, demanda que la maison de Jean Gallard revînt à la fabrique ; c'est ce qui fut décidé par un décret préfectoral du il juillet 1819.

Le curé de Saint-Thomas obtint qu'il y fût établi

(i) Cf. de Montzey, tome II, page 829. (2) Registre de la fabrique, f. 168.

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une école dirigée par les Frères de la Doctrine Chrétienne. Ceux-ci y enseignèrent jusqu'en 1888 ; à cette époque, la ville de La Flèche, ou plutôt la municipalité fléchoise, qui, dans la circonstance, ne représentait assurément pas la majorité de l'opinion, s'empara de cette école pour y installer une école communale de filles. — Elle y est encore aujourd'hui, rue du Collège. — On ne pouvait mieux appliquer la théorie connue : « La propriété c'est le vol ».

Avant la Révolution, il n'y avait pas d'écoles, diton, à toutes les distributions de prix oflicielles. On a raison , si l'on entend parler d'écoles sans Dieu : assurément non, de celles-là il n'y en avait nulle part. Mais, s'il s'agit d'écoles dirigées par des ecclésiastiques, par des religieuses et religieux, il y en avait partout. Dans l'intéressant ouvrage de M. l'abbé Allain, Vlnstrudion prmaire en France avant la Révolution (i), ouvrage rempli de documents irréfutables, on voit que les évoques et les curés s'occupaient activement de l'instruction de la jeunesse.

A La Flèche, en particulier, les curés de Saint-Thomas, après avoir facilité l'établissement des Filles de Notre-Dame, et, plustard celui des Yisitandines, continuèrent de soutenir ces deux communautés enseignantes; mais comme elles ne suffisaient pas encore et que les garçons étaient moins bien partagés que les filles, en 1689, M. Charles Le Noir, sieur des Ormeaux, alors curé de Saint-Thomas, s'adressa à l'Hôtel de

(i) Abbé Allain : VInstruction primaire en France avant la RévO' littion, Paris, Tardieu, 1881. — A consulter encore l'ouvrage de M. le chanoine Urseau : VInstruction primaire avant l'jSg dans les pa* roisses du diocèse actuel d'Angers, Paris, Picard, 1895.

Ville. La municipalité entendit sa requête et prit des mesures pour faire a donner de l'instruction aux enfants en bas Age qui sont fort mal instruits, principalement des misters de nostre religion, ny ayant aucune escole bien établie pour cela » (Délibération du 14 juillet 1689).

Mais j'en ai dit assez pour prouver tout l'intérêt que le clergé lléchois portait à l'instruction de la jeunesse.

'ai dit que dans cette œuvre le clergé était soutenu par toutes les maisons religieuses. Si toutes ne travaillaient pas à instruire la jeunesse, toutes s'efforçaient de maintenir dans les âmes les bons principes puisés dans les classes chrétiennes.

Si Notre-Dame et la Visitation avaient leurs écoles, les autres communautés fléchoises, M. Boucher nous l'a dit, avaient leurs associations pieuses, confréries ou congrégations, qui unissaient les fidèles entre eux par des liens de charité fraternelle, et entretenaient dans tous les cœurs la paix et la concorde.

Le clergé de Saint-Thomas avait, de tout temps, organisé des confréries, et les couvents ne faisaient que suivre le mouvement donné.

Ainsi, je rappelle, pour mémoire, qu'au XIV<^ siècle, il y avait à Saint-Thomas la confrérie de Saint-Mcolas

qui, florissante d'abord par la piété et le nombre de ses membres, fut bouleversée au XY'' siècle à cause des guerres qui ravageaient le pays (1).

De cette confrérie, il ne resta plus, à Saint-Thomas, jusqu'à la Révolution, que l'autel dédié à saint Nicolas.

A la lin du XVP siècle, il s'en établit une autre qui fut très célèbre : la confrérie de Sainl-Srbastien , fondée en 1581 pour conjurer une peste, et sanctionnée par Paul V en 1615. De cette confrérie, il ne subsiste plus que l'autel dédié aujourd'hui à Saint- Joseph, et un salut en l'honneur du saint martyr, célébré le premier mardi de chaque mois.

Une autre confrérie, non moins célèbre, fut fondée à Saint-Thomas en 1G15 : celle du Saint-Sacrc7nent qui existe encore aujourd'hui.

Enfin M. l'abbé Laude (2) nous signale deux autres confréries « desi\gonisants (l()50 et de Cbarilé (1058) ».

A côté de ces associations paroissiales, les Jésuites avaient fondé les quatre congrégations citées par M. Boucher.

Mais ces confréries des Pères du Collège ne groupaient que les hommes, c'est pourquoi, en 173G, se fonda à Notre-Dame, la confrérie du Sacré-Cœur de Jésus, spécialement ouverte à toutes les femmes de la ville. Nous en dirons quelques mots lorsque nous arriverons au triennaf de la fondatrice, Perrine Denyau.

On voit par cet exposé que la ville de La Flèche n'était pas délaissée au point de vue religieux, et,

(i) Cf. Manuscrit de la Bibliothèque Sainte^Gcneviève. (a) Recherches sur les pèlerinages manceaiix.

dès lors, nous ne sommes point étonnés si les théories révolutionnaires y firent moins de ravages. La foi, bien ancrée dans les cœurs, y maintiendra comme elle seule peut le faire, la pratique de toutes les vertus, et donnera moins de prise aux utopies philosophiques, aussi bien qu'aux théories anarchiques de 89.

En toute justice, nous devons attribuer au couvent de Notre-Dame une partie de ce merveilleux résultat, car ces dignes maltresses formèrent de vraies mères de famille, préparant ainsi des foyers chrétiens, où à l'amour de Dieu on associait tout naturellement l'amour du prochain, lamour de la patrie.

Supérieures de Notre-Dame de 1702 à 1747.

Congrégation du Sacré-Cœur de Jésus. — Congrégation du

Sacré-Cœur de Marie.

Dans cette période de quarante-cinq années, il y eut sept religieuses qui prirent la charge de supérieure, charge accablante, en vérité, tant par le nombre des religieuses et des pensionnaires que par l'obligation où l'on était de maintenir la maison dans son état de prospérité et de succès. Cette obligation fut bien remphe par chaque supérieure, et, pendant tout le XVIIIe siècle, le couvent de l'Ave fit rayonner sa grande renommée sur le Maine et l'Anjou. Novices et élèves continueront de lui venir de tous côtés, tant il est vrai que les religieuses, par leur sainteté, comme les maîtresses par leur science, leur sage méthode d'éducation et d'enseignement, attiraient de

réelles sympathies et inspiraient toute confiance aux familles.

Marie-Elisabeth Gallois fut élue supérieure vers la fin d'août 1702, Marguerite Ribourg, en 1705, Françoise Ribot, en 1708, Marie-Marthe Denyau, en 1716, Françoise Corvasier de Vaurobert, en 1722, Perrine Denyau, en 1731, et Anne Nail de la Saintonnière, en

Sous ces différentes supérieures, la vie s'écoula au couvent aussi douce et aussi paisible que par le passé. C'est ce qui nous explique le silence des Annales sur toute cette période. Les religieuses faisaient le bien en silence et ne nous ont laissé aucun document relatant un fait important à signaler. Seul, nous reste le registre des deux confréries établies à peu près en même temps à Notre-Dame.

La Confrérie du Sacré-Cœur de Marie fut approuvée la première, par un Bref du pape Clément XIl, en date du 23 novembre 1733, mais elle ne fut autorisée par M^'Jean de Vaugirault, évêque d'Angers, que le 6 août 1742.

Au contraire, la Confrérie du Sacré-Cœur de Jésus, approuvée par Clément XII, dans un Bref du 3 janvier 1736, fut immédiatement autorisée par le même évêque, le 13 mars 1736.

C'est donc cette dernière confrérie qui, officiellement, fonctionna la première.

Elle avait pour but de grouper tous les fidèles désireux de prier pour les âmes du Purgatoire; elle avait son autel privilégié « dans la chapelle de Saint-Joseph,

située dans l'enclos dudit monastère » ; sa lête principale était (( le lendemain de la fête du Sacre, et l'évêque d'Angers accordait <( sept années et sept quarantaines, les premiers vendredis de chacun des quatre mois qui suivent immédiatement la teste principalle ». Enfin, à tous les vendredis de l'année étaient attachées quelques indulgences.

Tous les noms des confrères nous ont été conservés, avec, pour beaucoup, l'indication de l'heure qu'ils choisissaient ou qu'on leur avait désignée pour rester en adoration devant le Saint-Sacrement.

Enfin, cette confrérie nous est précieuse pour connaître non seulement les noms des religieuses de ÏAve en 1736, mais encore ceux des Jésuites présents au collège en cette même année. Quant aux noms des autres confrères, très intéressants pour l'histoire fléchoise, nous les reportons aux pièces justificatives. Nous nous contenterons de donner la liste de ceux qui furent reçus le jour de la fondation de la confrérie.

Voici ce que nous lisons en tète du registre de la Confrérie du Sacré-Cœur de Jésus :

« Ce 6 avril 1736 premier vandredy du mois le Révérend Père Percheron, de la Compagnie de Jésus a le premier annoncé et ouvert la confrérie du Sacré- Cœur de Jésus et ensuite la communauté y est entrée ». Suit la liste des premiers confrères :

« Les Révérends Pères Jésuites : Antoine-Nicolas Percheron, François Souciet, François Brillon, Pierre Thibault, Jean-Baptiste du Désert, François Champis, Louis ie Vaché, Charles Gérard; le P. Urbain Blondo, carme; le P. Jean de la Me, récollet; MM. Pierre-

Joseph Blondo, Pierre-Sébastien Henriquet, S. Pèlerin, prêtres. »

Après cette inscription, vient celle des Filles de Notre-Dame :

« La Mère Marie-Perrine-Marguerite Denyau, supérieure de cette maison ; les Mères Marguerite Richer, Renée Deshays, Marie-Anne de la Rue, Anne-Marie Fontaine, Urbainne Morin, Madelaine Fontaine, Thérèse Papin, Marie Chastelain, Angélique Le Roy, Urbaine Brard, Thérèse Androûin, Catherine-Perrine Gallois, Marguerite Froger, Madeleine Corvazier, Marie-Anne Toutain, Anne Nail de la Saintonière, Madeleine Du Menil, Françoise Corvazier, Lucie Gilles de la Bérardière, Catherine Du Menil, Catherine Le Noir, JacquineLanglois, Françoise ^Msson, Anne 7//c/ier, Agathe Dorvaulx, Elisabeth Moriceau, Michelle Salmon; les sœurs Jeanne Richard, novice, Magdeleine du Loir, Marie-Anne Drouet, Madeleine Drouet, Madeleine Blondo, Françoise Blondo, Madeleine de Mailly, Anne Pioger de Lisle, Jeanne Gaillard, Jacquine-Marie Jaquexon, Michelle-Marie Le Go, Françoise Lépine, novice, Marie Lioussier.

« Ce 9 avril, les séculiers ont commencé de s'associer avec nous.

(( Anne-Françoise de Sourdille, Catherine-Henriette de Marsilac, Charlotte-Françoise Denyau, Marie-Françoise Parage, Marie-Françoise Le Mercier, Marguerite Le Mercier, Anne Pilastre, Marie-Perrine Bourné, Françoise Olive Pioger, Su senne Vaidie, Louize Critoux, Marie Pômier, Madeleine Dolbeau, Renée-Catherine de la Rue Denyau, Anne Sache, Françoise Nail, Françoise Laumanî, Angélique Denyau, Perrine

Le Teule, Françoise Oger, Marie Martin, Renée-Françoise Benyau, Françoise Deshaijs Bertero, Renée Androûin Danton, Thérèse Lefevre de Langelerie, Françoise Gilles de Montplacé, Jeanne Gaillard, Paul Bancourd, Anne-Marie Le Bret, Marie Guy, Louis Riclier Boisclos, Marie Gallois PrudJuhne, Marie Brebion, Anne Chanteloii, Françoise BirJier de La lUnoûasière, Marguerite Le Meusnier, Marllie-Cliarlotle Bordieu, Anne Baillif. »

La Confrérie du Saeri'-Cd'ur de Jésus cessa de fonctionner à la Révolution, mais reprit vie avec le nouveau couvent ; ce fut, cependant, la Révérende Mère Devaux, supérieure actuelle, qui, il y a quelques années, la ressuscita entièrement avec l'aide de M. l'abbé Lapérelle, alors aumônier, et aujourd'hui supérieur de la communauté. La confrérie fut alïiliée à la confrérie de Montmartre et enrichie de nouvelles in-

dulgences.

La Confrérie du Sacré-Cœur de Jésus comprenait des fidèles des deux sexes, tandis que la Confrérie du Sacré-Cœur de Marie s'adressait aux femmes seulement, sans, cependant, « être afïectée aux filles et aux femmes d'une profession, ou d'un état particulier, et ses associées ont coutume ou intention de faire plusieurs œuvres de piété et de charité » (1).

De riches indulgences étaient attachées à cette confrérie, sous certaines conditions qu'il est curieux de signaler au lecteur, pour bien montrer à quel but de moralisation tendaient toujours les communautés religieuses et en particulier celle de l'Ave (2).

L'évèque d'Angers ne confirma qu'en 1742 le Bref papal datant de 1733, et la raison de ce retard nous est expliquée tout au long en tète du registre de la confrérie. Celle-ci, en effet, devait tout d'abord, dans la pensée des religieuses, être ouverte aux fidèles des deux sexes; mais celui qui fut chargé d'obtenir le Bref à Rome « fit mettre dans le Bref, sans y penser, une clause qui ne donnoit entrée en cette confrérie qu'aux filles et aux femmes ». Les religieuses réclamèrent, mais en vain, auprès du jésuite qui avait servi d'intermédiaire, et au bout de neuf ans, voyant

(i) Bret du Pape.

(2) « Toutes les fois que les susdites associées... logeront les pauvres ; ou qu'elles mettront ou procureront la paix entre les personnes ennemies ; ou qu'elles accompagneront à la sépulture les corps des associées ou d'autres défunts; ou qu'elles assisteront à quelques processions que ce soit... ; ou qu'elles accompagneront le très Saint-Sacrement, soit dans les processions, soit lorsqu'on le porte aux malades... ; lorsqu'elles feront rentrer dans le chemin du salut quelqu'un qui s'en seroit retiré ; ou lorsqu'elles enseigneront aux ignorans les commandemens de Dieu et les choses du salut... etc., nous leur remettons soixante jours des pénitences à elles enjointes... »

qu'elles n'en obtiendraient rien, elles acceptèrent de fonder la confrérie telle que le Bref l'indiquait. Les religieuses et le personnel seulement du couvent en tirent partie.

On dut plus tard obtenir le changement de cette règle, car les Visitandines de La Flèche entrèrent dans la confrérie, et aussi les séculiers.

On trouvera tous ces noms aux Pièces justificatives.

La Confrérie du Sacré-Cœur de Marie, dont le fonctionnement fut arrêté pendant vingt-sept ans, reprit avec la restauration de Notre-Dame en 1817.

Professions de 1702 à 1747

Marie-Elisabeth GALLOIS, supérieure.

1702, 11 septembre, Marie-Elisabeth Toutain des Touches, seize ans, reçue par François Toutain de la Marignerie, prêtre. Assistent : M. Jamin, curé de Parigné (1), MM. de la Beichelorière, Beaulieu, Jamin, Barbot, oncles.

Marie-Elisabeth mourut le 2 septembre 1733.

1702 (sans date), Madeleine du Loir, vingt-huit ans, reçue par P. Pescherard, prêtre.

Marguerite BIBOURG, supérieure.

1707, 8 juin, Catherine-Perrine Gallois de la Raci-

(0 Michel Jamin, çuré de Parigné-le-Pôlin, doyen d'Oizé en 1690.

nais (1), seize ans, reçue par Ch. Gallois, prêtre. Assistent : MM. Etienne Gallois, sieur de la Racinais, père; Pierre Pescherard et Joseph de la Bolinière, prêtres (2).

1707, 9 juin, Lucie-Marie Gilles de la Bérardière, reçue par Claude Eveillard, prêtre, chanoine de Saint- Pierre d'Angers, prieur du May. Assistent : haute et puissante dame Maillard de la Bérardière, sa mère, MM. Maillard, oncle, de la Bérardière, frère, Joseph des Thuilleries, prêtre (3).

1708, 17 décembre, Françoise-Catherine du Mesnil, dix-huit ans (4), reçue par Pierre Gaignard, curé de La Flèche. Assistent : Philippe Le Mercier, S. J.; MM. Pescherard, Raffles de Cossé, prêtres.

Françoise RIBOT, supérieure.

1710, ["^ juin, Marie-Anne Fontaine de la Chérirais, dix-huit ans, reçue par J.-F. Martineau, grand archidiacre et grand vicaire d'Angers. Assistent : M. de la Chevirais, conseiller du roi et son procureur en l'élection de La Flèche, son père ; M"»® Bidault, sa

(i) La Racinais, ancien fief de Bazouges, aujourd'hui métairie de la Racinaie, à droite, sur la route de La Flèche à Bazouges, après l'Arche.

(2) Gallois, famille fléchoise : d'azur à deux roses d'or en chef et un trèfle de même en pointe. Voyez la note de M. L. Calendini, consacrée à cette famille, dans V Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, tome LI, col. 24 (10 janvier igob).

(3) Les Gilles de la Bérardière, seigneurs de la Barbée, en Bazouges-sur-le-Loir. Cf. Cauvin, Essai sur l'armoriai, p. i65. Monographie de Bazouges-sur-Loir, par M. le baron de la Bouillerie.

(4) Cette religieuse est vraisemblablement Marie du Mesnil, fille de Louis du Mesnil, écuycr, sieur de la Beausseraye, et de Françoise Le Cousturier, nièce des précédentes, et baptisée au Lude le i3 novembre 1692. Parrain : N. -H. -Charles du Mesnil, sieur dç la Beausçeraye ; marraine : dçmoiselle Marie Le Merciçr.

mère, MM. Gaignard, curé de La Flèche, de Cossé et Galloys, prêtres (1).

1713, 20 octobre, Annc-yail de la Saintonnière, dixneuf ans, reçue par François Nail, prêtre. Assistent : Marthe Godard, tante; UM. de la Saintonnière, oncle, P. Pescherard « notre digne confesseur », Henry de Cossé, prêtres.

1714, 11 février, Françoise Richer de Boisclos, dixsept ans, reçue par P. Pescherard, confesseur. Assiste : M"^ Richer de Boisclos, tante. Un jour que Ton ouvrait la porte de clôture pour quelques ouvriers , Françoise s'était glissée dans le couvent sans être aperçue : elle y resta.

1715, 2 juin, Marie Toutain des Touches, dix-neuf ans. Assistent : MM. Androuin, F. Morin, prêtres.

1715, 6 juin, Françoise Busson, dix-huit ans, reçue par le R. P. Bernard, prieur carme de Pont-Labbé. Assistent : R. P. frère Antoine, prieur des Carmes de La Flèche, R. P. frère Bénin Gaudion, carme.

1715, 6 juin, Madeleine Fontaine, seize ans, reçue par M. Marchand, curé de Genneteil

1710, 6 janvier, Thérèse Papin, vingt ans, reçue par M« Jacques Moriceau. Assistent : les familles Papin et Moriceau (3).

(i) Guillaume Fontaine de la Chevira^c, de la famille Fontaine très anciennement connue à La Flèche, dont les branches sont de Bire, de la Crochinière, de Mcrvé, de la Cheviraye : d'apir à un chevron d'or accompagné en chef de deux trèjles et en pointe dUnie gerbe de même.

(2,1 François Richer de Boisclos était avocat à La Flèche au début du XVIII*' siècle et apparenté aux familles Richer des Pins, de Monthéard, etc., de Mauldc, suite à l'armoriai, page 3i3. Abbés Esnault et Chambois, Inventaire dc:s minutes anciennes des notaires du Mans, T. VI, pages i3 et seq.

'3) Ces deux familles sont du Lude. Les Moriceau ont donné de nombreux prêtres au diocèse d'Angers et ont fondé une chapelle en

1716, 15 mars, Marie Châtelain, clix-neiif ans, reçue par M. Le Royer, prêtre.

Marthe DENYAU, supérieure.

1716, 25 mars, Catherine Le Noir de la Cochetière, dix-huit ans, reçue par le R. P. Albert de Saint- Charles, dit Claude Le Noir, carme et oncle. Assistent : J.-H. Le Mercier, de Serrigné, jésuites; M"™® de Roisclos, tante, M™® des Ormeaux, cousine, M. Perrault, président (1).

1716, 17 décembre, Michelle Salmon, seize ans, reçue par P. Pescherard, prieur de Saint-André, en la place du curé Gaignard, qui est malade, commis par M" Martineau, abbé de Saint-Maur, a supérieur de cette maison ».

1717, 7 février, Françoise Bouvet, dix-sept ans, reçue par M. Pescherard. Assistent : M'^ Cl. Gautier, S. J. ; messire Louis-Eléonor-Alphonse Dorvaux (2), chevalier, seigneur du Maurier, les Trocherys et autres lieux, et Françoise Brochard, son épouse, cousins; M^ René Pillier, sieur d'Origny, avocat en Parlement, oncle; M^ Claude Chappelain, conseiller du Roi au présidial du Mans, et Léonore Brochard, son épouse, cousins.

l'église Saint-Vincent du Lude, qui porta leur nom jusqu'à la Révolution.

(i) Très anciennement connue au pays lléchois, la famille Le Noir existe encore en Anjou et est représentée par M. Le Noir de la Cochetière.

(2) Louis-Léonor-Alphonse Dorvaux, chevalier, baptisé le 14 octobre 1671, seigneur du Maurier, en La Fontaine Saint-Martin. Sa généalogie a été donnée par M. de Linière, dans la Province du Maine,

1717, 23 mai, Elisabeth- lie néa Moriceau, vingt-cinq ans, reçue par son frère, Joseph Moriceau, curé de Saint-Mars-de-Cré (près Le Lude), assistée de sa famille (l).

1717, 8 août, Anne nicher, di\-se]^l ans. reçue par M. de la Fontaine-Auvé, prêtre. Assistent : MM. de la Tremblais, prêtre habitué à Saint-Thomas, et Pescherard, prêtre.

1718, 2 juillet, Marie Morin, vingt-six ans, reçue par François Morin, curé de Créans, assisté de MM. Pescherard, Toutain, prêtres; Androuin, diacre habitué de Saint-Thomas (2).

1721, 29 juin, Marie Hardy, dix-huit ans, reçue par le R. P. Catien de Saint-Claude, prieur des Carmes de La Flèche.

1721, 7 septembre, Marie-Angélique Le Roy, seize ans, reçue par Claude Bineteau, prêtre habitué de Saint-Thomas.

1721, 5 octobre, Marie Langlois, dix-sept ans, reçue par M*" Jacques Cuibert, curé de Sillé-du-Maine.

Françoise CORVASIER de VAIROBERT, supérieure. 1723, 22 juillet, Françoise d'Orvaiir, dix-neuf ans,

XII-337. Françoise Brochard, son épouse, était tîllc de Jean Brochard, gouverneur des Pages de M™^ de Montpensier, et de Lancelote Pillier. Un de leurs enfants naquit à La Flèche, où ils résidaient parfois. {L. C.)

(i) Joseph Moriceau succéda, en mai 1712, à J. Galloys, curé de Saint-Mars. Il mourut à soixante-trois ans, le 25 avril 1730, et fut inhumé, le lendemain, en l'église paroissiale de Saint-Mars-de-Cré.

(3) Voir au 8 août 1703.

reçue par Pierre Gaignard, curé de La Flèche. Assiste : M. d'Orvaulx du Maurier (1).

1724, Ui'baine Brard, dix-neuf ans, reçue par M® Chastelain « notre confesseur )). Assiste : Jeanne Grignard, épouse de Joachim Brard, sa mère.

1725, 15 avril, Jeanne Gaillard, vingt-sept ans, reçue par M« P. Goyet, confesseur.

1725, 20 novembre, Marie Léger, vingt-sept ans, reçue par M® Goyet, confesseur.

1726, 16 décembre, Marie-Madeleine Drouet et Marie Drouet, reçues par Louis Grandhomme, curé de Coulongé, assisté de MM. Michel de la Rue, curé de Ghàteau-du-Loir, P. Goyet, prêtre. Présente : Angélique de la Rue, veuve Pierre Drouet, sieur d'Aubigny, sa mère (2).

1727, 11 août, Catherine des Bois, vingt ans, reçue par M® P. Gaignard, curé de La Flèche.

1729, 22 février, Marie Roussicr, vingt-quatre ans, reçue par François Morin, curé de Créans. Assistent : Renée Roussier, femme de Jean Gautier La Marcellerie ; J. Cornière, desservant de Gouis.

1729, 4 octobre, Madeleine de Mailly de Blaisy, dix-

(i) Celte religieuse n'est pas mentionne'e dans la généalogie des seigneurs du Maurier. Née vers 1704, elle devait être fille de Louis- Léonor-Alphonse, déjà mentionné.

D'Orvaux, famille angevine, portait : de sable à la bande d'argent, accostée de deux cotices d'or. — Province du Maine.

(2) Drouet d'Aubigny, famille du Maine, qui blasonne : de... au lion d'or accompagné de, trois soucis de même. De Maulde, suite à l'Armoriai, page 123. — Cf. Abbés Chambois et Esnault, Inventaire des minutes anciennes, VI-246. — Louis Grandhomme, d'une famille ludoise, maître ès-arts de la faculté d'Angers, avait pris possession de la cure de Coulongé le 2g septembre 1721. F. Legeay, Recherches siir Çoulongé, page 17.

huit ans, reçue par P. Goyet, confesseur. Assistent : Georges de Crochard, F. de Perrières, de Broc — de Maiily, de iMailly — de Blech (1).

Madeleine était de Baugé, où, jeune encore, elle perdit sa mère; M. de Maiily restait veuf avec trois filles, (ju'il mit à Notre-Dame; elles s'y firent religieuses.

1729, 1" novembre, Marie de la Blottière, dix-neuf ans.

1731, 0 février, Mark- Madeleine Blondeau de la Vallée, dix-neuf ans, reçue par son oncle, M'' René Auvé, prêtre, curé de Parce. Assistent : M. Blondeau de la Vallée, conseiller du roi à la sénéchaussée et siège présidial de La Flèche, son père, et Françoise Auvé, sa mère. Marie Sorin, veuve de Pierre Auvé sieur de la Fontaine, avocat au parlement, sa tante, M*" Auvé, sieur de Poligny, conseiller du roi, avocat en la sénéchaussée et présidial de La Flèche et maire de cette ville, et Madeleine Révérend, son épouse, Joseph Auvé, tonsuré, prieur de la Loge-Fougereuse> oncles, Pierre Blondeau, sous-diacre, frère, Jacques Blondeau, sieur de la Martinière, avocat au siège de La Flèche, oncle.

Ce même jour, Françoise- Scholastiquc Blondeau, dix-sept ans, sœur de la précédente.

(i) Ce Georges de Crochard devait être apparenté à Messire Georges- François-Julien de Crochard de Bourgneuf qui mourut au Lude ]e 20 juin 1788 : d'argent à trois trèfles de sable deux et un, Cauvin, op. -cit. page 76. — Cette- famille de Maiily de Blaizy n'est point mentionnée dans l'ouvrage de M. Ledru : La Maison de Maiily. — Je ne serais pas éloigne de croire que cette religieuse fut la hlle de Gilles de Maiily, sieur du TilJois, Saint-Hilaire, et de la Cour de Broc et de Marie-Anne de Broc, et la sœur de Marie Anne-Andrée, baptisée à Dissé-sous-Le Lude, le 25 août 17 16. (Note de M. l'abbé Louis Calçndini.)

1731, 25 février, Marie-Anne Jacqueron (ou Jacquexon), vingt-un ans, reçue par Gabriel Androuin, prêtre, demeurant à Durtal, commis par M. Dufresne, supérieur de la Communauté. Assistent : MM. Goyet, prêtre; frère Pontien Chailleux, prêtre; frère Fortuné Thibault, prédicateur.

Perrine DENYAU, supérieure.

1731, 4 juillet, Michelle Légo, vingt-sept ans, reçue par P. Goyet, confesseur. Assiste : J. Le Go, prêtre.

1733, 9 décembre, Anne Piogé dePantigné, dix-sept ans. Assistent : M. R. Souillet, prêtre; Françoise Davy, mère; Piogé de Pantigné (i).

Anxe NAIL de la SALMOXMÈHE, supérieure.

1738, 28 décembre, Françoise Aiimont, vingt ans, reçue par Jacques Pèlerin, prêtre confesseur (2).

1741, 1" août, Marie Le Xoir de la Cochetière, reçue par P. Goyet, curé de Crosmières. Assistent : MM. Le Noir de la Touche, Henriquet, prêtres. Allante, S. J., M. Le Xoir de la Cochetière, bourgeois, son père, et Anne Richer, sa mère (3).

1744, 16 juin, Modeste de Collasseau de la Mâche fol- Hère, seize ans, reçue par M-^ Louis de Vives, curé de

(ij Anne Piogé était fille de Pierre Piogé, sieur de Belair, dresseur des chiens couchants du Roi, qui avait épousé, à Auvers-le-Hamon, le 28 janvier 171 1, Françoise Davy, et sœur de Françoise Piogé de Pantigné, qui, le ler février 1735, épousa Joseph-Jean-Laurent Deshayes, sieur de Lesnaudière, avocat.

(2) Les Aumont étaient seigneurs du château de Bazouges au XVIIle siècle. L'un d'eux, François-Julien, était enterré à Saint-Sulpice, à Paris, le 17 juin 1764.

(3} Le Noir de la Cochetière : cf. de Montzey, II, p, 2%^.

Mareil. Assistent : M. Collasseau de la Machefollière, son père, et Martlie de Montplacé, sa mère (1).

1744, 27 juillet, Catherine Lépine, vingt-six ans, reçue par M^ Sébastien Henriquet, confesseur. Assistent : MM. Blondeau, Henriquet, prêtres.

§ IV

Religieuses décédées de 170S à 1742.

Lettres de Mère Dorvaulx.

1721, 17 février, Urbanne Derré, à cinquante-neuf ans.

1729, 22 décembre, Marie Morin du Gennelay (2), à trente-sept ans.

1730, 13 février, Marie du Mesnil delaBeausseraye, à quatre-vingt-quatre ans.

1731, 1 1 octobre, Marie de la Blottière,\\ngi-ei-uji ans.

1733, 30 décembre, Françoise Richer de Boisclos, trente-six ans. Elle fut assistée par le R. P. Frevier, de la Compagnie de Jésus, son directeur.

1733, 25 mars, Marie-Marthe Maudet, soixante-cinq ans.

(i) Le frère de cette religieuse, messire Prosper-François-Marie- Henri-Augustin de Collasseau de la Machefollière, chevalier, capitaine au corps royal d'artillerie, épousa à Bazouges, le 5 février 1771, Marie-Françoise Gilles de la Berardière. Cette lamille blasonnait : d'argent à la rose de gueules boutonnée d'or, feuillée et tigée de sinople, accompagnée de trois molettes de sable, deux en chef, une en pointe. Cauvin, op. cit. p. 67. Une autre famille de ce nom portait au XVIIe siècle : de gueules au lion d'or accolé de sable. (De Maulde, op. cit. p. 21 5.)

(2) Gennetay, ferme voisine de la Cour des Pins, sur la route de Malabry, à deux kilomètres de La Flèche.

4733, 2 septembre, Marie-Elisabeth Toutain des Touches, quarante-six ans. « Je suis fort afîligée de me voir obligée de vous demander si souvent les suffrages de notre Ordre ; je vous supplie ma Révérende Mère de les accorder à notre très chère Mère Marie Toutain qui est décédée le deuxième du courant âgée de quarante-six ans ; elle étoit d'une fort honorable famille où il y a grand nombre de très vertueux ecclésiastiques et plusieurs religieuses, elle a eu quatre tantes et bien des cousines en notre communauté; elles l'attirèrent, voyant qu'elle avoit perdu sa mère fort jeune... Elle a été assistée par son directeur le R. P. Gouyon » (1).

1733, 30 octobre, Marthe Auré de la Noiraye, soixante-cinq ans. « Elle tomba malade au mois de juin; on crut d'abord que ce n'étoit que des fièvres ordinaires qui étoient fort communes dans le pays... Il nous reste encore sa chère sœur et quelques-unes de ses parentes... » (2).

Sa sœur Jacquine la suivit de très près dans la tombe. Sentant sa fin venir, elle écrivit elle-même, « le dimanche de la Passion, onzième d'avril 1734, âgée de soixante-quatre ans », une lettre pour réclamer les suffrages de l'Ordre.

1735, 20 janvier, Jacquine Auvé de la Noiraye, soixante-cinq ans.

1736, « Dame Marie Langlois, religieuse professe, inhumée le 24 avril, par W Bineteau, vicaire » (3).

(1) Lettre de Perrine Denyau, supérieure, du 9 septembre lySS.

(2) Lettre de Perrine Denyau, supérieure du 4 novembre ijSS.

(3) Archives de la Sarthe, H, 1781. Quelle est cette Marie Langlois? N'y a-t-il point erreur de date: Mère Marie Langlois ne mourut qu'en 1740- Cf. infra.

1736, « 3 may, Urbainne Moineau, religieuse professe, décédée le 2 mai, à soixante-sept ans. Androuïn, prêtre, prieur, a fait la sépulture » (1).

1738, 19 mai, « Mère Madeleine Corvasier. religieuse de chœur, soixante-quinze ans. La sépulture fut faite par M. Pèlerin, très digne prêtre et confesseur de cette maison » (2).

1738, 5 octobre, Amie Fontaine de la Cheviraye, quarante-six ans. Elle se confessait au P. Joly, S. J. (( Elle étoit de cette ville, d'une famille des plus distinguées, tant par la vertu de messieurs ses ancêtres que par les premières charges qu'ils ont exercées et que MM. ses frères exercent encore aujourd'hui dans le barreau avec toute la justice et l'équité possibles » (3).

1739, 17 mai, Marguerite liicher, quatre-vingt-un ans.

1739, 30 novembre, Marguerite Froger, quatrevingt-onze ans. a Elle s'est occupée pendant quarante années à blanchir les linges de l'église pour les religieux de Saint-François... Les séculiers sentoient les effets de sa libéralité. Sa charité toujours ingénieuse suppléoit à tout ; elle a donné à plusieurs jeunes gens de quoi apprendre à gagner leur vie, après leur avoir appris à servir Dieu. Son attrait particulier étoit pour l'instruction de la jeunssse, sçachant de quelle importance étoit cet employ, et quelle était la tin principale

(i) Archives de la Sarthe, H, 1781.

(2) Archives de la Sarthe, H, 1781 Lettre de Anne Nail de la Saintonnière, supérieure, du 24 mai 1738.

(3) Lettre de Anne Nail de la Saintonnière, supérieure, du 10 octobre 1738.

de notre institut... Elle laisse une nièce à Notre- Dame (1).

1740, 12 juillet, Françoise Corvasier de Vcmrobert, soixante -quinze ans.

« Celte Mère étoit du Lude. Le Seigneur nous Tavoit donnée, dans sa miséricorde, pour en faire un des plus fermes appuis de cette maison, et il l'avoit ornée de tous les talens nécessaires pour le gouvernement. Elle les a fait valoir avec une fidélité inviolable pendant plus de trente années qu'elle a été supérieure, seconde ou maîtresse des novices. Elle fut assistée du P. Besnard, S. J. » (2).

1740, 18 novembre, Magdelaine du Mesnil de la Beansseraye, quatre-vingt-huit ans. Elle laisse une nièce à Notre-Dame (3).

1740, 18 décembre, Renée ikshayes, cinquantequatre ans. Elle eut comme directeur le P. Baudon, S. J. (4).

1741, 22 avril, Marie Langlois, trente-sept ans; son confesseur était le P. Mauduit S. J. ; il l'assista ainsi que M. Ghastelain, confesseur de Notre-Dame (5).

1741, 2 mai, Irbane Morin, soixante-trois ans.

1742, 10 mars, Magdelaine Androuin de la Coudrais,

(i) Lettre de Anne Nail de la Saintonnière, supérieure/du 4 novembre 1739. Il y a erreur d'impression : c'est 4 décembre qu'il faut lire.

{2) Lettre de Anne Nail de la Saintonnière, supérieur-^, du i3 juillet 1740.

(3) Lettre de Anne Nail de la Saintonnière, supérieure, du 23 novembre 1740.

(4) Lettre de Anne Nail de la Saintonnière, supérieure, du 21 décembre 1740.

(3) Lettre de Anne Nail de la Saintonnière, supérieure, du 27 avril

soixante-douze ans, « inhumée par M*^ Delanneau , prêtre habitué de Saint-Tliomas » (1). Elle fut assistée par le P. Mauduit et par xM. Henriquet, confesseur de Notre-Dame (2).

1743, 21 janvier, Marie-Anne de la Rue du Can, cinquante-huit ans.

C'est cette religieuse qui aida la supérieure Perrine Denyau pour obtenir l'érection de la confrérie du Sacré-Cœur de Jésus. Elle se servit, pour cela, « de la protection de sa famille, qui était puissante et considérée. » Elle eût été élue supérieure si Dieu ne l'eût frappée d'une surdité subite (3). Elle fut inhumée par M. de la Barre, curé de Saint-Thomas (4).

174G, 12 février, Renée -Elisabeth Mauriceau, cinquante-neuf ans. « On ne mérite pas d'être dans la maison du Seigneur, disait-elle souvent, lorsqu'on veut s'y épargner. » Son confesseur était le P. de la Croix, S. J. (5).

1747, 19 mars, Anne Richer, quarante-sept ans, assistée du P. Kergouin, S. J., son confesseur.

(i) Archives de la Sarthe , H. 1781. Le registre donne soixantequatorze ans comme âge de la défunte, alors que la lettre nécrologique porte soixante-douze ans.

(2) Lettre de Anne Nail de la Saintonnière, supérieure, du 17 mars

(3) Lettre de Anne Nail de la Saintonnière, supérieure, du 26 janvier 1743. A la fin de sa lettre, la supérieure recommande les prochaines élections.

(4) Archives de la Sarthe, H, 1781.

(5) Lettre de Anne Nail de la Saintonnière, supérieure, du 1 5 février 1746. A la tin de sa lettre, elle recommande les élections.

Avec Anne Richer, la R. Mère de la Saintonnière perdait la treizième religieuse depuis qu'elle était supérieure.

Elle écrivait cette lettre nécrologique le 24 mars, et le 25 elle devait quitter joyeusement sa charge ; mais au lieu du repos, terrestre elle trouva le repos éternel, car elle mourut le 27 ujars. Les élections eurent lieu après sa sépulture et les suffrages se portèrent sur la Mère Catherine Gallois de la Racinais.

Anne de la Saintonnière iui ve'^reliée, non seulement de sa communauté, mais de tous ceux du dehors ({ui la connaissaient, car la connaître c'était l'estimer et l'aimer.

« Le prélat éclairé qui gouverne ce diocèse (M^ de Vaugirault), à peine aprend sa mort, que l'estime qu'il iait du vrai mérite l'engage à nous consoler par une lettre pleine de bonté, où il nous témoigne la part qu'il prend à notre juste douleur... le zélé pasteur de notre ville (M. de la Barre), accompagné de tous les membres du clergé, vint non seulement honorer les obsèques de sa présence mais môme chanter l'office entier et le service, auxquels les larmes et les soupirs ne nous permirent pas, selon nos usages, de prêter nos voix... Les vierges sacrées de toutes les autres communautés prient avec nous... » (1).

Quelques jours après cette éminente supérieure, mourait, enlevée dans la force de Vàge, à cinquantetrois ans, une autre religieuse, « doyenne de la maison », qui, pendant longtemps, l'avait gouvernée d'une façon admirable.

(i) Lettre de Catherine Gallois, supérieure, du 5 avril 1747.

Dans une lettre du la avril 1747, Mère de la Racinais, annonce ainsi la mort, à l'âge de soixante-dix ans, de Mère Pcnine Denijcaii de Boisbaré, survenue le 7 avril : a La précieuse victime, dont je vous annonçai le sacrifice il y a huit jours, n'a pu calmer le courroux du Seigneur, et lorsque nous croyions avoir bu jusqu'à la lie la coupe de la justice, nous ne pensions pas qu'il resloit encore dans les trésors de sa colère de nouveaux traits de sa vengeance » (1).

Pendant que Mère Anne Xail était supérieure, elle eut, en 1742, comme professes, Marie Toutain et Agathe d'Orvaulx. Cette dernière s'occupait beaucoup du temporel de la comnninaulé, et, à cause de cela, correspondait souvent avec M. Le Biaye, procureur à Parce. Dans une lettre du IG août 1742, elle lui parle de sa fille Félicité Le Blaye, pensionnaire à l'Ave :

{( Votre chère enfant se porte à merveille. Elle fit sa première communion à l'édification de toute la communauté; elle vous présente son profond respect aussy bien qu'à sa. chère mère et vous est bien obligée de la pièce de 24 sols que vous avez eu la bonté de lui envoler. La première fois qu'elle verra le cher frère elle lu y remettra selle que vous lu y avez destiné. Ne maiez aucune obligation, Monsieur, des bontés que je puis avoir pour votre chère enfant, elle les mérite si parfaitement que l'on ne pourroit les lui

(i) Lettre de Catherine Gallois, supérieure, du i5 avril 1747.

refuser sans se fere de violence, car l'on peut dire qu'elle est tout cniable... » (1).

Dans une autre lettre du li juillet 1743, Mère d'Orvaulx dit encore au même :

(( Votre chère enfant se porte à merveille; sy la personne qui doit vous remettre celuy n'étoit point sy pressé de repartir elle auroit eu l'honneur de vous écrire, ce qu'elle fera au premier jour... » (2).

(i) L'original (papier) est conservé aux Archives de la Sarihe, H 1777. On lit en haut de la lettre : « Lettre qui marque que ma petite fille Félicité Le Blaye a fait sa première communion à Notre-Dame de La Flèche, le i5 août 1742. »

(3) Archives de la Sarthe, H, 1777, original papier.

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